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VI - La justice du roi : les Grands jours d’Auvergne

De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants

Note de la rédaction

Sixième volet de la série d’articles proposée par Marion Sigaut.

Reportez-vous en bas de page pour consulter la série complète.

Quand le jeune Louis XIV prit le pouvoir en 1661, la vénalité des charges de fonction publique fonctionnait depuis un siècle et avait permis de recruter n’importe qui pourvu qu’il ait de quoi payer. L’édit de la Paulette, qui rendait ces charges héréditaires, avait eu pour conséquence que la plus grande partie de la fonction publique échappait totalement au choix et même au contrôle du gouvernement pour l’avancement ou la révocation des juges. C’est la raison pour laquelle Richelieu avait mis en selle les commissaires royaux que furent les intendants [1]. Ce sont eux qui alertèrent Colbert de ce qui se passait en Auvergne.

Laissés la bride sur le cou après la Fronde, les notables auvergnats faisaient régner sur la population une tyrannie atroce dont les victimes ne pouvaient se plaindre qu’aux coupables eux-mêmes. A Moulins par exemple, le présidial (tribunal dont la cour d’appel était le Parlement), était entièrement tenu par deux familles qui gonflaient éhontément tous les tarifs des actes de procédure et prenaient les gens à la gorge. A Saint-Flour, les juges exerçaient de « grandes concussions » sur ceux qu’ils étaient censés protéger : droits seigneuriaux indus, corvées impitoyables et servitudes multiples, ils faisaient payer sur tout et n’importe quoi, et usaient de l’assassinat pur et simple comme d’une solution normale à leurs problèmes.
Si un paysan rechignait à la corvée ou au paiement du cens, on lui saisissait ses moutons, ses bœufs, son grain. En cas de nécessité, le paysan empruntait au seigneur lui-même qui lui appliquait des taux hallucinants (jusqu’à 25%), augmentait indûment le capital dû, ajoutait des droits imaginaires (comme des « frais et droits » au moment même où il s’acquittait enfin de sa dette) etc. Il était ensuite saisi, arrêté et enfermé dans les culs de basse fosse où on le maltraitait.
A La Tour en Auvergne, une femme se plaignit un jour d’avoir été battue par un laboureur, Antoine Trogne. Les frères Jean et Michel Allègre, qui siégeaient au présidial, lui firent saisir sa paire de bœufs sans lesquels il fut réduit au chômage. Quand il demanda aux juges de Clermont la main-levée de la saisie, on exigea de lui encore une consignation de 30 livres. Même après qu’il eut payée, le greffier refusa de rendre les bêtes et lui réclama encore de l’argent qu’il n’avait pas. Antoine Trogne ne revit jamais ses bœufs et fut réduit à la mendicité.
Cette réduction à la mendicité par la saisie de l’outil de travail du laboureur, était courante : les paysans étaient ruinés pour avoir demandé justice.

Certains, comme la famille Canillac, se distinguèrent même par leur sadisme : échappant à toute justice, ils étaient insaisissables, comme sera la bête du Gévaudan au siècle suivant : ils maltraitaient les paysans les rançonnaient, les tuaient, les violaient, les torturaient.
La liste des exactions de ces notables pourris est interminable : sur toute la région, tout était entre leurs mains, ils se répartissaient même l’aumône des pauvres au détriment des « véritables pauvres réduits à la mendicité ». Couverte par les officiers de justice, la noblesse locale faisait ce qu’elle voulait en toute impunité.

A la fin de l’année 1664, le procès Fouquet achevé, le temps était venu pour le jeune roi d’aller établir son autorité en province. Dès le mois de janvier la riposte était prête, il fallut quelques mois encore pour qu’elle s’engage. Et c’est le 31 août 1665, que les autorités et les habitants de Clermont reçurent du roi le courrier suivant :
« La licence qu’une longue guerre a introduite dans nos provinces, et l’oppression que les pauvres en souffrent, nous ayant fait résoudre d’établir en notre ville de Clermont en Auvergne une Cour vulgairement appelée les Grands-Jours, composée des gens de haute probité et d’une expérience consommée, pour, en l’étendue du ressort que nous lui avons prescrit, connaître et juger de tous les crimes, punir ceux qui en seront coupables, et faire puissamment régner la justice… »
Le roi étendait sur la province son aile secourable et envoyait au centre de la France un tribunal extraordinaire constitué de commissaires extraits du Parlement de Paris, chargés d’aller réhabiliter la justice aux yeux des justiciables.

Sur le chemin de Paris à Clermont, Nicolas Potier de Novion, président de la cour, commença par faire libérer quantité de malheureux emprisonnés dans des conditions atroces pour des dettes de moins de 50 livres. Les juges qui l’accompagnaient étaient tous de familles émanant du Tiers et parvenues depuis deux générations grâce à la vénalité des charges et à sa transmission héréditaire : mais ils avaient été choisis pour leurs qualités personnelles et la confiance qu’ils inspiraient au roi et à Colbert. Leur équipage, constitué de seize conseillers accompagnés de leurs épouses, entra le 25 septembre 1665 dans Clermont. Il allait y rester cinq mois et y établir une justice totalement gratuite, une première !

Il fallut aux commissaires beaucoup de patience, de persuasion et de fermeté pour qu’enfin les victimes des abus viennent réclamer justice, la population redoutant les représailles quand la cour serait repartie.
Celle-ci frappa vite, et fort. A son arrivée à Clermont, la cour mit garnison chez le marquis de Canillac, le plus cynique, le plus sadique des maîtres de la région. Le père, absent, fut condamné par contumace, mais le fils fut arrêté le 19 octobre, alors qu’il était apparenté à Novion : il était le beau-frère de son gendre. Foin de passe-droit, il fallait que justice se fasse.
Les juges des Grands Jours instruisirent à charge et à décharge, selon la procédure inquisitoriale (c’est-à-dire « d’enquête »), et poursuivirent sans état d’âmes les coupables.

Le 10 décembre 1665, un arrêt dénonça les abus commis par les officiers, rappela les tarifs des frais, imposa la réforme des prisons et la tenue des greffes et des registres [2], l’appel obligatoire en cas de condamnation aux galères, la protection des amendes affectées au roi (et détournées en aumônes), les expertises à faire en cas d’infanticide… On voit que rien de tout cela n’était respecté.

Le 19 janvier 1666, les indélicats furent bannis, déclarés incapables et soumis à de fortes amendes. A la suite de l’arrêt, la cour leur rappela qu’ils avaient défense de mettre des scellés sur les biens des défunts sans requête des parties, défense d’obliger les filles mineures à prendre leur autorité pour leur mariage, défense de laisser vaguer les criminels, accusés ou déjà condamnés, et surtout de faire procéder à des exécutions par enlèvements de bestiaux et meubles en guise de salaires et vacations.
A l’audience du 22 janvier, vingt et un contumaces furent condamnés et trente le furent à celle du 30. Ce même jour, le jeune Charles de Canillac fut reconnu coupable de meurtre, condamné à mort et exécuté.

En quelques mois, les Grands Jours mirent de l’ordre dans tous ces abus, firent rendre gorge aux voleurs, raser les châteaux des assassins, rembourser les sommes indûment payées, réformer les prisons et libérer les malheureux qui y croupissaient, instaurer l’appel obligatoire en cas de condamnations graves, interdire la saisie des bêtes et meubles, et couper quelques têtes.

En imposant la loi commune contre la loi locale, le roi Louis XIV instaurait un système de protection du faible et de punition du fort qui abuse de sa force. Le retentissement des Grands Jours fut immense et montra au peuple ce que valait l’absolutisme royal contre les particularités locales.

Cette fois encore, Vive le roi !

Sources :
- Mémoires d’Esprit Fléchier sur les grands-jours d’Auvergne en 1665, annotés et augmentés d’un appendice par M. Chéruel, et précédés d’une notice, par M. Sainte-Beuve de l’Académie française. Hachette 1856.
- Arlette Lebigre, Les Grands jours d’Auvergne, Désordres et répression au XVIIe siècle Hachette 1976.

Voir aussi :

Octobre 2012
L’attentat de Damiens : Marion Sigaut invitée d’Au Coeur de l’Histoire sur Europe1
37
Janvier 2012
XVI – Turgot ou l’avènement du libéralisme : la fin de l’Ancien Régime
2ème partie, la dérégulation
40
Janvier 2012
XV – Turgot ou l’avènement du libéralisme : la fin de l’Ancien Régime
1ère partie, le pain du peuple.
33
Janvier 2012
XIV – L’humanisme des Lumières revisité : l’Encyclopédie
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
12
Décembre 2011
XIII – L’humanisme des Lumières revisité : Voltaire
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
24
Décembre 2011
XII – Le supplice de Damiens, ou le triomphe des barbares
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
45
Décembre 2011
XI - La guerre des juges contre l’Eglise
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
22
Décembre 2011
X - Le nouveau jansénisme
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
10
Novembre 2011
IX - Le tournant de la régence
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
35
Novembre 2011
VIII - Le satanisme au cœur de l’Etat : l’affaire des poisons.
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
29
Novembre 2011
VII – Malheur aux pauvres ! La création de l’Hôpital général.
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
11
Novembre 2011
V - La chasse aux sorcières
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
41
Octobre 2011
IV - Le jansénisme au Grand siècle
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
17
Octobre 2011
III - L’anti-humanisme
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
22
Octobre 2011
II L’humanisme
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
14
Octobre 2011
I. L’achèvement de la centralisation
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
31

Notes

[1] Voir le premier article de la série : I. L’achèvement de la centralisation.

[2] Cette volonté louisquatorzienne de faire tenir partout des registres d’entrées et de sortie fait le bonheur de l’historien.

 
 



Article ancien.
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22 Commentaires

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  • Merci Marion, c’est très passionnant.


    En me demandant ce que peut représenter 30 livres, j’ai trouvé sur wikipedia une estimation très grossière de la livre tournois, la monnaie la plus utilisée en France à cette époque. Mais qui n’était peut être pas celle utilisée en Auvergne ?
    Donc Wiki donne une estimation très grossière de sa valeur contemporaine : En 1684 une livre équivaudrait à 15 € de 2002.
    Alors, de ce fait spéculatif, 30 livres équivaudraient environ à la somme de 450 de nos euros... Ce qui parait quand même énorme pour une consignation adressée à un simple paysan, et ce même si elle est ordonné par un tyran suceur de sang.
    Suis-je totalement dans l’erreur d’avoir cherché de ce côté-là, ou bien, mystère et boule de gomme sur sa valeur, même qu’approximative ?

     

    • Il n’y a pas de règle d’or pour faire ce genre de conversion, votre démarche est la bonne, sachant qu’elle sera toujours approximative. Pour mes propres recherches, j’ai plusieurs fois utilisé la comparaison entre une somme et un salaire annuel par exemple, on peut aussi la faire en comparant le prix des denrées courantes, le pain évidemment.
      Pour ce qui concerne la consignation de 30 £ que j’évoque, on voit clairement qu’elle consistait pour ces prédateurs à ruiner un paysan pour tout lui prendre. On a bien compris.
      Bien à vous,
      Marion


  • Combien de fois le roi devra se déplacer lui-même pout faire respecter le droit ?
    Mais si l’édit de la paulette a engendré quantité d’aigrefins à mortier,que dire de la ferme générale qui s’est comporté avec autant de hargne envers le pauvre peuple pour se rembourser de ses avances de trésorerie (sachons que la gabelle était obligatoire même pour les régimes sans sel !!!).
    Très bonne étude en tout cas...merci à l’auteur !

    La France ressemblait à l’europe d’aujourd’hui....plusieurs nations,de grandes distances sans TGV et aussi peu de compréhension !!!

     

    • Le roi a envoyé plusieurs tribunaux de "Grands jours" dans d’autres villes, mais n’eut pas besoin de continuer plus avant : la sévérité de celui de Clermont eut un retentissement suffisant, même sans télé, ni TGV ni SMS.


  • Bonjour

    Ben non désolé , le roi est mort donc vive la France ...
    La royauté est un concept sioniste je trouve , l’idée qu’un simple mortel , soit "élu" et domine les autres est vraiment ringard ...
    Peu importe la personne , c’est le projet qui compte ...

     

    • La France sans le Roi n’est pas la France !

      Je vous rappelle que la France est née au soir du 25 décembre 496, lors du baptême de Clovis.

      La France s’incarne dans la personne royale.

      Ceci n’a rien de sioniste, ce qui l’est en revanche c’est 1789 la ripoublique mise en place par la FM est tout ce qui en découle.

      Donc crier "Vive la France" = "Vive le Roi", "Vive le Roi" = "Vive la France"


    • #65371

      "Je vous rappelle que la France est née au soir du 25 décembre 496, lors du baptême de Clovis."

      C’est marrant, mais moi, le 25 décembre 496, à part le premier royaume franc chrétien catholique, je ne vois pas ce qui a bien pu naître. La France ce n’est pas même la Francie, alors un royaume franc parmi plusieurs dizaines d’autres...
      Quant à la "ripoublique mise en place par la FM" (je suppose que FM signifie "franc-maçonnerie" ?), elle n’a rien de "sioniste" non plus, et la franc-maçonnerie aurait dans son immense majorité largement préféré la conservation de l’Ancien Régime, avec un chouïa plus de pouvoir aux instances judiciaires des provinces de France, que la République. Comptez donc le nombre de franc-maçons parmi les cadres de l’Ancien Régime, ceux de l’Empire des Français, les ultras de la Restauration et les parlementaires de la monarchie de Juillet, et comparez avec aujourd’hui, vous constaterez que depuis 1680, il ne s’est trouvé que deux moments où la franc-maçonnerie fut moins influente qu’à présent : la Ière République (y compris lors de la contre-révolution thermidorienne, étrangement) et le GPRF de 1944-1946.


    • La royauté un concept sioniste ! On aura tout vu.
      D’un seul coup toutes les conceptions traditionnelles bien antérieures historiquement au sionisme et même au judaïsme sont sionistes. Confucius sioniste, les rois africains sionistes, les rois de France et de Navarre sionistes, etc. Ca n’est pas parce que l’on a trouvé quelque chose que cette chose est authentique.


  • J’ai une question à tous les lecteurs ainsi qu’à l’auteur de l’article même si mon message est un peu HS.
    Je cherche actuellement à m’initier à la philosophie et à ses grandes écoles, quelqu’un pourrait-il me recommander un ou +ieurs livres sur la question (de vulgarisation, pas les textes originaux des philosophes que je connais) ?

     

  • Merci Marion pour ces 6 article passionnants, enrichissants, éclairants. Ils sont tout simplement beaux.


  • Quelle richesse dans ces articles et dans ces commentaires.
    Merci Marion pour ces articles enrichissants.
    Au plaisir de vous lire.


  • Merci Marion.
    Y’a t’il quelqu’un pour botter les fesses de Goldman Sachs... ? Allô... Allô ?

     

  • @ Alceste

    Bonjour

    Désolé vous faites fausse route , la France n’est jamais née un soir de Décembre 496 , à la rigueur un royaume Franc , parmis d’autres a su grâce à d’habiles manoeuvres tirer son épingle du jeu ...
    La France s’incarne avec la guillotine ( entre autres ) , le sang bleu n’existe pas !!!

    Une fois encore , peu importe la personne , c’est le projet qui compte ...

    Sinon c’est assez "drôle" ces articles nous faisant croire que l’Ancien Régime était une panacée ...


  • Le Roi ne "prend" pas le pouvoir. Il le reçoit.
    Sinon vive le Roi !


  • Ah si LOUIS XV avait tranché dans le vif, à l’exemple de son grand-père, et notamment dans la ^-sphère judiciaire, tout eût été différent, peut-être...

    Mais la différence fondamentale, outre les tempéraments trés différents des deux monarques, est que les philosophes et les jansénistes avaient la pleine maîtrise de la propagande et des médias de l’époque : le bien-aimé ne pouvait plus agir avec la même rigueur que son grand-père sans s’attirer les foudres du "public"...mais au fait, si on sait que la paysannerie- qui représentait tout de même 80% de la population- était traditionnellement attachée à la monarchie et à ses coutumes séculaires, on sait peu de choses en revanche sur l’adhésion, ou non, des ouvriers et des classes moyennes aux idées des "lumières"...Chère Marion, avez-vous quelque idée là-dessus ? les philosophes étaient-ils si populaires que cela ? Le public était-il dupe des effets de manches des jansénistes, des voltairiens ?

     

    • Très difficile de répondre. Je sais que la propagande janséniste a affirmé que le public était avec les juges dans toutes les querelles ecclésiastiques, mais l’historienne Catherine Maire démontre bien que c’était un public imaginaire auquel s’adressait Le Paige, le rédacteur des Nouvelles ecclésiastiques. Donc, honnêtement, je ne sais pas. Ce que j’ai compris, c’est qu’une partie de la propagande fonctionnait, puisque le public (Damiens et les siens par exemple, qui étaient gens du peuple), croyaient dur comme fer que l’archevêque tyrannisait les consciences, ce qui était de la calomnie.
      Par contre, je suis persuadée que le même peuple se fichait comme d’une guigne des élucubrations de Voltaire et consort qui ne s’adressaient jamais à eux. Leur influence sur le peuple leur revint par l’influence qu’ils eurent sur les sphères du pouvoir qui fit le choix du ministère Laverdy, puis Turgot. Avec les réactions qu’on a vues.
      Les Lumières ont prôné le libéralisme, et le peuple, comme un seul homme, leur a dit non.
      Mais comme le peuple c’était les imbéciles, on ne l’a pas écouté. Quand Louis XVI a compris, c’était trop tard.


  • La monarchie française, c’est le peuple ! afin d’affermir leur pouvoir, les rois de France avaient tout intérêt à se voir les souverains de plus grand nombre de gens possible- d’où l’abolition précoce du servage dans la majeure partie du royaume-, et tout intérêt aussi garder un oeil sur la justice- rétablissant régulièrement dans leurs droits des paysans victimes des injustices de seigneurs locaux : il est connu que les rois légiférèrent souvent contre les juges locaux, imposèrent des lits de justices, aidèrent aussi bien à mettre fin à d’antiques coutumes barbares dans les campagnes...
    Les Lumières ont été le masque humanitaire de la Banque, et en utilisant les mots de tolérance, de liberté de conscience, de Raison, ils ont réussi, en propagandistes opiniâtres, à se faire passer pour les fondateurs de la liberté- le mensonge, indéboulonnable, perdure jusqu’à nos jours...vous aurez beau hurler cette vérité, elle sera sans effet au dehors : essayez avec des profs par exemple...

     

  • ALAIN soral a bien raison quand il dit que les profs sont la catégorie socio-professionnelle la plus bête de france, mais ils ont des excuses : l’Education Nationale est sous influence trotskiste depuis Mai 68...peut-être que les suppressions de postes ’instituteurs ne sont pas une si mauvaise chose après tout...


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