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XVI – Turgot ou l’avènement du libéralisme : la fin de l’Ancien Régime

2ème partie, la dérégulation

Note de la rédaction

Fin de la série "De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants".

Nous remercions chaleureusement Marion Sigaut pour nous avoir offert ces articles passionnants, et vous invitons à poursuivre l’aventure, en vous reportant à ses ouvrages

Vous pouvez retrouver l’ensemble de cette série sur cette page, n’hésitez pas à la relayer.

Mardi 2 mai 1775 au matin, Turgot et Maurepas étaient à Paris où, disait-on, l’agitation gagnait quand le roi, partant pour la chasse, aperçut de loin une foule de gens armés de bâtons qui arrivaient sur la route de Saint-Germain. Privé des conseils de son ministre, il rebroussa chemin et décida de faire face. Il fit fermer les grilles du château, et donna au prince de Beauveau l’ordre de rassembler ses troupes à qui il interdit formellement de tirer.
« Du pain ! Du pain ! » criait la foule massée devant les grilles, brandissant des quignons de pain moisi qu’on avait prétendu leur vendre.
Faisant front, Louis XVI parut au balcon et voulut parler, mais les clameurs l’en empêchèrent. Bouleversé, il regagna sa chambre, en larmes.
Son mouvement naturel le poussait à céder aux désirs de la foule. Mais cela faisait dix mois qu’une garde rapprochée le persuadait que c’était une erreur et que seule la liberté du commerce allait, c’était une question de temps, tout réguler.
A onze heures du matin il écrivit à Turgot que Versailles était attaqué : « Vous pouvez compter sur ma fermeté ».
Suivi de sa troupe à laquelle il avait interdit de tirer, le prince de Beauveau apparut enfin et brava la foule hostile. Alors qu’il tentait de parlementer, on le couvrit de farine avariée. Il parvint finalement à prendre la parole :
- A combien voulez-vous qu’on fixe le prix du pain ?
- A deux sous ! cria la foule
- Eh bien ! soit, à deux sous concéda-t-il enfin, rétablissant immédiatement le calme.
C’était aussi simple que ça : il alla faire savoir au roi que l’émeute se calmait et que les émeutiers étaient partis se faire servir le pain à deux sous.
- Sotte manœuvre ! gronda sa majesté.
A quoi le prince répondit, avec sagesse, qu’il ne voyait pas le milieu entre leur faire cette concession et les forcer à coups de baïonnettes. Est-ce ça que voulait sa Majesté ?
« Il faut prendre les plus grandes précautions pour qu’ils ne reviennent pas faire la loi, écrivit le roi à Turgot dans une seconde missive. Mandez-moi quelles elles pourraient être, car cela est très embarrassant. »

C’était le moins qu’on puisse dire.

Mercredi 3 mai l’émeute atteignit Paris où les boulangeries furent mises au pillage. La police réagit mollement, certains policiers aidèrent même les mutins – des ouvriers n’ayant que leur salaire pour vivre - à ouvrir des boutiques et à se servir.
Cette attitude était la norme, puisque depuis qu’elle existait la police veillait à la bonne distribution des subsistances. De plus, aucune violence ne fut faite contre les personnes ni mêmes les biens, on vola du pain pour le manger.
A 7 h du soir c’était fini.
Il ne fallait pas en rester là, Turgot était furieux. De retour à Versailles, il réunit le Conseil en urgence et réprimanda violemment le Lieutenant général de police Lenoir qu’il destitua sur le champ et remplaça par son ami Albert. Il destitua également le commandant du guet à pied et à cheval et le remplaça par le maréchal de Biron qu’il chargea de mettre Paris en état de guerre.
« Ceux qui continueront de s’attrouper encourront la peine de mort, et seront les contrevenants arrêtés et jugés sur le champ. Tous ceux qui, dorénavant, quitteront leurs paroisses sans être munis d’une attestation de bonne vie et mœurs, signée de leurs curés et du syndic de leur communauté, seront poursuivis et jugés prévôtalement, suivant la rigueur des ordonnances ».
Au moment de signer cette inimaginable atteinte à la liberté de circuler des personnes pour assurer la libre circulation des grains, Louis XVI, noué d’angoisse, murmura : « Au moins, nous n’avons rien à nous reprocher ? »
Pauvre jeune roi, qui commençait à comprendre…

Une justice prévôtale d’exception fut hâtivement mise sur pied pour empêcher le Parlement d’en connaître. A Paris il fut procédé à un millier d’arrestations, et le 11 mai à 15h, on fit comme on avait fait en 1750 : on pendit deux innocents [1]. La troupe faisait une haie infranchissable entre les exécuteurs et la foule, et celle-ci, répondant aux hurlements de Jean Desportes et Jean-Charles Lesguille qui se débattaient désespérément, hurla « Grâce ! Grâce ! »
Comme avait fait son grand-père lors de l’affaire des enlèvements d’enfants, Louis XVI laissa faire.
Quelques jours plus tard on trouva, affiché au palais à Versailles, un menaçant placard qui disait : « Si le pain ne diminue pas et si le ministère n’est changé, nous mettrons le feu aux quatre coins du château. » et quelqu’un entendit clairement crier dans les couloirs : « Louis XVI sera sacré le 11 Juin et massacré le 12 ! »

Incapable de prendre en compte la volonté du peuple, Turgot accusa Necker d’avoir fomenté contre lui un complot. Le diplomate genevois avait en effet commis un livre dans lequel il disait son opposition à la libre circulation des subsistances et, malgré tous les efforts entrepris pour en empêcher la parution (censure, menaces et pressions sur Genève pour faire désavouer son ministre), le livre circula. Turgot ignora bien sûr que la plupart des émeutiers ne lisaient pas, et a fortiori pas du Necker.

Voltaire se surpassa. Décidé à défendre le libéralisme comme il avait défendu Calas, il commit un prétendu reportage appelé La Diatribe, dans lequel il raconta comme s’il y était (il n’avait pas quitté Ferney) comment des ecclésiastiques véreux agitaient la populace : «  Quand nous approchâmes de Pontoise, nous fûmes tous étonnés de voir environ 10 à 15 000 paysans qui couraient comme des fous et qui criaient « les blés, les marchés ! les marchés, les blés ! » Ils s’arrêtaient à chaque moulin, le démolissaient en un clin d’œil et jetaient blé, farine et son à la rivière. Un petit prêtre leur suggérait d’une voix de stentor : - saccageons tout mes amis, Dieu le veut ! »

Une fois le calme revenu, Turgot accomplit une autre réforme qui lui tenait à cœur : « Affranchir nos sujets de toutes les atteintes portées au droit inaliénable de l’humanité ».
Ce droit était celui de travailler, mis à mal, disaient les économistes, par l’ensemble des réglementations et obligations qui régissaient les métiers sous la forme des corporations.
Il abolit jurandes et maîtrises.
La « liberté du travail » ainsi acquise fit souffler sur le monde ouvrier un vent d’euphorie : du jour au lendemain, chacun put se dire son maître et ne plus rien devoir à son patron.
Des voix s’élevèrent pour dire que la liberté ainsi acquise verrait inévitablement le triomphe de la grande entreprise aux dépens de la liberté des petites et moyennes, on annonça même l’exode rural et la misère qui toucherait toutes ces populations livrées à la rapacité des nouveaux maîtres.
Turgot voyait clair à cet égard, puisque l’article 14 de son décret défendait à tous de former aucune association ni assemblée entre eux, sous quelque prétexte que ce soit : la future loi Le Chapelier, qui allait quinze ans plus tard livrer, pieds et poings liés, le monde ouvrier prolétarisé à la bourgeoisie, était déjà rédigée.
D’autres voix firent valoir que la qualité du travail se ressentirait de cette foire d’empoigne, et que le consommateur en pâtirait. Pour toute réponse à ces arguments frappés au coin du bon sens, Turgot ordonna la suppression de tous les écrits publiés pour la défense des corporations.

Le jour où la loi fut discutée en Lit de justice, le roi fut frappé de s’entendre dire qu’il s’apprêtait à détruire l’œuvre d’Henri IV et Louis XIV. Dans les courriers qu’il lui adressait, Turgot ne cessait de prétendre tirer un trait sur ce qu’avaient fait ses ancêtres dans des temps d’ignorance et de barbarie.
Ignorants et barbares, ses aïeux ? Vraiment ?
Déchaîné, le sage Turgot qui avait tant séduit Sa Majesté par sa calme assurance, parlait à présent de révoquer les intendants et de mettre les agités de Paris à Bicêtre. Il envoya au roi un Mémoire sur les municipalités dans lequel il proposait de créer des assemblées municipales élues par des propriétaires jouissant d’un certain revenu, qui éliraient à leur tour des représentants arrivant jusqu’au roi.
Beaucoup plus intelligent qu’on ne l’a dit, et viscéralement attaché au bien commun, le roi comprit où Turgot voulait le mener.
L’opinion se déchaînait contre le ministre qu’on accusait de rouler pour l’Angleterre (était-ce dénué de fondement ?) et contre lequel des pamphlets féroces circulaient : « On le croyait profond, il était creux… Si on lui en laisse le loisir, il renversera la monarchie et restera seul debout au milieu des ruines. »

Le 12 mai 1776, Turgot fut disgracié et le malheureux Voltaire s’arracha les cheveux : « Un vieillard d’environ 83 ans est près de mourir quand il apprend de telles nouvelles » s’époumona-t-il.
Au mois d’août suivant, le roi rétablissait la corvée (impôt en nature que Turgot avait remplacée par un impôt en argent), les corporations et bientôt la police des grains.

L’échec de Turgot fut très relatif, puisque tout son système fut appliqué à la lettre quatorze ans plus tard, et qu’il a fait depuis le tour du monde.
Il avait mis en pratique les préceptes développés par Quesnay et Le Mercier de la Rivière, tous deux véritablement à l’origine des théories physiocratiques.
Il importe de savoir que le premier avait autant d’autorité à parler d’économie qu’il en eut à pratiquer la médecine. On sait qu’il soignait la marquise par des tisanes, et la seule expérience « scientifique » qu’il tenta fut de mettre à sécher un morceau de viande et de constater qu’elle avait perdu cinq sixièmes de son poids [2].
Quant à Le Mercier, il inventa son système en observant la société esclavagiste dont il avait la charge, puisqu’il était intendant de la Martinique [3].
Un charlatan et un négrier avaient théorisé la manière de renverser l’ordre ancien.
Un intellectuel dogmatique et coupé des réalités sociales entreprit de la mettre en pratique.
Un roi trop jeune et mal préparé à régner tenta l’expérience.
Quand il comprit, le mal était fait et les idées nouvelles, propagées par les encyclopédistes, passaient pour des vérités révélées qu’une Église à genoux ne pouvait plus combattre.

La suite est l’histoire d’un autre monde. Celui dans lequel nous vivons.

Fin de la série.

Sources :
- Cohen Déborah, de l’Institut Universitaire de Florence, « Le débat sur le commerce du blé (1768-1775) : formes et porteurs légitimes de la rationalité en question ».
- Condorcet, Œuvres de Condorcet, Firmin Didot Frères, Paris 1847. Croÿ, Emmanuel duc de, Journal inédit du duc de Croÿ.
  • Gauthier Florence,
    • « Tribulations ministérielles », Université Paris 7-Denis Diderot, publié dans Utopie Critique, n° 37, mai 2006.
    • La Voie paysanne dans la révolution française, l’exemple picard. Maspéro 1977.
    • « A l’origine de la théorie physiocratique du capitalisme, la plantation esclavagiste. L’expérience de Le Mercier de la Rivière, intendant de la Martinique ».

- Gignoux, C.J. Turgot,. Ljublinski Vladimir, La Guerre des farines, Contribution à l’histoire de la lutte des classes en France, à la veille de la Révolution
- Kaplan, Steven L. La fin des corporations, Fayard, 2001.
- Manceron Claude, Les Hommes de la liberté, 1774/1797
- Marmontel Jean-François, Mémoires d’un père pour servir à l’instruction de ses enfants.
- Necker, Jacques, Sur la législation et le commerce des grains Rivière, Hippolyte Ferréol, Précis historique et critique de la législation française sur le commerce des céréales et des mesures d’administration prises dans les temps de cherté.
- Say Léon (1826-1896), Turgot.
- Ségur, Marquis de, Au couchant de la monarchie, Louis XVI et Turgot (1774-1776),
- Steiner Philippe, Le débat sur la liberté du commerce des grains (1750-1775)

  • Turgot, Anne Robert Jacques,
    • Mémoire sur les moyens de procurer, par une augmentation de travail, des ressources au peuple de Paris, dans le cas d’une augmentation dans le prix des Denrées, Paris 1er mai 1775.
    • Lettres sur les émeutes populaires que cause la cherté des bleds, et sur les précautions du moment, 1768, .
    • Œuvres de Turgot, Guillaumin, libraire, 1844.

- Vardi Liana, “Physiocracy’s Scientific Fallacies”, Conference on French Political Economy.
- Voltaire, Œuvres complètes, La Diatribe.
- Wilson Arthur M., Diderot, Sa vie et son œuvre, Editions Ramsay, Bouquins, Paris 1985.
- La Guerre du blé au XVIIIe siècle, par E.P. Thomson, V. Bertrand, C.A. Bouton, F. Gauthier, D. Hunt, G.R. Ikni, Les éditions de la Passion, 1988.

Voir aussi :

Octobre 2012
L’attentat de Damiens : Marion Sigaut invitée d’Au Coeur de l’Histoire sur Europe1
37
Janvier 2012
XV – Turgot ou l’avènement du libéralisme : la fin de l’Ancien Régime
1ère partie, le pain du peuple.
33
Janvier 2012
XIV – L’humanisme des Lumières revisité : l’Encyclopédie
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
12
Décembre 2011
XIII – L’humanisme des Lumières revisité : Voltaire
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
24
Décembre 2011
XII – Le supplice de Damiens, ou le triomphe des barbares
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
45
Décembre 2011
XI - La guerre des juges contre l’Eglise
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
22
Décembre 2011
X - Le nouveau jansénisme
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
10
Novembre 2011
IX - Le tournant de la régence
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
35
Novembre 2011
VIII - Le satanisme au cœur de l’Etat : l’affaire des poisons.
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
29
Novembre 2011
VII – Malheur aux pauvres ! La création de l’Hôpital général.
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
11
Novembre 2011
VI - La justice du roi : les Grands jours d’Auvergne
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
22
Novembre 2011
V - La chasse aux sorcières
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
41
Octobre 2011
IV - Le jansénisme au Grand siècle
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
17
Octobre 2011
III - L’anti-humanisme
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
22
Octobre 2011
II L’humanisme
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
14
Octobre 2011
I. L’achèvement de la centralisation
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
31

Notes

[1] voir La Marche rouge

[2] Voir l’article de Liana Vardi, “Physiocracy’s Scientific Fallacies”, ou « La mystification scientifique des physiocrates ».

[3] Florence Gauthier : « A l’origine de la théorie physiocratique du capitalisme, la plantation esclavagiste. L’expérience de Le Mercier de la Rivière, intendant de la Martinique ».

 
 



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40 Commentaires

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  • A noter que même 14 ans plus tard, il fallut tout de même un certain temps pour que cette logique s’impose. Si les corporations supprimées en 1789 n’ont jamais été rétablies (ce que je juge positif, le système corporatif étant loin d’être la panacée, surtout vu ce qu’en était la réalité à partir du XVIème siècle), il a fallu attendre 1795 pour que les doctrines économiques des physiocrates sur l’auto-régulation des marchés s’imposent réellement après la fin de la Terreur.

    En tous cas, je note que Val ou BHL sont décidément tout à fait dans le vrai lorsqu’ils se décrivent comme des "voltairiens".

     

    • La totale liberté du commerce des grains a été décrétée le 19 août 1789, et la loi martiale s’y rapportant le 21 octobre suivant. Les corporations, c’est-à-dire tout ce qui tenait lieu de législation du travail furent abolies de fait le 4 août lors de l’abolition des privilèges, et de droit le 2 mars 1791 par le décret d’Allarde.
      Toutes les manifestations populaires de la Révolution ont eu pour raison le pain, le pain, le prix du pain, la qualité et la quantité du pain. Lisez les mémoires de Bailly du début de la Révolution, il ne parle que de ça au fil des pages.
      Les théories physiocratiques ont été appliquées à la lettre par l’assemblée constituante dès son instauration, et la résistance populaire a été concomitante. La réponse des autorités a consisté à créer des ateliers nationaux humiliants pour ces anciens ouvriers incorporés devenus orphelins de leurs corporations abolies au nom de la modernité.
      Des réformes (fiscales notamment) étaient possibles pour améliorer les corporations qui avaient bien besoin de l’être. La révolution fit le choix de l’abolition qui prolétarisa un monde jusque là protégé. L’addition de la fin des corporations et de la liberté du commerce des grains a fondu sur le monde ouvrier comme la foudre. La haine et la violence en furent la conséquence.


    • Liberté du commerce des grains+loi martiale+....assignats obligatoires...payer ses sacs en monnaie de singe n’est pas une aussi mauvaise affaire...tant qu’il en a à vendre !!

      Turgot était un dictateur
      Louis XVI n’était pas vraiment au courant de l’affaire mais y voyait suffisament clair pour réagir enfin !
      Et,heureusement pour lui,il n’avait pas encore dissous ses régiments de la maison du roi (mousquetaires,écossais,gendarmes)....ce qu’il lui a manqué en 1789 !

      Comment ça:fini ?....Au boulot Marion !....Necker,Calonne et Loménie....la suite,vite,ou je tue le chat !!!!


    • Il va falloir tuer le chat mon cher Spirit, parce que la série s’arrête là.
      La suite, je travaille dessus pour un prochain bouquin, et ça va me prendre du temps, beaucoup de temps.
      Ce que j’ai livré ici est le fruit du travail de ces dernières années.
      Alors bon vent et à une prochaine fois, et en attendant, fichez donc la paix au chat ! J’adore ces petites bêtes si câlines...
      Et merci de tous ces commentaires qui m’ont ravie.


    • La loi martiale dans son intégralité (loi Le Chapelier comprise) a néanmoins été abolie en janvier 1793 à la quasi unanimité (cf. Gauthier Florence, Triomphe et mort du droit naturel en révolution), et le contrôle des prix du grain a été rétabli peu après. Certes il y avait des circonstances exceptionnelles (la guerre étrangère, les insurrections fédéralistes, etc.), mais dans la rhétorique utilisée, ces circonstances n’ont pas été invoquées pour que la Convention prenne ces mesures, alors même que beaucoup de membres de la Constituante et la Législative en étaient membres.


    • Bien sûr Alexis, il y a eu tout ce combat de Robespierre, qui a lutté de toute sa force contre le libéralisme économique, on le lui a fait payer.
      Mais, comme je dis à la fin de l’article, c’est déjà une autre Histoire. L’ancien régime est mort. L’Histoire contemporaine commence.


    • Là-dessus, nous sommes bien d’accord : l’Ancien Régime est mort, et bien mort. Tous ses fondamentaux ont été atteints, et seule la sacralité de la personne du roi fait encore tenir les morceaux.


  • Merci pour ce travail Marion.
    Je viens de terminer "La Marche Rouge", c’était très intéressant et quelque part effrayant.
    Cela a du impliquer un travail de recherche assez conséquent afin de recouper toutes les informations.

    Je compte bien attaquer "Mourir à l’ombre des Lumières" prochainement, entre quelques uns des nombreux ouvrages proposés par KontreKulture.

    Bonne continuation.


  • Marion vous faites un travail d’utilité publique, c’est remarquable. Un sincère merci.


  • Merci Marion pour tes articles passionnants et pour ce vrai travaillent historienne que tu as accompli contre vents et marées. Je suis impatient de lire ton prochain livre.


  • vachement actuel !



    Turgot était furieux. De retour à Versailles, il réunit le Conseil en urgence et réprimanda violemment le Lieutenant général de police Lenoir qu’il destitua sur le champ et remplaça par son ami Albert. Il destitua également le commandant du guet à pied et à cheval et le remplaça par le maréchal de Biron qu’il chargea de mettre Paris en état de guerre.
    « Ceux qui continueront de s’attrouper encourront la peine de mort, et seront les contrevenants arrêtés et jugés sur le champ. Tous ceux qui, dorénavant, quitteront leurs paroisses sans être munis d’une attestation de bonne vie et mœurs, signée de leurs curés et du syndic de leur communauté, seront poursuivis et jugés prévôtalement, suivant la rigueur des ordonnances ».




    on reconnait là bien le genre de réaction typique des Etats-uniens, et des gouvernements "européens" libéral-fascistes actuels !

     

  • Admettons un vaste désert dans lequel il n’y a qu’un seul oasis pour tout le peuple des bédouins.

    Admettons que vous contrôliez le prix de l’eau issu de cet oasis.

    Très rapidement, au moindre évènement imprévu (obligation de creuser un puis supplémentaire avec d’autres ressources, du bois, des pierres, du cordage... par exemple), dès qu’il faudra investir dans l’exploitation de l’oasis pour en sortir la même quantité d’eau ou plus d’eau, à la moindre sécheresse, au moindre changement, vous aurez une pénurie !

    Là, en pleine pénurie, le prix étant contrôlé par le roi, il n’y en aura pas pour tout le monde et vous aurez des émeutes de la soif.

    Si le prix avait été libre, les investissements nécessaire pour l’exploitation du puis auraient été faits car motivés par l’espérance de profit (elle-même contrainte par la concurrence), ils auraient gonflé automatiquement le prix de l’eau et il n’y aurait pas eu de pénurie...

    Dans l’affaire qui nous occupe avec le roi et Turgot, c’est la même chose.

    L’histoire que vous évoquez est certainement juste, mais vous omettez par stratégie marxisme de décrire les causes de la pénurie, à savoir justement, le contrôle des prix préalable.

    Vous sous-entendez qu’il aurait suffit de rétablir le prix du pain à 2 sous pour que le problème soit résolu, en occultant le fait qu’à 2 sous, il n’y aurait pas eu suffisamment de pain pour tout le monde.

    Voilà pourquoi il fallut libéraliser le marché, pour gérer la rareté et motiver de nouveaux investissements productifs qui allaient naturellement sur le long terme adapter le prix du pain à la capacité que nous avions d’en produire... et ainsi mettre un terme aux pénuries...

    Vous présentez Turgot comme un fasciste qui opprime le peuple pour défendre la marge des marchands, alors qu’il gérait la pénurie de pain et la faim des peuples produite justement par la pénurie issue du contrôle des prix, qui une fois abolie allait sur le long terme assurer l’abondance.

    De même, depuis la liberté des taux de change dans les années 70 et le libre échange mondial, la richesse mondiale fut multipliée par 3 !

    Fin de l’Histoire, les libéraux ont raison, vous avez tord.

     

    • Votre postulat de départ est totalement coupé de la réalité du grand pays agricole prospère qu’était la France, qui n’a jamais ressemblé à une oasis unique réservée à quelques bédouins soumis à un dictateur.
      Je ne sais pas ce que c’est qu’une stratégie marxiste et je ne suis pas marxiste, mais je sais que l’affirmation selon laquelle la France manquait de grain à cause du contrôle des prix est fausse. La France ne souffrait pas de pénurie sauf en cas de catastrophe, et en général les Français, qui n’étaient pas moins malins que les autres, avaient l’habitude de constituer des réserves pour y faire face. Une police des grains contrôlait que tout le monde avait accès aux subsistances, et qu’une mauvaise récolte ici serait rapidement compensée par la vente d’un surplus venant de là. Le royaume de France a fonctionné comme ça pendant des siècles et s’en est bien porté.
      La guerre des farines et toutes les émeutes frumentaires de la fin du siècle ont eu pour cause la fausse pénurie, parfaitement bien perçue comme telle par la population, provoquée par les spéculateurs, on disait à l’époque les "accapareurs", qui stockaient du blé pour dire qu’il en manquait, et les remettre sur les marchés à des prix prohibitifs.
      Les libéraux ont raison, et je vous l’accorde, c’est si le but est d’enrichir les riches et d’appauvrir les pauvres. Là, chapeau.
      Si le but est le bien commun, ce sont des criminels. Et il n’y a pas besoin d’être marxiste pour le penser.
      C’est mon cas.


    • CE n’est pas parce que je m’appelle Youssef que je suis forcément musulman ! et je suis sûr que vous n’avez jamais lu le Coran d’ailleurs...et moi je ne me cacha pas derrière un pseudo...
      en suisse, vous pouvez ouvrir un compte numéroté en utilisant un pseudo( par exemple tintin..)
      le dollar est la monnaie de référence mondiale car adossé au pétrole : pour vous approvisionner en pétrole saoudien il faut obligatoirement payer en dollars( mais je suis sûr qu’un génie comme vous était au courant)

      Wall street est responsable de la crise car de là sont parties la bulle spéculative immobilière, les bons obligataires pourris etc...toujours dans le souci de contaminer les banques du monde entier- sachant qu’à la fin des fins, ce sont les états qui paieront les pots cassés...en un sens vous avez raison, puis qu’il s’agit de socialiser les pertes( que supporteront les classes moyennes) et de privatiser les benefices( au profit des banques)...depuis un siècle, les USA ont progressivement découplé leur monnaie-papier de l’économie réelle( productive) de tout réferencement à l’or ; c’est ainsi que le dollar a perdu- mais je suis sûr que vous êtes déjà au courant- 90% de sa valeur depuis 1913...le but de cette manoeuvre est de pousser les états( qu’ils soient socialistes ou pas) à l’endettement sans fin et d’en faire, in fine, de simples succursales de Goldman et SACHS...puisque vous avez évoqué la religion, je me permets de vous rappeler que la Banque et la religion ne font qu’un ; et en un sens, vous avez eu raison-une fois n’est pas coutume- d’évoquer la foi, mais les racines de l’ultra libéralisme se trouvent dans l’ancien testament( première partie)...La france a rejoint le club de "la dette" dès 1973 en cessant tout financement propre( à 0%) pour s’alimenter exclusivement sur les marchés privés( merci à Pompidou et Giscard), de là le commencement de la vassalisation des économies mondiales à la domination de la Finance abstraite( puisque reposant exclusivement sur la spéculation)...vous voyez que mon raisonnement est on ne peut plus...raisonnable !


  • Merci mille fois Marion et bon vent.
    Le modeste hommage que je puisse vous rendre et de me plonger dans vos ouvrages dès que possible.
    Merci encore.
    Ahmed.

     

  • à TINTIN : depuis les années 70, c’est une richesse purement scripturale, fictive, abstraite qui a été multipliée ! car découplée de l’économie réelle et de son équivalent-or...de cette façon, on comprend que la richesse a été multipliée par trois comme vous dites...

    pour en revenir à l’ancien régime, il faut garder à l’esprit qu’il n’y a pas de liberté politique sans liberté économique : les investisseurs chers à votre coeur, une fois qu’ils contrôleront les prix de leurs produits, voudront- c’est tout naturel- contrôler la politique afin de convertir leurs bénéfices en rente( c’est une loi naturelle à l’économie : le parasitisme succède à l’investissement si le souverain n’y met bon ordre)...Une assemblée de chefs d’entreprises et de banquiers peut fort bien prendre le pouvoir économique et diriger une nation- pourquoi pas ? mais l’Histoire a démontré, aux USA comme en URSS d’ailleurs, qu’à la longue, cette oligarchie sombre toujours dans le parasitisme et les abus si une instance supérieure et sacrée ne s’interpose..d’où la lutte acharnée de la Banque de mettre à bas et la Monarchie française et le catholicisme, les derniers bastions qui constituaient un frein à son expansion...d’accord ou pas d’accord ?

     

    • Pour ce qui me concerne, d’accord.
      Merci Youssef.


    • @Youssef :

      Pouvez-vous démontrer ce que vous avancez ?

      La richesse créée grâce au libre échange et à la liberté des changes n’est que matérielle, car elle est mesurée en parité de pouvoir d’achat !

      Les pays d’Occident qui n’en ont pas profité ne sont que les pays ayant mis en place une politique de contrôle des changes, de protectionnisme monétaire (Japon), de keynésianisme (Royaume Uni sous Gordon Brown, les USA sous Obama), ou de redistribution des richesses (sic.)...

      Les autres pays ont vu leur richesse matérielle croitre... dans d’incroyables proportions...

      Comment ne pas citer la suisse, qui pauvre comme la mort voilà tout juste 100 ans, ruinée dans les années 80, est aujourd’hui, grâce à la libéralisation de sa monnaie et au libre échange, l’un des pays les plus riche du monde ?

      - 

      Pour éviter les coups d’ Etat le peuple doit conserver le monopole de la force, si le peuple possède les armes et les entrepreneurs la libre concurrence, tout fonctionne au mieux... pour le peuple.


  • il n’y a rien d’étonnant à cela : la gauche française a ce génie particulier de se choisir les mauvaises causes( la colonisation de l’Algérie par exemple, voulue par toute la gauche de la 3ème république, et notamment Jules Ferry...), ou bien de mettre en pratique les théories de la droite( Mitterrand succédant à Giscard...)...historiquement le boulot de la Gauche aura été de détruire les fondements moraux et les structures de l’ancien monde, au profit de la Banque- combien de fois faudra -t-il le répéter ?!

    c’est donc tout naturellement que la gauche française, dans son immense majorité, se réclame des Lumières- pourquoi le nier ?


  • à TINTIN :
    personne ne conteste que la libre entreprise crée de la richesse !
    la question n’est pas là, la vraie question est celle du contrôle de la monnaie et de la redistribution des profits- du ratio capital-travail...
    vous savez ce que c’est que le libre-echangisme ? c’est un mot vide de sens, oubliez-le !
    la suisse est libre-échangiste, mais tout comme la France, l’Allemagne, l’Angleterre, les USA, le Japon et le reste du monde occidental ; la seule différence réside dans le fait que certaines nations contrôlent leur Banque Centrale ( la SUISSE, pae exemple) et que d’autres , telle la France y ont renoncé. Dans le cas de la Suisse, les salaires y sont élevés car le ratio travail-capital est équilibré ; dans le cas de la France, de l’Allemagne ou des Etats-unis, le ratio penche tellement en faveur du capital que le salaire moyen y est réduit à peau de chagrin- ou tend à le devenir ! La Suisse a évité ces écueils car elle n’a pas intégré l’Europe ; elle vit en parallèle de l’union européenne, dispose d’importantes réserves de liquidités( comptes numérotés obligent) et fait l’exacte contraire de l’Angleterre ou de la France( lesquelles ont misé sur la dérèglementation générale, l’immigration de masse et l’abandon de la souveraineté...)..La Suisse est un bon exemple mais pas pour les raisons que vous dites ! et pour finir, je vous trouve gonflé d’évoquer l’Amérique d’Obama- comms si en 4 ans, il avait ruiné l’ouvrage de ses prédécesseurs : c’est un siècle de libre-entreprise qui a abouti à la ruine des classes moyennes américaines, c’est-à-dire à la prosperité-inédite dans l’histoire- d’une petite élite cosmopolite versée dans la finance depuis toujours...vous voyez ce que je veux dire ? en résumé, le libre-échangisme tel que vous le décrivez- enchanteur et foncièrement bon- n’existe que dans l’imaginaire ; car poussé au bout de sa logique- ayant pour modèle les USA, notre paradigme économique depuis 60 ans-il aboutit invariablement à généraliser les petits salaires, au profit d’une petite élite, libérée de toute entrave politique ou sacrée...OUF !!!!

     

    • @Youssef :

      Vous ne pouvez pas affirmer l’ensemble de ce que vous affirmez sans preuves.

      Vous croyez savoir et vous érigez votre croyance en vérité !

      Mais que diable, faites preuve d’humilité.

      Vous tentez vaille que vaille malgré la réalité, de vous affranchir de cette dernière pour parvenir malgré tout à rendre votre thèse logique et crédible !

      Je suis moi libéral parce que je cherche des solutions et que je peux étayer mes conclusions par des raisonnements logiques basés sur des preuves, vous, vous démarrez de vos conclusions et vous tentez de les légitimer en recherchant à partir de ces dernières conclusions, des preuves de ces dernières !

      Je ne peux réagir à l’ensemble des points que vous évoquez, mais tout est faux ou même littéralement mensonger.

      Il n’y a pas de comptes à numéros en Suisse (pas plus que dans le reste du monde d’ailleurs, essayez seulement de me citer un seul nom de pays qui en offrirait, cela n’existe pas) et le secret bancaire y ait même récemment abolie dans la pratique (accord de transfert d’informations fiscales).

      Par ailleurs, lorsque Hussein Obama a pris le pouvoir aux USA, la dette des USA était de 60% de son PIB, aujourd’hui, 4 ans après, la dette des USA est de 100% de son PIB !

      Obama est parvenu à plus endetter les USA en 4 ans que la République n’est parvenue à endetter la France en 30 ans !

      Encore un mandat de Obama et les USA atteindront 120% de dette sur PIB, ce qui est le seuil de la faillite.

      Grâce à Obama les USA sont ruinés !

      Ce type est le seul Homme en trop sur cette terre.

      Et la France ?

      La France peut disparaitre, purement et simplement, de nombreux pays disparaissent après des faillites (Autriche-Hongrie etc.)...

      La France fera faillite, pas à cause des banques, à cause de l’euro, du socialisme, des dettes et des réglementations étatiques...

      55% du budget de l’Etat est payé à crédit.
      la dette de l’Etat ne comprend ni le paiement des retraites, ni le démantèlement des centrales nucléaires, donc, lorsque nous aurons licencié la moitié des fonctionnaires, privatisé les écoles, les hôpitaux et vendu les HLM au prix du marché, nous n’aurons toujours pas financé le démantèlement des centrales nucléaires et toujours pas payé les retraites...

      Ce pays comme l’Occident réside au pays des rêves et des peuples si fragiles, généralement finissent par tomber et sous l’idéologie socialiste que vous représentez, seront-ils seulement capable de se relever ?

      Lisez Charles Gave :

      lafaillitedeletat.com


  • A l’ancien monde, fondé- au moins en théorie- sur l’idée du bien et dont les représentants agissaient à visage découvert, a succédé le monde fondé sur le droit et le contrat, et dont les réseaux constitutifs agissent désormais dans l’ombre- preuve en un sens que le bien commun n’est pas leur objectif premier...dans le monde moderne, il suffit de convaincre 51% des électeurs, bel aveu !
    une question à Marion, si elle venait à me lire...que sait-on de la vie publique du temps de Louis XV par exemple ? les gens étaient-ils si libres que ça et pouvaient-ils circuler à leur guise, évoquer tous les sujets( si j’ose dire) sans encourir la répression ? le mot de république sonnait-il à l’oreille du peuple ?

     

    • J’ai entendu votre question qui demande du temps, dont je manque à l’instant.
      Je reviendrai et tenterai de répondre.


    • Joseph, je reviens à votre question, un peu complexe.
      les gens étaient-ils "si libres" que quoi ?
      Oui ils circulaient à leur guise, allaient où ils voulaient sans rendre de compte.
      La censure existait. Quand on voulait publier un texte, on le portait à un censeur qui rendait un rapport. Pour autant que j’aie pu en lire, on publiait quantité de choses, et quand on voulait contourner la censure on allait se faire imprimer à Amsterdam et le tour était joué. J’ai lu quantité d’horreurs écrites sur l’Archevêque de Paris que personne n’a censurées, il semble que la liberté, si elle n’était inscrite dans les textes, était pratiquée à qui mieux mieux.
      Mais mieux valait ne pas écrire un texte qui fâche ces MM du Parlement, qui avaient un pouvoir de nuisance sans limite.
      Il semble, à ce que j’ai compris des revendications populaires, que toute atteinte au droit des gens était très mal vécue. Par exemple, quand durant la Révolution, la Commune de Paris a ordonné des visites domiciliaires, les gens se sont offusqués et dirent que jamais, au grand jamais la police du roi n’aurait commis un tel attentat contre l’intimité des familles.
      A méditer...
      Bien à vous


  • à TINTIN :
    vous avez perdu tout sens commun et j’ai la nette impression que vous n’avez fait que survoler mes écrits ! je ne suis pas socialiste et ma vision du monde est on ne peut plus réaliste...il existe des tas de pays qui procurent des comptes secrets ou numérotés- la Suisse( mais oui !), le Luxembourg, hong kong, les îles vierges..concernant Obama, vous devriez savoir que voilà vilaine lurette que les présidents américains ne contrôlent plus rien de ce qui touche à l’économie- mieux encore : c’est wall street qui tire les ficelles et laisse la situation empirer !
    de plus, vous avez le défaut de tous les libéraux actuels : vous sombrez dans l’axiomisation de l’économie en déversant vos chiffres et vos statistiques qui ne veulent rien dire, car coupés de la réalité...alors je veux bien répéter une dernière fois( ouvrez grands vos yeux) : c’est le DECOUPLEMENT DE LA MONNAIE PAPIER DE L’ECONOMIE REELLE qui a crée ce cataclysme mondial !
    la preuve ; seuls les pays socialisants y ont échappé...tous les pays qui contrôlent leur banque centrale, qui disposent de réserves d’or d’importance proportionnelles à la monnaie papier produite ont sauvé les meubles- ils ont échappé au déluge...tous les autres pays, ceux qui n’ont pas une goutte de sang socialiste, comme les USA, le Royaume-uni que vous admirez tant, ceux qui ont laissé la finance abstraite gangréner l’économie réelle, ont endetté leurs états pour 1000 ans- ce sont des faits objectifs( ouvrez les journaux, allumez votre téléviseur..), et ceci, au risque de me répéter, a été planifié par les têtes pensantes de wall street : disposant du dollar, qui est aussi une monnaie de change mondiale, ils infecté le globe tout entier..Vous voyez, les socialistes n’y sont pour rien..relisez donc tous mes articles, méditez dessus, et nous en reparlerons...

     

    • @Youssef :

      Hala Wakbar mon ami, Hala Wakbar.

      La raison vous est à ce point étrangère, qu’il n’y a plus qu’à dire, hala Wakbar, il n’y a plus qu’à prétendre que la terre est plate, il n’y a plus qu’à mettre les sorcières au feu et à faire de l’économie voodoo...

      Vous pouvez toujours défendre votre thèse socialiste, mais vous ne pouvez pas le faire en évoquant la raison ou la rationalité.

      Une croyance est défendable, mais pas sur le plan de la rationalité !

      Vous êtes un croyant de la grande église socialiste, j’ai l’honneur de vous annoncer que votre royaume ne sera bientôt plus de ce monde.

      - 

      A quel guichet de quelle banque de quelle ville de quel pays, puis-je ouvrir un compte à numéro ?
      Cela m’intéresse énormément.

      J’ose espérer que vous réaliserez ainsi la légèreté de vos affirmations !

      - 

      En quoi Wall Street tire les ficelles ?

      En quoi les chiffres que je donne ne veulent-ils rien dire ?

      Dois-je "ouvrir grand les yeux" pour recevoir la grâce, l’absolution ?

      Que veux dire cette phrase :

      "...c’est le DECOUPLEMENT DE LA MONNAIE PAPIER DE L’ECONOMIE REELLE qui a crée ce cataclysme mondial !" ?

      Concrètement pouvez-vous m’expliquer le mécanisme factuel que vous tentez de démontrer par cette phrase ?

      Quels sont les pays socialisants qui auraient échappés à quoi ?

      Quels sont les pays qui contrôlent leur banque centrale ?

      En quoi les USA ou le Royaume Uni ne seraient-ils pas socialiste ?

      En quoi ces pays "...ont laissé la finance abstraite gangréner l’économie réelle" ? Que veut-dire cette phrase ?

      Qui a endetté ces pays pour 1000 ans, les socialistes au pouvoir (Obama, Gordon Brown) ou les libéraux ?

      Vous croyez trouver la moindre information rationnelle dans les journaux ou la TV ? Ces derniers avaient-ils prévus la chute de l’URSS ?

      Que veux dire cette phrase :

      "...au risque de me répéter, a été planifié par les têtes pensantes de wall street : disposant du dollar, qui est aussi une monnaie de change mondiale, ils infecté le globe tout entier.." ?

      Votre propos est aussi confus et religieux que tout ce qu’on peut lire dans le Coran... vos prêches sont semblables à ce qu’on peut entendre dans les mosquées...

      Vous êtes un religieux, vous pouvez l’être, mais vous ne pouvez pas alors évoquer la raison.

      Les causes de cette crises sont décrites par les libéraux depuis 30 ans, voir Charles Gave qui a tout prédit depuis 10 ans dans ses livres, le socialisme partout en Occident est le seule et unique cause :

      lafaillitedeletat.com


    • De grâce Youssef ! Pourquoi discuter ainsi ? Vous perdez votre temps.
      Amicalement,
      Marion


    • Youssef, s’il te plaît, laisse Tintin palabrer avec Milou !
      Bien à toi camarade.


  • je vais suivre le conseil de Marion et Ahmed ! remontons le niveau.

    j’ai une question pour Marion : fermez les yeux et imaginez-vous à Versailles en 1774( je suis sûr que vous auriez aimé vivre à cette époque, non ?)...à peine intronisé, le Roi sollicite votre avis( il vous tient en haute estime, si !)il est proche de céder à Turgot...que lui conseilleriez-vous pour inverser le cours de l’Histoire ? plus sérieusement, pensez-vous qu’il fût possible de changer le cours des événements, sachant que la majeure partie des élites de l’époque avait épousé les idées des encyclopedistes, que l’Eglise catholique était pour ainsi dire à genoux...

     

    • @Youssef :

      Libre à vous d’inventer une réalité qui n’est pas et de vous conforter dans cette dernière si elle vous permet d’être plus heureux.

      Ne soyez néanmoins pas surpris de la chute et vous êtes donc seul perdant à refuser le débat que je vous proposais.


    • Cher Youssef, on ne m’avait jamais posé de question aussi difficile. Et intéressante.
      Il m’est évidemment impossible de répondre ce que j’aurais fait en pareille circonstance. Mais je vais quand même essayer et ne pas me défiler.
      Le roi, à peine arrivé sur le trône, a commencé par rappeler les Parlements, ce qui a fait dire à Maupeou, amer, "j’avais fait gagner au roi un procès qui durait depuis trois siècles. S’il veut le perdre à nouveau, il est bien le maître".
      La première chose à faire eût été bien sûr de ne pas rappeler les parlements et d’appeler au contrôle général un homme neuf. Au lieu de quoi le roi a rappelé un vieux cheval de retour et remis en selle ses pires ennemis.
      Pour ce qui regarde l’influence des encyclopédistes, en fait elle était en déclin. C’est, pratiquement, le fait de prendre Turgot qui leur a donné des ailes. De nombreuses personnes avaient brillamment contré leurs arguments, ça volait haut quand ça voulait.
      Sans les parlements et sans les encyclopédistes, l’Eglise aurait été moins attaquée et aurait pu participer, (il faut relire Tocqueville à cet égard) à un vaste mouvement de réformes que tout le monde voulait.
      Les cahiers de doléances étaient pleins de ce que réclamaient les gens (et qui n’est pas ce que l’Assemblée nationale en a fait). Faire participer le peuple à la réformation d’une royauté à laquelle il tenait aurait évité une révolution sanglante et destructrice qui a vu, finalement, la victoire des ennemis des petites gens.
      Mais je vous réponds en fait largement à côté, car il est une donnée que je n’ai pas, -pas encore- : qu’en était-il réellement de la situation financière de l’Etat ? D’où venait le déficit ? Depuis quand ?
      Tant qu’on n’a pas ces détails là, on ne peut pas tout comprendre.
      Bien à vous
      Marion


  • pour ce que j’en sais, la France était un pays prospère à l’époque qui nous occupe ; personne ne mourait de faim et, de fait, l’émigration était réduite à peau de chagrin : on vivait trop bien dans la France de Louis XV...ce qui a tout changé, c’est la( folle ?) décision de Louis XVI de soutenir les insurgés américains ; et j’ai lu quelque part que ce soutien, financier, avait décuplé la dette française...et c’est cette quasi-banqueroute qui est à l’origine, dit-on, de la réunion des états-généraux...ne pensez-vous pas, chère Marion, que le Roi s’est tiré une balle dans le pied en se mêlant d’une affaire -anglo-américaine- qui ne regardait pas la France, sinon de trés loin, qui a asséché les finances publiques et remis en selle les idées des encyclopedistes ? et pour finir, je regrette que vous ayez arrêté de publier vos articles( j’aurais pu les commenter à l’infini), c’est de loin la rubrique la plus intéressante du site !

     

    • Merci de ces compliments.
      Bien sûr que le soutien aux insurgents a ruiné les finances publiques. Mais il y a eu bien d’autres choses sur lesquelles je suis en train de travailler.
      J’ai arrêté ces articles car je suis sur un prochain livre. Même si la matière à tous ces articles était déjà dans mes tablettes, ça m’a demandé beaucoup de travail de les rédiger, et je dois retourner à mes chères études.
      Mais je resterai présente et ne manquerai pas, de temps à autre, d’intervenir.
      Je remarque que personne encore n’a commenté mes livres...
      Bien à vous Youssef.
      Au plaisir,
      Marion


  • à Marion...
    ça y est : je viens de commander vos deux ouvrages( à plus de 45 euros ce n’est pas donné, mais bon...)attendez-vous à une cascade de remarques( ou de petites critiques ?) d’ici la fin de semaine prochaine...Au fait, comment se fait-il que je n’aie jamais entendu parler de vous et de vos travaux auparavant, alors qu’on nous a bassiné avec max gallo, furet, vidal-naquet, Kershaw et consorts....

     

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