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III - L’anti-humanisme

De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants

Note de la rédaction

Troisième volet de la série d’articles proposée par Marion Sigaut.
Reportez-vous en bas de page pour consulter la série complète.

Les guerres de religion, qui ensanglantèrent la France dans la seconde partie du XVIe siècle, avaient opposé la Ligue catholique et les protestants, qui avaient en commun de vouloir limiter les prérogatives royales. Les premiers prônaient le rétablissement des pouvoirs des seigneurs et le morcellement féodal, et les seconds voulaient limiter les pouvoirs du roi par des assemblées élues.
Par l’édit de Nantes, Henri IV assit son autorité et mit fin à la fois à la guerre et aux prétentions de la Ligue. Et, en prenant pour confesseur un jésuite, il permit que se répandent en France les conceptions de l’école de Salamanque [1].
Parmi ces idées nouvelles, il y avait celles du père Juan de Mariana, qui avait théorisé que toute souveraineté résidait dans le peuple. Pour le jésuite, le roi n’était que le dépositaire du pouvoir que le peuple souverain lui avait confié [2], et il avait le devoir de lui garantir en échange le bonheur et la prospérité.
Le corollaire de ce principe était que si le roi trahissait la confiance du peuple, ce dernier pouvait lui reprendre l’exercice des pouvoirs publics. La théorisation de la souveraineté populaire impliquait le droit de résistance à l’oppression, et même le droit au régicide.
Dès l’assassinat d’Henri IV, les jésuites furent montrés du doigt comme ayant armé le bras de Ravaillac. L’accusation de régicide à leur encontre persistera jusqu’à leur interdiction.

Un si dangereux égalitarisme provoqua la naissance d’un anti-humanisme qui s’affirma dans toute sa gloire au Grand Siècle.
Héritier de la Ligue, un parti dévot avait émergé et pris de l’importance au sommet de l’Etat. Bérulle, comme nombre de penseurs de son temps, avait eu le sentiment des dangers que le triomphe de l’humanisme faisait courir à un certain ordre social. Mais comme on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, il avait revêtu cette réaction des oripeaux de l’humanisme et inventé le concept paradoxal d’humanisme dévot.
« L’humanisme dévot nous invite à nous oublier nous-mêmes, à nous perdre dans les objets qui nous entourent, dans le spectacle du présent monde, notre royaume, dans la méditation des dons célestes ; à nous oublier davantage encore en montant à la cime de notre être, au plus haut de cet intérieur, où ni les sens ni la dévotion sensible ne nous pénètrent. De toute sa pente logique, de tout son élan, l’humanisme dévot veut le pur amour. »
Autant dire que, contradictoire dans les termes, l’humanisme dévot, qui voulait que l’homme s’oublie et se perde, fut un anti-humanisme.
Il eut pour pendant le libertinage qu’affichèrent sans complexe les grands seigneurs qu’étaient Condé ou Gaston d’Orléans. Peu soucieux de passer pour dévots, ces farouches opposants au roi étaient flattés dans leurs mœurs barbares par des écrivains baroques qui purent écrire :
Tous les crimes sont beaux, dont le trône est le prix. (Jean de Rotrou)
Ou bien :
A tout prix un grand cœur achète un grand crédit
Et tout crime est permis quand il nous agrandit. (Idem)

Les libertins ne prônaient pas seulement la jouissance immédiate et l’absence de contraintes, ils professaient également un profond mépris du peuple, ignorant et vulgaire. Ce sera une constante chez tous les opposants à l’absolutisme royal.

On vit l’anti-humanisme à l’œuvre avec la Compagnie du Saint-Sacrement. Le 27 mai 1631, quelques dévots, emmenés par le duc de Ventadour, obtenaient de Louis XIII l’approbation d’une compagnie qui se proposait de réunir des personnes de condition laïque pour travailler aux bonnes œuvres, dans le plus grand secret. « Ce fut avec beaucoup de raison qu’une assemblée si secrète et si cachée, voulut se revêtir des livrées d’un Dieu véritablement caché », précise le rédacteur. Dans un courrier simple (une lettre-patente en aurait trahi le secret) adressé à l’archevêque de Paris, Jean-François de Gondi, le roi demandait à ce dernier de bénir l’entreprise [3].
Mais l’archevêque refusa de donner sa bénédiction, et la Compagnie du Saint-Sacrement dut œuvrer, jusqu’à sa disparition – au moins officielle - en 1660, sans l’approbation des autorités ecclésiastiques.
Les noms les plus en vue du siècle seront liés à la Compagnie, parmi lesquels on retiendra Bérulle, Jean Eudes et Bossuet, mais aussi les grands robins que furent Nicolas Fouquet, le Premier président Bellièvre, le chancelier Séguier, les d’Argenson, les Lamoignon.

Les bonnes œuvres dans lesquelles la Compagnie du Saint-Sacrement s’est distinguée, pendant les quelque trente ans de son activité officielle, consistèrent surtout en une tyrannie exercée sur les consciences et la vie des particuliers. Si les confrères voulurent le soulagement des pauvres, des galériens et des prisonniers, ils firent surtout activement la chasse aux hérétiques, aux juifs, (ils proposèrent, le 14 mai 1649, de les bannir entièrement du royaume. Ils ne furent pas entendus), aux artistes (Molière en fit les frais, voir Tartuffe) et aux protestants, notamment. Ils réussirent par exemple en 1632, grâce à des pressions discrètes exercées sur six conseillers au Parlement, à s’opposer à la réception comme procureurs de vingt-quatre réformés. En 1633 ils se dressaient contre les « débauches » populaires du carnaval, et surtout ils s’opposèrent aux désordres touchant aux mendiants : ceux-ci ne recevaient-ils pas les secours matériels sans avoir fait leurs dévotions ? Ils exhortèrent les curés à ne leur donner l’aumône qu’après leur avoir dit le catéchisme, et voulurent de la même manière que les médecins n’accordent pas de soins aux malades qui n’auraient reçu la confession. Ils échouèrent finalement dans leur saint projet de faire inclure par les écoles de médecine cette clause dans le serment.
Avant de réussir à faire enfermer les filles de mauvaise vie, ils les firent fouetter publiquement, et cherchèrent surtout les moyens de faire cesser les « abominations » qui avaient lieu dans les cours des miracles du faubourg Saint-Marceau.

Ils sont ceux qui inventèrent et réussirent à imposer l’épouvantable système de l’Hôpital général [4] destiné à réprimer le délit de pauvreté par le fouet, le carcan et le travail forcé.

La Compagnie du Saint-Sacrement s’était fait des ennemis partout, dans l’Eglise mais aussi dans l’opinion. Mazarin n’avait pas tardé pas, à son tour, à s’inquiéter de ce réseau occulte dont la puissance allait croissant. Le 20 septembre 1660, la Compagnie se saborda et entra dans la clandestinité.
Une autre société secrète, tout aussi robine et encore plus bigote, reprit le flambeau de leurs principes et leurs façons de faire. Elle tint la dragée haute à la royauté jusqu’à la Révolution.

(A suivre)

Sources :
- Roland Mousnier, Le XVIe siècle, Les nouvelles structures de l’Etat, Histoire générale des civilisations, PUF 1967.
- Henri Gouhier, L’anti-humanisme au XVIIe siècle, Paris, librairie philosophique J. Vrin. 1987.
- Florence Gauthier, De Juan de Mariana à la Marianne de la République française ou le scandale du droit de résister à l’oppression.
- Raoul Allier, La Cabale des dévots, 1627-1666, Librairie Armand Colin, Paris 1902.
- Marion Sigaut, La Marche rouge, les enfants perdus de l’Hôpital général. Jacqueline Chambon, 2008.

Voir aussi :

Octobre 2012
L’attentat de Damiens : Marion Sigaut invitée d’Au Coeur de l’Histoire sur Europe1
37
Janvier 2012
XVI – Turgot ou l’avènement du libéralisme : la fin de l’Ancien Régime
2ème partie, la dérégulation
40
Janvier 2012
XV – Turgot ou l’avènement du libéralisme : la fin de l’Ancien Régime
1ère partie, le pain du peuple.
33
Janvier 2012
XIV – L’humanisme des Lumières revisité : l’Encyclopédie
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
12
Décembre 2011
XIII – L’humanisme des Lumières revisité : Voltaire
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
24
Décembre 2011
XII – Le supplice de Damiens, ou le triomphe des barbares
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
45
Décembre 2011
XI - La guerre des juges contre l’Eglise
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
22
Décembre 2011
X - Le nouveau jansénisme
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
10
Novembre 2011
IX - Le tournant de la régence
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
35
Novembre 2011
VIII - Le satanisme au cœur de l’Etat : l’affaire des poisons.
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
29
Novembre 2011
VII – Malheur aux pauvres ! La création de l’Hôpital général.
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
11
Novembre 2011
VI - La justice du roi : les Grands jours d’Auvergne
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
22
Novembre 2011
V - La chasse aux sorcières
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
41
Octobre 2011
IV - Le jansénisme au Grand siècle
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
17
Octobre 2011
II L’humanisme
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
14
Octobre 2011
I. L’achèvement de la centralisation
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
31

Notes

[1] Voir mon précédent article, « L’Humanisme. »

[2] « ha recibido el poder de manos del pueblo »

[3] Ce passage est tiré de mon livre « La Marche rouge, les enfants perdus de l’Hôpital général », Jacqueline Chambon 2008

[4] Idem

 
 



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22 Commentaires

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  • #55119
    le 19/10/2011 par Henry
    III - L’anti-humanisme

    j’ai hâte de lire la suite de cette très bonne synthèse


  • #55293
    le 20/10/2011 par duc de Guise
    III - L’anti-humanisme

    Madame, je découvre avec beaucoup d’agacement vos trois articles qui pêchent par un triste conformisme idéologique et par des erreurs . En louant Las Casas on ne fait que radoter une légende usée par les protestants lors les guerres de religion pour attaquer l’ennemi l’Espagne des rois catholiques responsable de tous les vices et cela dure ... Des historiens ont demonté cette icône Las Casas , icône bien utile de nos jours pour l’anti colonialisme bien pensant.
    La Ligue n’est pas la défense des féodaux mais le vrai parti de la nation française car le peuple était viscéralement catholique contre les agissements sectaires des Huguenots d’ailleurs ils ont résisté à l’application de l’Edit de Nantes qui a poussé Richelieu à prendre La Rochelle
    Les jésuites dont vous parlez avec justesse mais vous ignorez qu’ils ont été l’arme des Ligueurs !
    Vous caricaturez le parti des dévots ce n’est pas étonnant en voyant votre référence à Raoul Allier pasteur protestant pour un ouvrage de 1902 ! comme objectivité excusez moi !
    Ce n’est pas le lieu ni le moment de répondre longuement mais je vous invite à consulter l’ouvrage de Jean Dumont "L’Eglise au risque de l’Histoire"
    La monarchie absolue c’est le début du divorce avec le peuple où religion catholique et Nation sont inséparables... Je reviendrai par un article pour démonter l’importance du catholicisme pour la conscience nationale face à un Etat de plus en plus soumis à la bourgeoisie roturière apatride.

     

    • #55493
      le 20/10/2011 par Marion
      III - L’anti-humanisme

      Monsieur,
      Il me semble que vous voyez dans ce que j’écris des choses que je ne dis pas, et que vous en tirez des conclusions qui ne sont ni ce que je dis, ni ce que je pense.
      J’attire votre attention sur le fait que ce n’est pas parce que le peuple français était viscéralement catholique et opposé au sectarisme des huguenots, que ces derniers et la Ligue ne partageaient pas une certaine vision du pouvoir.
      D’autre part, rendre à Montesinos et Las Casas la paternité d’une certaine vision de l’Homme qui s’épanouit à Salamanque, ne signifie pas défendre une grossière propagande anticatholique toujours d’actualité.
      Pour ce qui regarde la Compagnie du Saint-Sacrement, si c’est le protestantisme de Raoul Allier qui vous dérange, je vous recommande la lecture des Annales de la Compagnie du Saint-Sacrement, par le Comte René de Voyer d’Argenson (http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bp...), source de la Cabale des dévots, ouvrage qui vous permettra de voir que ce que j’en écris est très largement en deçà de la réalité.
      Vous pouvez également avec profit lire le Code de l’Hôpital général, (Paris 1786) dans lequel vous verrez dans les détails ce que furent l’application des principes de la Compagnie en direction des pauvres et des enfants perdus.
      (http://books.google.com/books?id=9Y...)
      Le petit ouvrage « L’Hospital général de Paris  » à Paris chez François Muguet, imprimeur du Roy et de Monseigneur l’archevêque, rue de la Harpe, 1676, (ref B5952 aux archives de l’assistance publique) sera d’une lecture moins rébarbative, quoi qu’il soit plus difficile à trouver puisqu’il n’est pas encore en ligne.

      Je ne prétends pas, monsieur, à l’objectivité. Mes recherches sont le fruit d’une passion que j’assume et qui n’interdit nullement une honnêteté intellectuelle que je revendique.
      Vous pensez que l’absolutisme est « le début du divorce avec le peuple où religion catholique et Nation sont inséparables ».
      Je pense, moi, que c’est l’opposition à l’absolutisme qui conduira à ce divorce, et fera venir au pouvoir la bourgeoisie roturière apatride.
      Je me demande si ce qui nous oppose est si grave que ça.


    • #55916
      le 21/10/2011 par Alexis Martinez
      III - L’anti-humanisme

      Monsieur Duc de Guise, je mentionne à votre attention le fait suivant : loin de critiquer le catholicisme ou la monarchie espagnole, Bartolomé de la Casas (dont aucune étude historique n’a réussi à décribiliser l’action ou l’engagement, les ouvrages "de référence" dans ce domaine datant tous du XIXème siècle et ne s’appuyant sur aucune documentation), au contraire, en était le meilleur défenseur et le sûr partisan. En effet, dans son combat, il avait obtenu l’approbation de rien moins que le pape Paul III et de l’empereur Charles Quint, ainsi que du prince héritier Philippe, futur Philippe II.
      Certes Français, Hollandais et Anglais se sont appuyés sur les ouvrages de Las Casas pour porter des coups très durs en termes d’influence au sein de la Chrétienté à l’Espagne. Mais si la loi impériale avait été appliquée, ces critiques s’appuyant sur les dénonciations de Las Casas n’auraient eu aucune prise. La vérité est que les grandes familles seigneuriales qui exploitaient pour leur compte les colonies espagnoles en Amérique s’élevèrent sans vergogne contre le pape et contre l’empereur et roi d’Espagne, que c’étaient eux qui agissaient à l’encontre du catholicisme et défiaient l’autorité de la Chrétienté, et certainement pas Las Casas qui fut un grand catholique.
      Pour ce qui est de la Ligue, elle se revendiquait du catholicisme, certes, mais était fort loin de l’incarner, et le clergé français tout comme la papauté la regardait d’un œil à tout le moins défiant, tant elle semblait aller parfois à la limite de l’hérésie. La Ligue n’était rien d’autre qu’une faction politicienne qui cherchait à limiter l’influence des propriétaires terriens du sud-est, qui pour une bonne part il est vrai étaient protestants. Prétendre que la Ligue, parce qu’elle camouflait un combat éminemment terre-à-terre (lutte contre ses concurrents Huguenots et contre le pouvoir royal, au passage tout aussi catholique qu’elle) derrière le catholicisme, était l’incarnation du catholicisme, c’est lui prêter un rôle qu’elle n’a jamais tenu. Penser qu’elle bénéficiait d’un réel soutien populaire, c’est ne pas saisir l’absence pure et simple du peuple dans son immense majorité dans ces querelles de factions : la pourtant très impopulaire prévôté des marchands de Paris alors avaient infiniment plus de soutien populaire que la Ligue et les Huguenots réunis.


    • #56102
      le 21/10/2011 par duc de Guise
      III - L’anti-humanisme

      “@” alexis martinez
      je vous renvoie à l’ouvrage de Jean Dumont "L’Eglise au risque de l’histoire qui vous éclairera aussi bien sur Las casas et la Ligue et vous prendrez connaissance des travaux scientifiques qui 1) réfutent le Las Casas polémiste l’incohérence de la description des faits ce qui n’enlève en rien la sincérité de l’’engagement catholique de l’auteur dans le Chiapas. il caricature Cortes et les conquistadors qui n’étaient certes pas des saints,idéalise la culture des indiens mais plus grave il décridibilise une institution remarquable "l’encomienda"qui n’avait rien à voir avec ce que sera l’hacienda, mais une véritable protection des Indiens . Les religieux admirables au service des indiens étaient nombreux et leurs témoignages contredisent ses écrits polémiques voilà ce qu’a retrouvé l’historiographie moderne. 2) vous avez raison les conseils royaux en Espagne ont interdit toute réfutation de ses thèses ... oui et alors ? aujourd’hui nos belles démocraties nous interdisent de réfuter le tribunal de Nuremberg... je ne peux m’étendre
      La Ligue n’était pas la propriété des Guise ni des jésuites ni vendue aux espagnols(qui tous ont eu un rôle important certes) c’était d’abord le peuple catholique avec son organisation qui fut massacré par le Roi huguenot de Navarre à Cahors , à Paris:1590 un siège horrible des dizaines de milliers de morts ,défendu par un jeune homme de 22 ans le duc de Nemours à la tête de vrais combattants populaires et vous dites le peuple indifférent !
      la Ligue parisienne était trés autonome ; un historien Baumgartner dira que la Ligue fut le Tiers état catholique qui reçut d’ailleurs l’appui du pape Sixte Quint qui excommunia Henri de Navarre
      Les guise ah la bête noire de l’historiographie républicaine comme on préfère les Bourbons ! bref sortez de l’histoire politiquement correcte renseignez vous au moins prés de Jean Dumont . Depuis Nuremberg on sait à qui profite l’histoire officielle .


  • #55622
    le 20/10/2011 par duc de Guise
    III - L’anti-humanisme

    madame, comme j’ai constaté avec quel conformisme vous reprenez les éloges de Las Casas je suis resté très reservé sur le jugement que vous pourriez porter sur la Compagnie du Saint Sacrement dont j’avoue mon ignorance sur les points que vous soulevez. Nos cerveaux sont formatés par une historiographie protestante qui régnait en maître sous la troisième République qui n’a cessé de noircir la Ligue ,les jésuites et l’Espagne en s’appuyant sur des documents huguenots. L’aubaine pour eux de trouver en Las Casas par son délire anti conquistador un argument pour noircir l’Espagne , je vous renvoie encore une fois aux travaux de Jean Dumont. Comment parler d’humanisme à son sujet ? simple leurre idéologique .
    Vous restez enfermé sur le fond concernant la construction de la nation française sur une construction très troisième République qui utilise essentiellement l’histoire des rois de France nous menant peu à peu aprés la Révolution et l’Empire à la République . Aucun livre scolaire bien sur ne parle de l’alliance de l’Eglise et du peuple suppliant sans cesse la fidélité des princes . C’est l’Eglise des saints des jésuites de jeanne d’arc des moines des artisans qui ont creusé la Nation n’en déplaise aux laïcards.
    Vous réduisez les acteurs à la ligue et aux protestants vous oubliez un troisième groupe les "politiques" bien représentés autour Henri III.
    Vous êtes génés avec la Ligue au point que vous omettez le rôle moteur des jésuites en leur sein. Qui accuse sans cesse les jésuites ? vous êtes muette ce sont les Politiques les princes de l’église gallicane les huguenots puis les jansénistes dont vous omettez bien de parler, de l’importance de leur rôle au XVII è , votre analyse, est déséquilibrée et manque de prudence quand on connait la partialité des témoignages de l’époque.
    Vous acceptez sans critique de parler de "guerre de religions " l’expression consacrée par l’histoire officielle il faut parler de" guerres civiles" au profit des Politiques.
    Je suis désolé il y a entre nous un écart de valeurs, votre lecture des faits va dans le sens du bien pensant :éloge de Las Casas ( relisez vous on dirait Témoignage Chrétien )et condamnation sans appel de la compagnie du Saint sacrement, on est bien dans l’esprit libéral de Vatican II .
    Avec tous mes respects.

     

    • #55724
      le 21/10/2011 par Marion
      III - L’anti-humanisme

      Il me semble, monsieur, que vous exagérez ce que je dis et jugez bien vite en m’attribuant des positions qui sont justement celles que je combats.
      Restons-en là pour le moment.
      Mon prochain article traitera du jansénisme.


    • #55837
      le 21/10/2011 par Huguenot
      III - L’anti-humanisme

      Duc, une fessée mise par un simple citoyen, te ferait sans doute le plus grand bien.


    • #56252
      le 22/10/2011 par duc de Guise
      III - L’anti-humanisme

      @ Huguenot dit
      Duc, une fessée mise par un simple citoyen, te ferait sans doute le plus grand bien.

      Je n’ai pas encore l’honneur de recevoir la haine d’un Dantec et autres bêtes immondes qui se cachent derrière leurs écran... Pour l’instant c’est gentil c’est comme un avertissement ... je n’ai droit qu’à une fessée ... aprés ce sera la raclée comme pour Faurisson ... fessée de la part de qui ? à qui ai je honneur ? de la part du citoyen Huguenot ? citoyen mais de quelle cité ? Genève New York Tel Aviv ? Où êtes vous ?
      un "simple" citoyen oh le paaaauvre.


    • #56481
      le 22/10/2011 par huguenot
      III - L’anti-humanisme

      Duc, effectivement pour l’instant ce ne sera qu’une fessée, mais la raclée est toujours possible si tu la réclames.
      Quant à tes tentatives d’inversion victimaire, elles n’ont aucun effet sur moi.
      Et effectivement un simple citoyen, pauvre comme tu dis, aura plaisir à corriger un bobo pompeux comme toi.


    • #56872
      le 23/10/2011 par Marion
      III - L’anti-humanisme

      Ouf ! C’est compliqué la communication par forum !
      Je dis une phrase, une, sur Las Casas, et me voilà bombardée conformiste dénuée de sens critique, bien-pensante, et tout et tout.
      Je réponds "bonne idée" à quelqu’un qui me suggère de discuter un jour à visage découvert autour d’une table, voilà que je cautionne tout ce qu’il a dit.
      Il va falloir que j’apprenne à manier l’outil, je reconnais que je n’ai pas l’habitude.
      En attendant, je répète que je suis touchée par tous les encouragements que je reçois.
      Bonsoir à tous,
      Marion


  • #56301
    le 22/10/2011 par Ahmed
    III - L’anti-humanisme

    Merci Marion,
    Quant à la guerre menée par certains sur la véracité historique de vos écrits, il me semble que ce n’est ni le lieu ni l’objet de ce forum.
    Marion nous propose une saine refléxion, si toutefois des doutes sur la réalité historique semble discutable, tant mieux, mes documentons nous en silence et peut-être aurons nous l’occasion un jour de pouvoir en discuter autour d’une table, sereinement, à visage découvert !

     

    • #56538
      le 23/10/2011 par Marion
      III - L’anti-humanisme

      L’idée me semble bonne.
      Merci de vos encouragements, ils me vont au coeur.
      Marion


    • #56753
      le 23/10/2011 par duc de Guise
      III - L’anti-humanisme

      Drôle de conception de la liberté d’expression. Je n’ai qu’à la fermer . Le débat scientifique vous fatigue et vous préférez à la vigilance de l’esprit critique le ronron des belles histoires. Vous n’avez pas le monopole d’écrire l’histoire .
      Si j’ai pris comme pseudonyme le titre de Duc de Guise ce n’est pas par nostalgie ni par appartenance à je ne sais quelle caste. Mais je connais l’injustice qui est faite à la Ligue et l’usage idéologique de Las Casas par l’existence de travaux que j’ai mentionné . On sait que les guerres dites à tort de religions sont utilisés pour décribiliser par des penseurs comme Hobbes contemporain de Descartes la res publica christiana issue de l’Antiquité au profit d’une vision individualiste et libérale de l’homme. Le XVI et le XVIi sont des périodes tellement fondamentales pour comprendre notre modernité que je suis obligé de rappeller la complexité des enjeux idéologiques. Mes interventions ne sont motivées que par la trés haute estime que j’ai pour les orientations d’E&R . Mon attitude n’a rien de désobligeant pour Marion mais je ne fais qu’apporter un complément d’informations et exprimer des désaccords ce n’est pas la fin du monde


    • #56808
      le 23/10/2011 par Ben quoi ?
      III - L’anti-humanisme

      @Ahmed,
      Je suis en total désaccord avec vous. Le lieu me paraît parfaitement indiqué pour émettre des commentaires et discuter de tout ou partie des sujets abordés : c’est une véritable richesse. J’ai pour ma part trouvé autant d’intérêt à lire le sujet que les commentaires. Je ne comprends pas cette fermeture d’esprit qui ne joue pas en faveur de Marion qui s’accorde à votre propos.
      Je n’ai par ailleurs aucun avis sur le sujet, en ignorant pratiquement tout.


  • #56437
    le 22/10/2011 par derf
    III - L’anti-humanisme

    Merci Marion Sigaut de nous apporter votre point de vue et vos recherches.
    Salutation.
    Fred.


  • #58367
    le 27/10/2011 par mouloud
    III - L’anti-humanisme

    merci Marion. Je suis content de connaitre une version de l’histoire et des idéologies du XIII au XVIIIe siécle.
    1-J’en veux à l’école de ne pas m’avoir enseigné cela.
    (Sketch de Coluche : le militaire : "vous avez été à l’école ! Qu’est ce que vous avez appris ?"
    le conscrit : "rien ! si vous y aviez été, vous le sauriez !")
    2-De la part d’un profane à Duc De Guise : Marion donne une version de l’histoire mettant en jeu les idéologies, les rapports de force, les intérêts et les manipulations : autrement dit une histoire cohérente avec la nature humaine en opposition à l’histoire des dates, suite d’évènements dépourvue de toute logique. Pour un profane, c’est une première approche de qualité et pour vous, une chance de donner votre version. De mon point de vue, vous la contredites bille en tête et vos critiques (justes ou pas) ne tiennent pas compte de la difficulté de l’exercice de vulgarisation.
    3-Pour Duc De Guise et Marion : Votre débat montre que d’autres versions existent. Pour un novice, c’est riche : merci à tous les deux pour les ouvrages références.

     

    • #58911
      le 29/10/2011 par duc de Guise
      III - L’anti-humanisme

      à Mouloud : L’histoire qui organise les faits n’est jamais objective il n’y a que des points de vue. Nos livres scolaires témoignent toujours d’un parti pris. Le conflit entre historiens est inévitable. De plus un fait historique n’estpas une donnée empirique il se construit à partir d’archives. Et d’où vient une archive ? Avec Marion je ne vois pas où elle veut en venir qu’est ce qu’elle cherche à montrer ? Ce sont des questions de méthode. Elle présente toujours un seul point de vue et qu’estce qui détermine son choix d’un point de vue ? Par exemple le problème du "commencement" :Pourquoi commencer avec Henri IV ne pas parler d’abord de Philippe le Bel ? j’avoue que cela complexifie le récit mais elle aurait dû dire ses présupposés. On nous dit c’est une vulgarisation de l’histoire de France,alors on ne racontera que ce que l’on juge important de raconter en laissant dans l’ombre ce que l’on juge accessoire, car c’est impossible de raconter toute l’histoire donc on sélectionne.
      Sur Las Casas il existe une telle chape de plomb sur une remise en cause de la figure sacralisée de Las Casas que Marion est tombée dans le panneau en écrivant en note(en citant une autre historienne) qu’il était comme scandaleux que Las Casas ait pu faire appel à des esclaves, et pourtant c’est un fait qui fait consensus, et bien non cela ne peut être qu’un racontar des colons. Visiblement l’histoire officielle de Las Casas conforte en elle sa vision du monde :une église du côté des pauvres contre les méchants colons , elle a le droit mais en toute rigueurc’est son idéologie . Elle aurait du écrire une introduction et nous dire pourquoi elle s’intéresse à l’histoire, pourquoi "choisir" ce sujet mettre en jeu les avis différents , sinon on se laisse aller passivement à entendre de belles histoires.comme la légende dorée de Las Casas ..j’espère modestement avoir apporté une petite contribution méthodologique.


    • #60682
      le 03/11/2011 par mouloud
      III - L’anti-humanisme

      A Duc De Guise :
      j’ai lu vos remarques ("indiquer les présupposés" ou "commenter le choix du commencement") : elles me paraissent constructives. Marion a du y penser et faire ses choix.
      Pour le fond, Marion et vous m’avez donné des mots clés et des ouvrages références : merci à tous les deux.
      Sur l’histoire : c’est le téléphone arabe du temps. Je ne me fie pas à rien.
      Bonne route.


  • #59895
    le 01/11/2011 par Bruno
    III - L’anti-humanisme

    Je crains que vous ne jugiez la Compagnie du Saint-Sacrement avec vos lunettes de citoyenne d’une république laïque du début du XXIème siècle. La mentalité des gens du XVIIème nous est autant étrangère que celle d’un Sénateur romain de la République (la vraie et la seule digne d’admiration).

    Par contre il est une chose qu’on peut bien comprendre. Si la Compagnie finit par se heurter au pouvoir c’est pour des raisons politiques et non pour des raisons religieuses ou morales.


  • #89590
    le 23/01/2012 par YOUSSEF
    III - L’anti-humanisme

    Marion a raison : c’est l’opposition systématique à la monarchie, et les références fallacieuses à la Raison , qui vont faire le jeu de la Banque...
    Dés lors qu’on affaiblit continûment l’influence de l’Eglise catholique et que les parlementaires défient régulièrement la loi commune- rebaptisée "absolutisme royal" par la propagande républicaine-, on ouvre la porte à la bourgeoisie d’affaires ; laquelle n’aura de cesse par la suite de diviser pour régner, toujours avec les mêmes armes : mensonge, corruption, et "modernité" de façade pour de donner le beau rôle..Merci Marion pour vos articles, je ne me lasse pas de vous lire et je partage toutes vos idées...

     

    • #90557
      le 24/01/2012 par Marion
      III - L’anti-humanisme

      Je vois ça, et je serais tentée de dire que je partage les vôtres. Etonnant...
      Merci Youssef.