Egalité et Réconciliation
https://www.egaliteetreconciliation.fr/
 
A A A
imprimer

VII – Malheur aux pauvres ! La création de l’Hôpital général.

De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants

Note de la rédaction

Septième volet de la série d’articles proposée par Marion Sigaut.

Reportez-vous en bas de page pour consulter la série complète.

Avant de rejoindre Paris, une fois leur travail accompli, les magistrats des Grands Jours [1] rédigèrent avec les autorités de Clermont le règlement pour la réformation de l’Hôpital-général, l’établissement destiné à recevoir les pauvres de la ville. C’est l’homologation de ce règlement qui mit fin à leur mission.

Depuis des décennies se posait régulièrement le problème de l’afflux, vers les villes, des gueux incontrôlables dont, au milieu du XVIIe siècle, la Fronde avait multiplié le nombre.
Si le Moyen-Âge fut bon aux miséreux, à l’époque moderne l’intolérance gagna et petit à petit la condition du mendiant en vint à être considérée comme un délit.
« Il n’y a donc moyen de nettoyer la République d’une telle ordure que de les envoyer en guerre ! » avait tonné Jean Bodin au siècle précédent.
En 1522 avait été créé à Paris le Grand bureau des pauvres, dont la tâche consistait à tenter d’éviter la mendicité agressive dont les cours des miracles donnaient une illustration. Mais le problème n’était pas réglé, et de nombreux projets furent tentés pour trouver une solution durable à ce que les nantis considéraient comme une agression insupportable.

La solution finalement retenue par le roi fut celle que préconisaient les dirigeants la Compagnie du Saint-Sacrement [2]. Celle-ci avait clairement exprimé que l’un de ses principaux objectifs était de procurer soulagement spirituel et temporel aux mendiants de Paris. L’aspect spirituel primait car, disaient-ils, « Ce fut la désolation des âmes de ces mendiants qui émut sa compassion et que le secours qu’elle désira de leur procurer regarda bien plus le salut éternel de ces pauvres que leur soulagement temporel, qui d’ailleurs ne leur manquait pas. »

S’il nous paraît aujourd’hui évident que la mendicité était la conséquence de la guerre et de la pression sur la paysannerie (qui pouvait avoir pour cause la saisie de l’outil de travail par des magistrats corrompus…), si on est en droit de voir la mendicité comme le choix de l’honnête homme qui refuse de voler, il en allait autrement chez ces donneurs de leçons : le mendiant refusait de travailler, c’est tout ce qu’il y avait à voir. Seuls les infirmes et les vieillards trouvaient grâce à leurs yeux, les autres n’avaient qu’à retrousser leurs manches. « La nécessité du menu peuple... ne procède à l’ordinaire que de l’oisiveté et la débauche » disait le confrère Charles Démia. Jamais de l’injustice ou de l’oppression. Salauds de pauvres !

Trop content de se défausser du problème sur une organisation qui ne demandait qu’à le prendre en charge, Louis XIV signa en avril 1656 les lettres-patentes d’établissement de l’Hôpital-général. Financé par charte privée, il fut confié à d’éminents magistrats du parlement de Paris qui se cooptèrent, et l’Etat put s’en laver les mains.
A Paris, on accorda aux directeurs poteaux, carcans, prisons et basses-fosses pour y appliquer leur justice sans aucune possibilité d’appel. Interdiction fut même faite d’écrire quoi que ce soit sur l’établissement sans autorisation expresse de ces messieurs.
En province, les bureaux étaient constitués des juges de la compétence des juridictions ordinaires : les mêmes qui continuaient encore si allègrement de brûler les sorcières se voyaient confier droit de vie et de mort sur les miséreux.

La nouvelle institution absorba d’un seul coup tous les précédents établissements s’occupant d’assistance, et entreprit de combattre la mendicité par seul motif de charité, mais « à peine du fouet, des galères et bannissement…  » La nuit noire s’abattait sur les pauvres du royaume. C’était l’invention d’un délit de pauvreté, une mise des nécessiteux sous la tutelle des notables. Toute la haine de l’homme et de la vie, qu’on a vu éclore dans la mouvance bigote et masochiste du mouvement anti-humaniste, put sans entrave s’exprimer dans ces horribles lieux de concentration de toute la souffrance du monde.

Voulu, conçu, mené à bien par la Compagnie du Saint-Sacrement, le projet avait été élaboré par les meilleurs juristes du Parlement de Paris. La magistrature parisienne investit totalement tous les postes de direction qu’elle garda jusqu’à la Révolution.
Les pouvoirs de la nouvelle administration étaient proportionnés aux interdits qui tombaient sur la population, celle des indigents et les autres.
Interdiction était faite de mendier sous quelque prétexte que ce soit, mais également de donner l’aumône sous peine d’amende. Interdiction était faite de loger les mendiants, c’est-à-dire de donner refuge à un miséreux sans abri. Toute personne tombée dans la misère avait obligation de se laisser enfermer, et tout acte de commisération était devenu un délit.
Le nouvel établissement prenait possession de tout ce que les institutions séculières et régulières (c’est-à-dire religieuses) collectaient d’aumônes en argent et en nature : l’Hôpital général devenait la seule destination possible de toute générosité publique ou privée. L’Eglise était d’un seul coup dépossédée de sa vocation à l’assistance.

L’esprit qui présidait à de tels articles voulait que l’hôpital soit le seul lieu, la seule destination, le seul organisme susceptible de s’occuper des pauvres. Tout soin, toute aide, tout secours émanant des particuliers ou de qui que ce soit, étaient devenus hors la loi.
C’est une dictature qui s’abattait sur la ville, le désespoir sur les pauvres du royaume.

L’idée étant de mettre les fainéants au travail, on ouvrit des manufactures dont les produits furent vendus au profit de l’établissement et les métiers protestèrent contre cette concurrence déloyale. Vaines alarmes des corporations : jamais ces manufactures ne furent rentables, tant la mauvaise volonté des enfermés y opposa de résistance. On sauvait leurs âmes en les réduisant en esclavage : en réponse, les enfermés salopaient le travail.

De la base au sommet du royaume, la population résista, immédiatement et jusqu’à la fin, à ces mesures iniques et inhumaines.
Pour commencer, les pauvres se dispensèrent de se présenter pour se faire enfermer, comme bien l’avait compris monsieur Vincent, qui refusa de donner ses prêtres à l’institution pour ne pas « assez connaître si le bon Dieu le veut [3]. » Mais surtout, le peuple français n’aime pas qu’on moleste ses pauvres : l’histoire des arrestations de mendiants est également celle de la résistance qu’y opposèrent les braves gens qui en étaient les témoins. Insultes et invectives, coups de poings ou de crocs, envoi de moellons ou des poignées de chaux vive depuis les échafaudages, la masse désarmée avait ses poings et savait manier le bâton, des fenêtres pleuvaient des pots de chambres et ce qu’ils contenaient. Les rébellions contre les arrestations furent telles que leur connaissance sera, après sept déclarations, ordonnances royaux et arrêts du Parlement, attribuée en 1724 au Lieutenant général de police, et qu’elles continueront ensuite.

L’intérêt que trouva le roi, puis son dévoué Colbert, à voir mettre au travail tous les désœuvrés du royaume est criant. En 1666, ce dernier demanda un accroissement de la répression contre les mendiants, et le développement de manufactures de femmes.
A Lyon, il est patent que l’hôpital général permettait de loger les ouvriers en soie en dehors de la saison d’activité, évitant ainsi l’exode saisonnier. Le renfermement était une aubaine pour un pouvoir fort peu soucieux du bien-être de ses marginaux, mais très préoccupé de l’enrichissement de ses manufactures.

Or, et c’est là le point le plus surprenant, personne n’avait le droit de savoir de combien disposait l’hôpital ni à quoi lui servait son argent : les directeurs étaient seuls à décider du recrutement d’un receveur qui prêtait serment au Parlement mais n’était comptable qu’au bureau. Ainsi en avait voulu le roi en avril 1657 : « Faisant défense à toutes autres personnes qu’aux directeurs, de prendre connaissance des revenus, comptes et biens, présents et à venir et que quelque qualité qu’ils soient.  »

Comment cela s’accordait-il avec l’absolutisme royal ?

On pouvait faire travailler les indigents dans des manufactures sans laisser à des bigots incontrôlables et à des magistrats prompts à la rébellion, droit de vie et de mort sur la part la plus fragile du pays. Et surtout sans les laisser ainsi gérer des fonds considérables hors de tout contrôle.

Quand Louis XIV arriva au pouvoir, la défaite des parlements était consommée. Entre la fin de la Fronde (1652) et l’inauguration de l’hôpital général (1656), quatre ans seulement s’étaient écoulés. Il n’y eut même pas de délai entre la soumission des notables auvergnats et l’homologation de l’Hôpital-général local : les deux furent concomitants.
Sans l’ombre d’une autorité de contrôle extérieur, le roi laissait les robins et leurs cliques, évincés du pouvoir par le renforcement de la centralisation, instaurer ordre moral, dévotions obligatoires et travail forcé sur la partie la plus vulnérable du royaume.
Seule la grande jeunesse de Louis XIV, qui n’avait pas encore commencé son règne personnel en 1656, peut expliquer qu’il ait pu signer un texte aussi contraire à tout ce qui ferait sa politique à venir.
Car il est inconcevable qu’une monarchie, qui se voulait absolue, ait abdiqué ainsi tant de pouvoir au bénéfice d’une caste réputée rebelle.

Il est permis de se demander si une telle délégation de pouvoir, hors de tout contrôle, n’est pas l’os à ronger que Louis XIV aurait donné aux magistrats, enfin mâtés, à titre de compensation.
Pour avoir la paix.

Louis XV, lui, allait avoir la guerre. Et la royauté allait la perdre.

(A suivre…)

Pour commander "La Marche rouge, les enfants perdus de l’Hôpital général" de Marion Sigaut sur KontreKulture

Sources
- Marion Sigaut, La Marche rouge, les enfants perdus de l’Hôpital général, Chambon, Paris, 2008.
- Code de l’Hôpital général de Paris, ou recueil des principaux édits, arrêts, déclarations et règlements qui le concernent, ainsi que les maisons et hôpitaux réunis à son administration. Paris, imprimerie de la Veuve Thivoust, imprimeur du Roi, 1786.
- Jean Imbert, Histoire des hôpitaux en France, Privat 1982, p. 178 Christian Paultre, De la répression de la mendicité et du vagabondage en France dans l’Ancien régime. Slatkine 1975
- Jean Nicolas, La Rébellion française, Mouvements populaires et conscience sociale 1661-1789, UH/Seuil.

Voir aussi :

Octobre 2012
L’attentat de Damiens : Marion Sigaut invitée d’Au Coeur de l’Histoire sur Europe1
37
Janvier 2012
XVI – Turgot ou l’avènement du libéralisme : la fin de l’Ancien Régime
2ème partie, la dérégulation
40
Janvier 2012
XV – Turgot ou l’avènement du libéralisme : la fin de l’Ancien Régime
1ère partie, le pain du peuple.
33
Janvier 2012
XIV – L’humanisme des Lumières revisité : l’Encyclopédie
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
12
Décembre 2011
XIII – L’humanisme des Lumières revisité : Voltaire
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
24
Décembre 2011
XII – Le supplice de Damiens, ou le triomphe des barbares
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
45
Décembre 2011
XI - La guerre des juges contre l’Eglise
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
22
Décembre 2011
X - Le nouveau jansénisme
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
10
Novembre 2011
IX - Le tournant de la régence
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
35
Novembre 2011
VIII - Le satanisme au cœur de l’Etat : l’affaire des poisons.
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
29
Novembre 2011
VI - La justice du roi : les Grands jours d’Auvergne
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
22
Novembre 2011
V - La chasse aux sorcières
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
41
Octobre 2011
IV - Le jansénisme au Grand siècle
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
17
Octobre 2011
III - L’anti-humanisme
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
22
Octobre 2011
II L’humanisme
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
14
Octobre 2011
I. L’achèvement de la centralisation
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
31

Notes

[1] Voir l’article VI - La justice du roi : les Grands jours d’Auvergne.

[2] Voir l’article III - L’anti-humanisme

[3] En 1738, le Parlement de Paris refusera d’enregistrer la bulle de canonisation de Saint-Vincent de Paul. Messieurs avaient la rancune tenace.

 
 



Article ancien.
Les commentaires sont désactivés



Alerter

11 Commentaires

AVERTISSEMENT !

Eu égard au climat délétère actuel, nous ne validerons plus aucun commentaire ne respectant pas de manière stricte la charte E&R :

- Aucun message à caractère raciste ou contrevenant à la loi
- Aucun appel à la violence ou à la haine, ni d'insultes
- Commentaire rédigé en bon français et sans fautes d'orthographe

Quoi qu'il advienne, les modérateurs n'auront en aucune manière à justifier leurs décisions.

Tous les commentaires appartiennent à leurs auteurs respectifs et ne sauraient engager la responsabilité de l'association Egalité & Réconciliation ou ses représentants.

  • il est interressant de constater que l’angleterre du XIXe siècle avait prit la même direction avec le bureau des pauvres et les "Work houses" si bien décrite par Dickens...les prisons pour pauvres quand une bourgeoisie refusait de considerer un problème autrement que par un artifice geo-mathematique (tant de pauvres=tant de murs).

    La mal nommé compagnie du st sacrement etait bien l’ancêtre de tous ces égrefins politicard vendant un programme comme un produit contre privilèges et argent à ceux qui ont autre chose à penser ou à faire et jamais suivre les pas de monsieur Vincent !


  • Une intéressante mise en perspective.
    Je reste sur ma faim néanmoins quant au rôle de la lieutenance générale de police. Loin de se cantonner aux rôles actuels de police administrative et de police judiciaire la lieutenance générale de police était, à l’époque où la charge fut occupée par Nicolas de La Reynie (et, dans une moindre mesure, par ses successeurs jusqu’à Herault), une institution garante de la bonne gestion publique dans les villes. Cela impliquait certes des missions de répression (notamment liées au respect de la religion, des bonnes mœurs et de la tranquillité publique) mais aussi des missions d’administration, et spécifiquement d’organisation des approvisionnements et vivres, de régulation du commerce et de gestion de la pauvreté.

     

    • Ce que vous dites est totalement exact pour toutes les attributions de la lieutenance générale de police, à l’exception près de l’hôpital général justement. Ce sont Messieurs du Parlement qui dirigeaient l’institution, exclusivement, et jalousement.
      Louis XIV avait créé la lieutenance pour qu’elle échappe au Parlement (elle ne dépendait que de lui-même), mais personne n’a jamais réussi à contrôler si peu que ce fût l’Hôpital général. Jamais.
      Moults détails dans mon livre "La Marche rouge"...


    • J’admets ne jamais avoir étudié l’activité de l’Hôpital Général, dont je connaissais l’existence et l’importance sans soupçonner l’ampleur de son pouvoir (comme vous dites dans l’article, on a vraiment du mal à comprendre cette concentration de pouvoir sans contrôle). Néanmoins, il me paraît difficile à croire qu’à défaut d’avoir jamais "contrôlé" l’Hôpital Général, le Lieutenant Général de police n’ai joué vis-à-vis de cette instance qu’un simple rôle d’auxiliaire de répression.


    • C’est pourtant le cas. Concernant les prostituées par exemple, il les faisait rafler et les faisait emmener à la Salpêtrière où elles entraient dans une véritable zone de non-droit. Messieurs du Parlement avaient là un pouvoir absolu, sans contrôle, sans limite.
      Quand, à partir de 1746, Louis XV enverra l’archevêque de Paris y siéger (ce qu’il faisait en théorie mais jamais en pratique), le Parlement se mettra en grève et paralysera tout le système judiciaire.
      Je ne suis pas surprise que vous ne connaissiez pas, tant les contemporains, et les historiens du siècle suivant ont pu mentir ! Prenez Michelet par exemple, sa version de l’affaire de l’hôpital général est un monument de mauvaise foi qui montre que l’anticléricalisme ne rend pas intelligent.
      Quant à la version de Voltaire, dont tant de gens se sont inspirés, elle est inique : il profère à peu près une contre-vérité par mot, absolument tout ce qu’il dit est mensonger. Le crédit qu’on accorde à ce monsieur laisse songeur...

      Voir La Marche rouge.


  • #65760
    le 17/11/2011 par Raphaël Zacharie de IZARRA
    VII – Malheur aux pauvres ! La création de l’Hôpital général.

    Moi j’ai peu d’argent, je dépense ce que je dépense mais je ne me plains pas auprès des politiques, je n’accuse pas la société de m’abandonner, je ne suis pas ingrat envers elle ! Au contraire je lui suis reconnaissant, je la remercie de me protéger, même avec moins de 800 euros mensuels. Je suis content de mon sort en me satisfaisant amplement de ce que j’ai ! Voilà la différence avec ces éternels geignards repus qui se disent victimes de l’injustice sociale alors qu’il sont les premiers bénéficiaires de la JUSTICE SOCIALE !

    Je ne connais personne en France qui ne mange pas à sa faim. Même les SDF ont des gros chiens qui mangent comme quatre et bénéficient des soins vétérinaires !

    Les mendiants sont des faux pauvres à mes yeux et leurs mendicité est abusive, malhonnête car il existe des aides sociales de toutes sortes -étatiques ou privées- pour les plus démunis. Un mendiant en France pour moi c’est un parasite, un menteur, un escroc. Nul besoin de tendre la main dans la rue dans notre pays : il y a assez de richesses, de surplus alimentaires et de justice sociale pour les plus nécessiteux. La mendicité est un luxe pour privilégiés qui profitent à la fois du système social de solidarité et de la naïveté des gens qui croient à leur pauvreté.

    Les SDF mendient non surtout pour s’alimenter mais essentiellement pour se payer leur abonnement de téléphone portable, acheter leurs cigarettes et leur bière et jouer au tiercé (ou à des jeux de grattage).

    Avec moins de 800 euros mensuels de revenus je suis considéré comme un pauvre selon les critères actuels de la société française. Or avec mes moins de 800 euros mensuels je me considère à titre personnel comme un pacha jouissant à satiété de biens de consommation merveilleux et innombrables.

    Mais le “pire”, c’est qu’avec ma prétendue pauvreté je suis HEUREUX.

    Quelle indécence de se plaindre et de crier à l’injustice quand on touche l’équivalent de mon revenu mensuel, voire deux, trois fois plus !

    (Certains SDF gagnent même peut-être plus que moi. A vérifier).

    Raphaël Zacharie de IZARRA

     

    • Soit c’est une blague, soit t’es un de ces esclaves heureux, nègres de maison fiers de leur situation médiocre, toujours prêts à défendre leurs oppresseurs et à flinguer leurs "frères de classe". C’est le syndrome du larbin si je ne me trompe pas :D


  • Merci Marion.
    Il est bon de rétablir une certaine vérité historique (j’espère !), du rôle joué par l’Hôpital général, ses dérives... plutôt surprenantes pour moi !!
    Au plaisir de vous lire.


  • Marion, je t’aime !


  • Ce tableau dantesque rappelle bien des choses ... actuelles, avec toutes ces réglementations qui empêche que l’on sache, que l’on parle, que l’on critique, qui donne de facto une puissance totalitaire à une camarilla. Le tout, d’une totale inhumanité administrative (ici il est utile de relire "Modernité et holocauste de Zygmunt Bauman), drapé de moralisme "hygiéniste" (avant la lettre) et de pouvoir "calotin" (au sens large et adaptable du terme). C’est fou comme ça rappelle des choses actuelles .... et on sent qu’on s’y dirigerait facilement vers une société comme ça.
    Et aussi la solidarité et l’indignation du peuple (qu’on a vu à l’oeuvre en France lors de certains incidents policiers, généralement non médiatisés ...).
    Bref Louis XIV et son gouvernement avait inventé ce que dans un autre pays on rendit célèbre sus le nom de Goulag (et aux USA actuels Prison Industrial Complex).
    Et les manuels d’histoire ne nous parlaient pas de ça (les fastes des courtisans c’est tellement plus interessant). D’où on voit une fois de plus l’importance de l’étude de l’histoire ; ce n’est pas d’une diminution des heures d’histoire qu’ont besoin des lycéens, mais de leur augmentation.


  • Merci à Marion pour ces rubriques passionnantes !

    et dire que l’enfumage dure depuis 200 ans...l’obscurantisme n’est pas là où on croit, c’est un truisme que de le dire !