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Trump, ou le syndrome de la balle dans le pied

Les États-Unis qui jettent le « multilatéralisme » aux orties, le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien, la guerre commerciale qui pointe à l’horizon, le G7 qui tourne à la foire d’empoigne, l’Union européenne réduite à l’impuissance : ce qui pourrait passer superficiellement pour une série de mini-crises est révélateur de tendances profondes. C’est comme un foisonnement de signes cliniques. Il y a ce que l’on voit – de simples péripéties, dirait-on –, et puis, sous cette apparence, comme un délitement souterrain des structures.

 

Pour brosser le portrait d’un monde occidental à la dérive, il faut naturellement partir d’une analyse de ce qui se joue aux USA. D’abord parce que le poisson pourrit toujours par la tête, et ensuite parce que Trump contribue à ce pourrissement en s’ingéniant précisément à le conjurer. Le système politique américain étant ce qu’il est, la nouvelle administration, en effet, a les mêmes objectifs que les précédentes. Héritière d’un empire surdimensionné, elle s’efforce d’en maintenir l’hégémonie en pratiquant le déni de réalité.

Son premier cheval de bataille, celui sur lequel Trump joue sa crédibilité, c’est la lutte contre le déclin industriel. Il doit son succès électoral du 8 novembre 2016 au ralliement des cols bleus ruinés par le libre-échange. La guerre commerciale entamée avec la Chine, l’UE et le Canada n’est pas une lubie : elle accomplit une promesse de campagne. Les USA sont le premier importateur mondial, et leur déficit avec la Chine dépassait en 2017 les 345 milliards de dollars. Il faut donc enrayer l’effondrement progressif des capacités productives américaines.

Mais pour y parvenir, l’administration Trump est confrontée à un choix de méthode. Les USA ont connu une prospérité sans précédent en misant sur une mondialisation dont ils tiraient profit. Ce règne des multinationales est loin d’être achevé, mais elles produisent de moins en moins sur le sol américain. Pour conserver sa position dominante, le capitalisme américain, en réalité, a sacrifié sa propre classe ouvrière. Remplacée par des Chinois ou des robots, elle vient grossir les rangs des miséreux qui campent dans les faubourgs des grandes villes.

À l’autre bout de l’échelle sociale, en revanche, tout va pour le mieux. Tandis que les pauvres sont de plus en plus nombreux, les riches sont de plus en plus riches. Contrairement aux emplois, qui sont délocalisés, les bénéfices réalisés à l’étranger sont rapatriés. Aggravée par une financiarisation débridée, cette distorsion entre la richesse et l’emploi ruine le consensus social américain. L’intelligence de Trump est de l’avoir compris et d’en avoir fait un argument électoral. La limite de cette intelligence, c’est qu’il s’y prend très mal pour résoudre le problème.

Lorsque les règles du jeu deviennent défavorables à celui qui les a inventées, il a la tentation de vouloir les changer. Manifestement, c’est ce que fait Trump. Le libre-échange réduisant au chômage les ouvriers de la « Rust Belt », il veut instaurer des protections qui font fi des accords commerciaux internationaux. Or cette démarche représente la quadrature du cercle pour un pays comme les États-Unis. Ayant mondialisé son économie sous la pression des multinationales, il leur fera payer cher le moindre retour en arrière. En clair, le protectionnisme est à double tranchant, et c’est ce qu’ont montré les réactions chinoises, européennes et canadiennes.

À supposer qu’elle ait lieu – ce qui n’est pas sûr – , la guerre commerciale sera au pire un désastre, au mieux un jeu à somme nulle. Trump le sait, et c’est pourquoi sa politique néo-impériale se contentera sans doute dans ce domaine de proclamations inoffensives. Il n’entend pas passer à la postérité comme celui qui a ruiné les fondements de la puissance américaine. Il préfère nettement ouvrir d’autres fronts où il pense pouvoir obtenir l’avantage. Et l’incohérence – ou l’imprévisibilité – qu’on lui prête souvent ici n’est probablement qu’apparente.

Le meilleur exemple est celui de sa politique en matière nucléaire. En pratiquant le grand écart entre l’Iran et la Corée du Nord, Trump montre que le nucléaire, précisément, n’a aucune importance. D’abord parce que la nucléarisation de la Corée du Nord est un fait accompli – et irréversible – et qu’il n’y a rien d’autre à obtenir de ce pays – du point de vue américain – qu’un réchauffement diplomatique destiné à rassurer Séoul dans le but d’alléger la charge du parapluie militaire US. Ensuite, parce que l’Iran au contraire, bien qu’il n’ait aucune arme nucléaire, est un adversaire systémique des États-Unis et qu’il s’agit bel et bien de l’affaiblir par tous les moyens.

De la Syrie au Yémen en passant par l’Irak, le Liban et la Palestine, Téhéran est une épine colossale dans le pied de Washington. Chef de file de l’axe de la résistance, il est la bête noire d’Israël, État-colon expansionniste auquel Trump s’est empressé de faire allégeance en remerciement de la neutralisation du lobby pro-israélien durant la campagne présidentielle. En isolant l’Iran, Trump fait coup double : il satisfait Tel Aviv – et Riyad – tout en provoquant l’étranglement économique dont il attend un regime change par inanition, à défaut d’un soulèvement armé piloté de l’étranger sur le modèle syrien.

Mais la partie n’est pas gagnée. Car en coupant ce grand pays des circuits économiques et financiers occidentaux, il l’ouvre à d’autres influences. Ce n’est pas un hasard si l’Iran vient d’adhérer à l’Organisation de coopération de Shangaï au côté de la Russie, de l’Inde et de la Chine, cette organisation représentant désormais 40 % de la population et 25 % du PIB mondial. Le retrait américain de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, de plus, génère une série de dommages collatéraux. Il provoquera le départ de ce pays de nombreuses entreprises européennes, et notamment de Total, première capitalisation boursière du CAC40.

Entreprise multinationale dont 30 % du capital est détenu par des actionnaires américains, Total devait participer à l’exploitation du gisement gazier offshore « South Pars », le plus grand au monde, situé dans le golfe Persique et les eaux territoriales iraniennes. C’est fini. Le projet passe dans d’autres mains, et pas n’importe lesquelles. Poussé au départ par Washington, Total cédera la place au géant chinois des hydrocarbures CNPC, ravi d’emporter le morceau. En voulant punir Téhéran, Trump a fait un cadeau de choix à la Chine, principal concurrent des USA à la tête de l’économie mondiale et premier responsable du déficit commercial américain. C’est un comble.

À l’entendre, Trump rêve de restaurer « la grandeur de l’Amérique ». Il a porté le budget militaire US à des sommets inégalés (700 milliards de dollars) et poursuivi une confrontation avec la Russie dont le seul intérêt – à courte vue – est de couper la Russie de ses partenaires européens, ce qui explique le rôle actif du Royaume-Uni, voltigeur de l’empire US, dans la diabolisation de Moscou. Il n’est pas néoconservateur à la façon de George W. Bush ni interventionniste à la sauce humanitaire comme l’étaient les Démocrates. Mais comme il s’est fait élire pour conjurer les affres du déclin, il entretient le mythe d’une Amérique renaissante qui croit qu’il suffit d’aligner des porte-avions pour dominer le monde.

Heureusement, cette ambition démesurée rencontre le principe de réalité sur tous les fronts. Le Moyen-Orient est l’épicentre d’une confrontation où Moscou s’est placé au centre du jeu, condamnant Washington à faire tapisserie pendant que les Russes mènent la danse. En dents de scie, la politique américaine en Syrie est vouée à l’échec. L’armée syrienne reconquiert le territoire national, et le dernier carré des supplétifs lobotomisés va rendre les armes. Tandis que Moscou et Damas célébreront les 50 ans d’une alliance désormais adossée au géant chinois, le mariage de Washington avec Riyad et Tel Aviv apparaîtra peut-être un jour comme une erreur de casting.

En matière géopolitique, les apparences sont trompeuses. L’excès de puissance ne transfuse pas nécessairement en intelligence stratégique. Les Américains dépensent 2187 dollars par an et par habitant pour leur défense, contre 154 dollars pour les Chinois. On n’observe pas la même proportion dans les résultats. Les menaces proférées simultanément contre Moscou et Pékin sont à l’opposé de la stratégie – payante à l’époque de Kissinger – qui consistait à trianguler la Russie et la Chine afin de diviser les puissances continentales. Trump, lui, semble vouloir en découdre avec tout le monde (Chine, Russie, Iran, Syrie, Corée du Nord, Cuba, Venezuela) et – fort heureusement – il n’affronte personne pour de bon.

L’Amérique de Trump croit qu’elle peut pratiquer la politique de celui qui retire l’échelle après l’avoir utilisée pour grimper au sommet. Mais la réalité, c’est qu’elle n’est plus vraiment au sommet. La politique néo-impériale de Donald Trump enrichira comme jamais les marchands d’armes et les magnats de la finance. Le paradoxe, c’est qu’elle contribuera aussi à l’hégémonie mondiale de ceux qui, loin des États-Unis, investissent dans les infrastructures civiles et non dans les industries de l’armement, et qui combattent la pauvreté au lieu de l’entretenir. Inutile de préciser qui détient les clés du futur. La politique de Trump, pour l’Amérique, c’est le syndrome de la balle dans le pied.

Bruno Guigue

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27 Commentaires

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  • #1997633

    Si on considere que toutes ces organisations internationales formaient ce que l’on a appelle le NWO et etait les premisses d’un gouvernement mondial, le fait que trump en retire les us peut etre vu comme une bonne chose.
    LEs us cassent ils ces organisations car ils n’ont en plus l’utilite ou y a t il deux camps au sein du capitalisme occidental qui se font la guerre ?

     

    • #1997707

      De mon point de vue, il me semblait que tous (ceux du haut du panier) rêvaient d’hégémonie au sens du NWO que vous évoquez : mais les USA (influencés par d’autres groupuscules et d’autres cénacles ?) ont non seulement voulu tirer toute la couverture à eux et ne sont pas arrivés au résultat escompté dans les délais qu’ils avaient prévus. Et de voir s’élever derechef des puissances sous leur nez, qu’ils avaient complètement négligées, pensant les avoir « abattues ».
      Et aujourd’hui, les gars, qui dirigent ces dites puissances, veulent toujours toujours leur part du gâteau, à la nuance près qu’ils ne la quémandent plus en tant que vassaux mais l’exigent avec d’autres moyens à faire prévaloir aux Américains.
      C’est à même se demander, au nombre des précaires laissés pour compte sur le sol du rêve américain, s’il n’est pas quelques lascars, dans les coursives, à leur préparer un printemps coloré comme ils en ont connu des guerres d’indépendance et autre sécession.


  • #1997801

    La bimbo américaine sauveteuse en mer ne fait plus fantasmer l’européen "réveillé".
    Il veut de l’asiatique discrète ou de la russe raffinée.

     

  • #1997811

    La grande erreur de Trump (et c’est surprenant pour un businessman avisé) est de dépenser 700 Mds de dollars par an dans un secteur quasi stérile : l’armée US. En effet, avec un budget 10 fois moindre, la même efficacité serait obtenue à la sortie. Les USA ne perdraient pas leur hégémonie militaire (si elle est réelle) mais perdraient moins de ressources économiques à investir dans des outils dépassés. Ces armées surdimentionnées font penser à IBM dans les années 70 qui s’est fait ridiculiser par l’émergence du PC et d’Apple.

     

    • #1997821

      Ce n’est qu’un héritier doublé d’un mauvais homme d’affaires, justement.

      Il a fait beaucoup de mauvaises opérations à titre privé.


    • #1997847

      C’est peut etre le prix de sa vie ( kennedy).... pis c’est pas lui qui paie,c’est le contribuable americain...


    • #1997872

      L’armé US est une armée impérialiste qui assure par la menace et la force si besoin la convertibilité du dollar en pétrole et réciproquement. La question du coût de cette armée (dont le chiffre officiel de 700 milliards de dollar est peut-être sous-estimé) est fondamentale car l’obligation qui est faite aux pays consommateurs de pétrole de se procurer des dollars est un racket qui a ses limites. lorsque les deux courbes se croiseront, les US s’effondreront de l’intérieur irrémédiablement. L’élection de Trump est déjà un symptôme très net d’un effondrement en cours et d’une recovery économique en trompe l’oeil.


    • #1998210

      Je comprends votre métaphore mais pour votre culture informatique je vous souligne que c’est précisément IBM qui a standardisé le PC. Le fameux IBM PC, sortit en 1981 a donné le ton et servi de modèle aux "compatibles PC" qui, dans les années 1990 représentait 90% du marché du micro-ordinateur. Encore aujourd’hui, on monte les PC en partie selon ce modèle bien que les IBM n’étaient absolument pas aussi modulaires que les PC d’aujourd’hui.

      Pour ce qui est de Trump, j’ignore comment se comporte le marché de l’immobilier en Europe mais en Amérique du Nord c’est assez facile de faire fructifier un million de dollars surtout à l’époque où Trump a obtenu ce capital de son père. Comme on dit, c’est le premier million qui est difficile à obtenir. Ensuite, un singe bonobo pourrait le faire fructifier. Je ne dis pas que c’est un imbécile carabiné et il a assurément acquis une expertise dans le domaine, mais l’immobilier ce n’est pas sorcier et cela n’a rien à voir avec la gestion d’un pays. Sa détermination est certes louable mais son manque cruel de culture est un handicap majeur.

      Cette analyse de Bruno Guigue est une des meilleures que j’ai lues sur la politique de Trump depuis longtemps.


    • #1999750
      le 06/07/2018 par Michelly58
      Trump, ou le syndrome de la balle dans le pied

      @Jvidepi La culture, cette outil merveilleux en politique que sert à enculer les peuples, vu le niveau d’aculturation de la population ils n’en n’ont pas besoin.


  • #1997813
    le 03/07/2018 par Francois Desvignes
    Trump, ou le syndrome de la balle dans le pied

    Il ne faut pas croire qu’un homme puisse dicter sa politique à un Etat ni l’Etat sa destinée à Dieu.

    Car la question n’est pas de savoir ce que Trump aurait imaginé pour rendre à l’Etat et à la nation américaines l’éclat qu’ils perdent chaque jour,

    Mais quelle est la constante en géopolitique qui fera que quelque puissent êtres les péripéties de l’actualité, l’enjeu et le résultat final resteront inchangés.

    C’est un truisme de dire que l’Amérique voudrait rester première et que la Chine espère le devenir.

    La Chine sait qu’elle sera première au XXI siècle comme les USA furent premiers au XX, la GB au XIX, la France au XVII et XVIII, l’Espagne au XVI etc. : il y a le temps de la Gloire et le temps de la Raison, enfin le temps de l’humilité et , pour tous, un jour, le temps de l’oubli.

    A chaque siècle, son nouveau podium.

    C’est la technologie qui fait changer la place des élus sur le podium : c’est ce qu’il faut rechercher en premier.

    Par exemple, la Renaissance est due à Gutemberg
    Notre post modernité à l’internet.

    Donc , tous ceux qui étaient premiers sous Gutemberg (1500-2000) , ne le seront plus sous l’époque internet (2000- 2 ???).

    Ensuite, ce qu’il faut chercher, ce n’est pas la répartition des territoires (qui possède quoi) mais le titulaire de la souveraineté maritime ( qui contrôle quelle mer ?).

    Par exemple, sous l’ère Gutemberg (La période moderne de 1500-2000) celui qui contrôle l’Atlantique contrôle le monde. Ce fut successivement, l’Espagne, la France, la G.B. , les U.S.A.

    Dans l’ère de l’internet, (la période post moderne que nous venons d’ouvrir) celui qui contrôlera le Pacifique contrôlera le monde. Vous pouvez changer Trump, et il ne fait que passer : cette vérité restera.

    Le G7 de demain sont les riverains du Pacifique : la Chine, la Russie, les Corées, les USA, l’Australie, le Japon.

    Il y a une dernière question à résoudre , c’est celle du temps car le temps calendaire n’est pas le temps historique.

    Par exemple, la Renaissance commence en 1515-1517, pas en 1500.

    C’est important de (re)connaitre cette date, car tout se déclinera à partir d’elle et d’abord, le plus important, l’idéologie qui va fixer pour toute la période la "norme civilisationnelle".

    Sous la Renaissance, c’était les protestations de Luther en 1517, fonts baptismaux de notre démocratie obligatoire post WWII.

    C’est ça qu’on est en train de reconnaitre : la date et l’idéologie.

     

    • #1997889

      Début de la Renaissance : 1453 et la chute de Constantinople. Ce n’est pas à vous de fixer des dates.


    • #1997895

      "Le G7 de demain sont les riverains du Pacifique : la Chine, la Russie, les Corées, les USA, l’Australie, le Japon."

      Petite erreur ce n’est pas l’Australie (pion insignifiant au niveau geo stratégie et militaire), mais l’Inde qui fera parti du futur G7...

      Parce que ce ne sera pas seulement le Pacifique mais l’ocean Indien egalement
      qui seront les lieu de passage du commerce mondial...
      Bonne journée.


    • #1998737

      J’ai du mal à croire que quelqu’un puisse sérieusement se croire habilité à dire qui est habilité, ou pas, à fixer les dates.
      Et, en pastichant une déclaration fameuse du Roi de France qui fut le symbole de la Renaissance, "Je voudrois bien que l’on me montroît la clause du Testament d’Adam qui décida cela"


  • #1997816
    le 03/07/2018 par quidam populus
    Trump, ou le syndrome de la balle dans le pied

    Compte tenu des développements géo-politiques globaux en plein effervescence, il me semble qu’encore actuellement, Trump jette le ’multilatéralisme’ aux orties beaucoup moins vite que l’Etat-Profond, lui, ne recule..

    Trump continue de dérouler fidèlement l’ensemble des points de sa ligne politique de campagne ; l’une de ses difficultés réside dans une insuffisance qualitative de ses résultats, mais comme il est encore en vie.. ne perdons jamais cela de vue.. Même dans son style haut-en-couleurs, maladroit et cuistre, il est un pragmatique qui a le cuir dur.. Face à l’Establishment, il ne lâche que très peu de son programme de 2016, continue à se battre taigneusement pour ce qu’il est, ses propres affaires (profitables malgré la crise), celles de ceux qui le soutiennent et qui s’incarnent, comme lui, dans le "Rêve américain" des WASP populo-nationalistes du "Bill of Rights". Il avance, déjoue avec âpreté l’"Impeachment" et tente d’aborder au mieux les élections de "mid-term" (11).

    Ceci vaut, tant que le pétro-$ tient, que la technostructure gouvernementale est toujours alimentée par la dette, que l’effondrement systémique est sans cesse repoussé,etc...

    Dans ces rounds de boxe mondialisés, tout le monde cherche aussi à gagner du temps pour se préparer à la très douloureuse échéance inéluctable du ’Reset’ crisique.

    Cependant, la tendance lourde ne s’inversera pas : ce n’est pas les 750 T°$ du complexe militaro-sécuritaire qui épargneront les É-U et ce qu’il restera alors de l’Empire. Tout juste permettront-ils à Trump de ’sauver les meubles’, mais au bout de graves tribulations internes/externes..

    A un certain moment, l’Etat-Profond et son Euro-mondialisme vacilleront ; Trump en rabattra, puis affaibli mais libéré, rentrera résolument et sans équivoque dans la multipolarité.

    Les vainqueurs se compterons alors parmi ceux qui auront su le mieux préparer leur résilience grâce à leurs meilleures alliances diplomatiques, leur(s) monnaie(s), et collatéraux tangibles (métaux précieux, énergies, terres rares,..), et leurs ’ressources humaines’..

    A ce moment en UERSS, si le ’populisme’ a trop tardé à l’emporter sur les néo-cons sionistes (élections ou pas), les nations seront obligées de subir durement le bloc eurasien.. payant leur bellicisme arrogant du passé au prix fort, pire, se verront obligées d’immigrer en bateaux, destination : les forêts du Cameroun !

    Alors, Dieudo, dores et déjà prié d’agrandir ses "jungle Resorts"... ? :-)


  • #1997865

    Oui sauf que Trump a bel et bien proposé à Macron de sortir de l’€urope si ce dernier voulait faire des affaires avec lui.
    Ca démontre que le business à grande échelle, dont le capitalisme financier est le moteur principal, est une affaire de rapports de force et que, malgré les discours humanistes de façade de tenants du multilatéralisme sous états de droit, le NOM est violent et que le vieil adage, malheur au vaincu, reste d’actualité. Fondamentalement, les US restent et resteront hégémoniques, ce qui signifie qu’ils chercheront à vaincre leur adversaire économique et culturelle, que ce soit l’€urope et son fantasme de grand marché, ou la Chine et ses alliés. Pour terrasser les premiers et dès la fin des années 90, les stratèges US avaient déjà anticipé, comprendre facilité, la menace Africaine aux portes de l’Europe, que ce soit sur le plan démographique, terroriste, économique ou climatique, autant d’épines jugées nécessaires et suffisantes quant à fragmenter l’€urope et l’empêcher d’être le grand acteur économique rêvée par Bruxelles. Son délitement est actuellement en phase terminale, la preuve en est que le royaume uni a quitté le navire comme un rat. Pour contrer les seconds, c’est la politique du chaos au PO et au MO, de préférence et plus globalement, aux portes des ressources naturelles que convoite la Chine et au détriment des Anglo-US, pour cela, Trump avait besoin d’un renforcement des liens avec Tel Aviv, mais pas seulement, il devait également s’assurer l’aide de Riyad dans un donnant-donnant, éviter le déclassement inéluctable des sunnites par rapport à l’Iran et à cause des effets de la transition énergétique, tout en bénéficiant d’appuis régionaux comme autant d’obstacles au nouvel impérialisme chinois, ce dernier étant le proxy des intérêts tripartites Chine-Russie-Iran. Sur ces deux fronts, les US et ses alliés ne lâcheront rien et c’est à l’aune de ce constat qu’il faut comprendre l’augmentation croissante du budget militaire US, surtout pour s’assurer la possibilité tactique et stratégique de contrôler le monde et à son avantage, même si cette domination est plus indirecte que dans les années 70-80 pour lesquelles son ingérence à visage découvert et sur des continents entiers, en faisait un empire incontesté.
    Il l’est plus aujourd’hui parce que formellement, le rapport des forces a changé, mais fondamentalement, la doctrine reste la même, ceux qui ne seront pas avec lui, seront contre lui.


  • #1997868

    (suite)
    C’est donc le message délivré par Trump et que les technocrates €uropéistes et progressistes n’acceptent pas, empêtrés par les souvenirs de 45 et les vieilles chimères d’alliances surannées, ils pensaient que l’unilatéralisme était mort et enterré avec Obama et que le NOM serait une gay pride festive, multiculturelle et apatride favorisant ses desseins affairistes et prétendument humanistes.

    Grave erreur, car Hillary a bel et bien perdu.

    Sur ce dernier point, c’est une bataille, pas la guerre, la preuve en est de par la propagande féministe actuelle préparant les opinions publiques à une gouvernance féminine, Attali l’ayant prophétisé pour la France, les démocrates US tablant sur une femme de couleur pour faire le job qu’aurait dû faire Clinton si Donald n’avait pas existé.


  • #1997891

    Le problème dans cette dite mondialisation c’est que les lobbys, les multinationales, ces ogres industriels, les banques veulent se partager le monde en profitant de l’esclavage de la population .Et tout ceci un jour implosera .Ce système est voué à l’échec, et après on vient nous parler du vivre ensemble, mais eux ne veulent pas vivre avec le peuple, mais s’en servir, parce que l’argent est devenu leur seule ambition pour plus de pouvoir , on est entré dans un siècle infernal qui ne peut que nous mener à la catastrophe .L’être humain est ainsi fait, c’est un prédateur assoiffé de privilège de richesse et en plus moraliste, ce qui est un comble. Le chemin emprunté par ses malades , est une voix sans issue .


  • #1997892

    Prenez un enfant de 7 ans, abrutissez le à BFMTV pendant des mois et faites lui croire qu’il est un brillant analyste politique international et il vous pondra le même article...
    Alors pèle mêle, Trump n’est pas responsable de la débâcle en Syrie, Trump n’est pas du tout dans la même lignée idéologique que ces prédécesseurs. Trump a compris que le peuple américain est sacrifié pour quelques milliardaires et il est tout simplement en train de détruire leur système de prédation.
    Confondre les intérêts des USA avec ceux de cette Oligarchie est plus que naïf.
    "Trump, lui, semble vouloir en découdre avec tout le monde et – fort heureusement – il n’affronte personne pour de bon."
    Je ne sais que répondre à ça... Belle description d’une série Z américaine via les yeux innocents d’un enfant qui est fortement impressionné.
    Que dire d’assimiler la puissance militaire à un nombre de dollars par habitant ... L’auteur ne comprend visiblement pas plus l’économie que la politique.
    Désolé c’est de la merde.

    N’est pas Thierry Meyssan qui veut ...

     

  • #1997913
    le 03/07/2018 par crachetonvenin2
    Trump, ou le syndrome de la balle dans le pied

    Voire ailleurs.
    Pour l’instant.
    Du moins.
    En ce qui concerne Trump ... ou les Etats dits Unis ou leur population enfin leurs car plusieurs dicastères enfin états quoi et donc ?
    Un trouble.
    Les chefs des Etats américains sont ils dans le même état psychologique ou autre que Trump ?
    Et si oui, est ce que l’union est encore possible ?


  • #1997935

    Balle dans le pied..,

    Trump surveillé comme un grand gamin polisson,
    essaiera de trouver un compromis avec Poutine .
    Le système pourrait lui tirer une balle dans la tempe .
    Balle dans le pied ou balle dans la tempe ?
    Quadrature du cercle !
    Destin tragique en perspective pour Trump .
    L’Empire n’a pas fini de semer la mort .
    Le réveil des peuples européens est notre
    seule chance de transformer l’explosion meurtrière
    de l’Empire en implosion contrôlée .


  • #1998400

    L’analyse de l’auteur de l’article est pertinente,mais seulement en
    surface,ou comme dirait Platon,dans son allégorie de la caverne,l’auteur
    a raison dans le monde des ombres,c’est-à-dire de celui des illusions. Quant à la Vérité,elle se joue à l’extérieur de la caverne,autrement dit,les plans et stratégies secrets,sont portés par une implacable dynamique,et s’exécutent sans la moindre anomalie.
    Trump,ou n’importe quel autre président états-unien,et ses acolytes,jouent un jeu juste pour dresser un écran de fumée entre les peuples enfermés dans la caverne c’est-à-dire,comme précisé ci-haut,dans le monde des illusions. Et si un chef d’Etat oserait entreprendre la moindre action indépendante,ou même une critique bénigne envers"le temple",il finirait sa course comme l’Œdipe-roi... L’oligarchie,avance à pas de géant en exécutant au détail près ses funestes et macabres plans.
    En France,comme ailleurs dans le monde,tous marche,tout s’exécute avec la précision d’une montre suisse conformément aux prévisions de la"théologie"des oligarques.
    Qu’importe la comptabilité du commerce entre les chinois et l’empire
    états-unien. Qu’importe la"modernisation"des missiles nucléaires russes.
    Qu’imporge la demi victoire des russes en Syrie,pays complètement
    ravagé,et dont la reconstruction nécessiterait plusieurs décennies...Qu’importe tout cela,en comparaison avec la
    "marche"implacable de la bande satanique vers la victoire ultime. Tout est verrouillé.
    Les"philosophes"du diable narguent les peuples puisqu’ils sont en mesure de"choisir",comme bon leur semble,les futurs présidents,la carte politique de quasiment tous les pays,les corpus des nouvelles"valeurs"sociétales...Ils vont jusqu’à désigner les"héros"des nations"méritant"honneurs posthumes...
    Les peuples,prisonniers de la caverne,participent en acteurs actifs de leurs propres tragédies. Satan,maître du macabre jeu,rigole à gorge
    déployée sur une issue qu’il a planifié depuis la nuit des temps,sauf si la divine Providence en décidait autrement...

     

    • #1999762
      le 06/07/2018 par Michelly58
      Trump, ou le syndrome de la balle dans le pied

      La seule personne capable de décider c’est dieu, il ne peut y avoir deux force car elles s’annulent, au final la décision en revient toujours au grand architecte et informaticien.


  • #1998917
    le 04/07/2018 par La Patriote
    Trump, ou le syndrome de la balle dans le pied

    Je complète juste sur un point : effectivement la Corée du Nord a depuis toujours l’arme nucléaire. Il ne faut pas voir cette propagande publicitaire par le trou de la serrure : le but de cet accord étant que la Corée du Nord rompe ses relations privilégiées avec l’Iran sur le nucléaire.
    Excellent article.


  • #1998923
    le 04/07/2018 par envolées-des-incultes
    Trump, ou le syndrome de la balle dans le pied

    La banque mondiale est aux USA, le FMI est aux USA, et l’armée qui vient faire payer les traites est aux USA.

    Qu’est-ce qu’ils en ont à foutre des dépenses vu qu’ils ont mis tout le monde au tapin, que l’Europe et les nations qui la composait sont en phase finale de désagrégation étouffée sous le poids d’une immigration depuis plus de 70 piges, et que les puissances en Europe sont toutes sous la coupe, soit de vendus, soit de tarlouzes avec des QI de 3 ?

    Trump est sur une 4 voies sans circulation. Il peut rouler pied au plancher . . .


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