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XII – Le supplice de Damiens, ou le triomphe des barbares

De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants

C’est le mercredi 5 janvier 1757 au soir, par un froid polaire, qu’un valet du nom de Robert-François Damiens [1] entra dans l’Histoire en plantant dans le dos du roi Louis XV la petite lame d’un canif. [2]
La stupeur s’abattit sur le royaume. Partout où la nouvelle arriva, à la vitesse d’un cheval au galop, la population en larmes se rassembla dans les églises. A Paris, alertés par leurs valets, Messieurs du Parlement, les démissionnaires comme les autres, se rassemblèrent au palais au milieu de la nuit, abasourdis. Alors qu’on savait que le roi n’avait rien, Messieurs furent pris de panique : ils connaissaient tous Damiens.

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Trouvé dans les archives du prince de Croÿ.
« Couteau pareil à celui avec lequel Damiens a blessé le Roy et pris dans la même boutique et le même paquet. »

Tous l’avaient croisé au temps où ce valet modèle promenait entre la rue des Maçons [3] et le palais de Justice sa belle taille et son insatiable curiosité des choses du temps. Après avoir servi plusieurs conseillers au Parlement de Paris, François Damiens avait été, pendant la guerre contre l’archevêque [4], le valet d’un chef de l’opposition janséniste dont il connaissait tous les partisans.
Messieurs se ressaisirent, et mirent au point une stratégie en plusieurs actes. Il était trois heures du matin quand fut enfin prête la missive qu’ils chargèrent le Premier président de porter au roi. Ils y suppliaient sa majesté de leur accorder de juger le coupable (l’attentat ayant eu lieu à Versailles, le jugement n’était pas de leur ressort) et de rendre leurs démissions.
Le roi se fit un peu prier, refusa de pardonner aux démissionnaires, mais finalement accepta que ceux qui ne l’étaient pas puissent juger Damiens. Fin du premier acte.

Ramené à Paris, le prisonnier fut mis au secret le plus total : même ses gardiens se virent interdire de quitter la tour Montgomery jusqu’à la fin du procès. Puis on fit arrêter et mettre au secret sa femme, sa fille, son père, ses frères et sœur, leurs conjoints et jusqu’à leurs enfants, ses amis enfin : tout le monde fut bouclé avec des précautions particulières pour que personne ne puisse les entendre. Fin du deuxième acte.

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Le couteau

Puis on fit lancer, par l’inévitable Le Paige [5] et quelques autres, une violente campagne diffamatoire contre les jésuites. Rien ne leur fut épargné : après l’imputation habituelle d’avoir prôné le régicide [6], le reproche des relations particulières qu’ils avaient eues avec Damiens (c’est chez eux que François débuta dans le métier, avant d’entrer dans le monde parlementaire), ils furent bientôt mis en cause par un raisonnement imparable : les jésuites étaient tellement vicieux, que moins on trouverait trace de leur implication dans l’attentat, plus ce serait la preuve de leur culpabilité. Qui, à part eux, était à ce point capable de brouiller les pistes ? Application nouvelle de la paranoïa des procès en sorcellerie [7], qui fut efficace : des parents affolés retirèrent leurs garçons du collège Louis-le-Grand. Fin de l’acte trois.

Les pires horreurs circulèrent sur Damiens. Pour commencer, tout le monde le dit fou, et Voltaire le premier. Du fond de son domaine de Ferney [8], le poète se répandit en calomnies contre le malheureux qui fut, bien évidemment, accusé de fanatisme religieux. Tout le monde s’y mit, et chacun y alla de son couplet pour trouver à l’attentat une motivation politico-religieuse et les marques d’un complot ourdi par le camp d’en face, molinistes contre jansénistes, partisans de l’archevêque contre défenseurs du Parlement.
Absolument personne n’accepta d’envisager l’hypothèse que Damiens, dont tous ceux qui l’approchèrent purent voir qu’il était sain d’esprit, ait pu agir pour des raisons personnelles.

Enfin, le samedi 26 mars, ce qui restait du Parlement, augmenté des princes et pairs, se réunit à la Grand’chambre pour le jugement : acte quatre.

Ce que ces barbares en toge décidèrent ce jour-là dépasse l’entendement. Après que Damiens, digne et encore beau malgré deux mois de geôle, leur faisant face et les reconnaissant, eut répondu sans se démonter au feu roulant des questions interronégatives qu’on lui assénait et lui interdisait la moindre spontanéité, Messieurs et la fine fleur de la noblesse et de la franc-maçonnerie à la mode [9] votèrent les détails de son supplice. Pas une voix ne s’éleva pour protester, et c’est à l’unanimité qu’il fut décidé qu’un père de famille de quarante-deux ans, après avoir été soumis à une impitoyable torture destinée à lui faire avouer des complices qu’on savait ne pas exister, serait tenaillé, brûlé à petit feu, et démembré le plus lentement possible.
Le roi tenta vainement d’obtenir qu’on l’étranglât pour lui épargner un calvaire dont l’Histoire de France n’avait pas conservé le souvenir, puisqu’on crut devoir en rajouter sur ce qu’on fit subir à Ravaillac. Louis XV n’avait pas le pouvoir de lui épargner ça.

Au cours de la torture, qui lui fut appliquée le matin de son supplice, des précautions particulières furent prises pour éviter qu’un engourdissement ne vienne alléger une souffrance qu’on voulait à son comble. Puis il fut conduit en Grève.
La place était noire de monde, mais qu’on ne s’imagine pas que le peuple était là pour le plaisir : à part les amateurs qui avaient chèrement payé leur place aux fenêtres ou sur les toits, personne n’était censé rien y voir et la troupe tenait la foule à distance. Il fallut même l’intervention de la force publique pour que les commis du bourreau réussissent à se faire délivrer le souffre et le plomb dont ils avaient besoin pour procéder : soutenus par la foule, les épiciers du quartier refusaient de leur vendre la marchandise.
Incapable de procéder à une telle ignominie, le bourreau se fit porter pâle, et celui qu’il avait soudoyé pour le faire à sa place fut retrouvé ivre-mort sous l’échafaud.
On paya grassement quelques misérables qui acceptèrent, et Messieurs, assis au pied de l’hôtel de ville, soutinrent sans broncher le spectacle. Alors que les princes et pairs n’avaient pas eu le cœur de voir ce que leur lâcheté avait permis, les magistrats instructeurs n’en perdirent pas une miette, et refusèrent même, alors que François hurlait depuis plus de deux heures et que la foule grondait, qu’on en finisse et qu’on l’achève.

On connaît quelques-uns des sauvages qui trouvèrent à leur goût de suivre, comme au spectacle, le dépeçage vivant d’un bel homme nu. Il y eut Casanova, qui se vanta d’avoir profité de la presse pour sodomiser une dame, il y eut l’encyclopédiste La Condamine qui réussit à se frayer un chemin jusqu’au bas de l’échafaud, le poète Robbé de Beauveset qui paya pour être au premier rang…

Le supplice de Damiens, que les pervers amateurs d’atroce se passent et se repassent comme le sommet du genre, fut l’œuvre exclusive de Messieurs du Parlement. Quand on vint lui faire le compte-rendu de la journée, le roi se trouva mal, et éconduisit une garce venue en minaudant se vanter d’avoir tout vu jusqu’à la fin.
Le supplice de Damiens fut le triomphe des barbares. Ils réussirent non seulement à s’offrir un spectacle que le roi en personne ne put empêcher, mais obtinrent que, pour ses contemporains et la postérité, Damiens soit considéré comme fou et irresponsable, et son nom associé à supplice.
Leur victoire fut surtout de réussir à cacher que le roi Louis XV était pédophile, et que le fils du peuple Damiens avait une fille.

Cinq années de recherches acharnées dans les archives m’ont permis de mettre à jour la personnalité et les motivations d’un homme de cœur et de courage qui donna, un soir d’hiver, une leçon d’honneur à un roi dépravé.
François Damiens ne fut pas le « misérable de la lie du peuple » que dénonça le fielleux Voltaire. Fils d’honnêtes paysans artésiens, François fut certainement un être angoissé, un peu menteur, un peu manipulateur. Mais il fut surtout l’époux amoureux d’une douce Elizabeth et le papa d’une jolie Marie dont il était fou. Bon camarade, généreux, irrésistible, il était le premier à rendre service, il respectait et aimait son vieux père, gâtait quand il le pouvait ses neveux et nièces. Ses maîtres, auxquels il voua jusqu’à la mort une loyauté sans faille, furent tous satisfaits de son service précis et sérieux. Personne n’a à rougir de porter ce nom.

Il fut certainement l’être le plus calomnié de son temps, et une chape de plomb générale s’abattit sur son histoire, afin de masquer les sombres manœuvres de magistrats sadiques tenant d’une main ferme un réservoir sans fond d’enfants perdus sans parents pour les défendre, et de l’autre un roi tenu à leur merci par un perpétuel chantage à la révélation de ses mœurs inavouables.

(A suivre)

Pour commander "La Marche rouge, les enfants perdus de l’Hôpital général" de Marion Sigaut sur KontreKulture

Sources :
tout citer ici est impossible.
Une bibliographie complète se trouve à la fin de : Marion Sigaut, Mourir à l’ombre des Lumières, l’énigme Damiens.
Retenons les Pièces originales et procédures du procès fait à Robert-François Damiens tant à la prévôté de l’hôtel qu’en la Cour de Parlement, 1757, disponible sur Gallica.
Mais c’est un tissu de mensonges, de même que :
- Voltaire, Histoire du Parlement de Paris, 1769 et Le Siècle de Louis XV par M. de Voltaire, 1769.
Voltaire, ou tout ce qu’il faut lire pour savoir comment un événement ne s’est pas déroulé.
Seules les archives sont parlantes, mais il faut en comparer les différentes copies successives pour comprendre, en creux, tout ce qu’on en a retiré pour cacher la vérité.
Et bien sûr, encore La Marche rouge, les enfants perdus de l’Hôpital général.

Voir aussi :

Octobre 2012
L’attentat de Damiens : Marion Sigaut invitée d’Au Coeur de l’Histoire sur Europe1
37
Janvier 2012
XVI – Turgot ou l’avènement du libéralisme : la fin de l’Ancien Régime
2ème partie, la dérégulation
40
Janvier 2012
XV – Turgot ou l’avènement du libéralisme : la fin de l’Ancien Régime
1ère partie, le pain du peuple.
33
Janvier 2012
XIV – L’humanisme des Lumières revisité : l’Encyclopédie
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
12
Décembre 2011
XIII – L’humanisme des Lumières revisité : Voltaire
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
24
Décembre 2011
XI - La guerre des juges contre l’Eglise
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
22
Décembre 2011
X - Le nouveau jansénisme
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
10
Novembre 2011
IX - Le tournant de la régence
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
35
Novembre 2011
VIII - Le satanisme au cœur de l’Etat : l’affaire des poisons.
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
29
Novembre 2011
VII – Malheur aux pauvres ! La création de l’Hôpital général.
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
11
Novembre 2011
VI - La justice du roi : les Grands jours d’Auvergne
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
22
Novembre 2011
V - La chasse aux sorcières
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise, l’absolutisme royal et ses opposants
41
Octobre 2011
IV - Le jansénisme au Grand siècle
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
17
Octobre 2011
III - L’anti-humanisme
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
22
Octobre 2011
II L’humanisme
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
14
Octobre 2011
I. L’achèvement de la centralisation
De la centralisation monarchique à la Révolution bourgeoise L’absolutisme royal et ses opposants
31

Notes

[1] Robert-François était son nom de baptême, François son prénom d’usage.

[2] (cf. Illustration)

[3] Actuellement rue Champollion, dans le 5e arrondissement, près de la Sorbonne.

[4] Voir l’article XI - La guerre des juges contre l’Eglise

[5] Voir les articles X - Le nouveau jansénisme et XI - La guerre des juges contre l’Eglise.

[6] Voir l’article II L’humanisme

[7] Voir l’article V - La chasse aux sorcières

[8] A un quart d’heure à pied de la frontière suisse.

[9] Il y avait notamment le comte de Clermont, grand-maître et le prince de Conti.

 
 



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45 Commentaires

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  • qu’est-ce que c’est que ces conneries ? Louis XV pédophile ? On se croirait revenu aux temps de la propagande ripoublicaine de Lavisse, Malet et Isaac/Michelet !!!

    Damiens travaillait comme domestique dans le milieu parlementaire ou l’on crachait sa haine du roi. Janséniste et parlementariste, il a voulu faire du zèle. Voilà pourquoi les parlementaires se sentirent mal lors de son arrestation. L’affaire pouvait leur retomber dessus donc ils accusèrent en sous-main les jésuites (et les historiens républicains purent dégobiller sur la "barbarie" de Louis XV suppliciant le pauvre Damiens.

     

    • Tu ne peux pas comprendre Colbert, la dame a vécu dans un kibboutz, c’est là qu’elle a reçu la révélation sur la pédophilie du roi. Si Damien voulait venger l’honneur de sa fille, il est surprenant qu’il ne revendiqua pas son geste. Bien évidement ton explication Colbert, est celle qui coule de source, mais tu n’es à peine plus qu’un animal, tu ne peux pas comprendre ces choses là. Dans une trame de belle facture, respirant bon le vrai, distiller quelques calomnies est un art. Comme dirait un certain humoriste, c’est signé.


    • A Théophile,
      J’ai besoin d’explication, "la dame, kiboutz, révélation, c’est signé... ?", ou je ne comprends pas ton commentaire, ou j’ai peur de ce que je crois comprendre !
      Bien à toi Théophile.
      Ah, j’oubliai...
      Merci Marion.


    • Il y a dix ans j’étais convaincu que Saddam Hussein était un salaud et que les américains, tout compte fait, étaient dans le bon camp ... Plus tard, j’appris que ce même Saddam Hussein devait son poste à la CIA et qu’en échange il avait sacrifié une partie de sa jeunesse dans la guerre contre l’IRAN pour servir les intérets géostratégiques de ses maîtres...Quand les américains ont envahi l’Irak, c’est encore le petit peuple qui a morflé
      Il y a dix ans je croyais à plein de choses, comme Al Qaida, le 11 septembre, la grippe aviaire, la vaccination, DSK ...
      Depuis, je me suis réveillé et plus rien ne m’étonne de la part de ceux qui gouvernent. Au passé et au présent !
      Marion démontre très bien, tout au long de ses articles, les manigances incessantes et les sombres vues des protagonistes des époques qu’elle étudie.
      Damien aurait frappé le roi pour une histoire personnelle et non politique et cela déclenche vos cris d’orfraies ! Vous pensez : "Impossible, sa majesté étant d’essence divine !"
      Vous prêtez à Marion des intentions de propagande (ce qui est insultant) mais vous ne lui posez pas la question de savoir ce qui lui permet d’affirmer ce qu’elle dit.
      J’ai déjà parlé du livre de Jean Teulé "Le Montespan" qui décrit très bien l’ambiance de l’époque. Le très chrétien Roi Louis le 14ème, avait déjà une vie sexuelle débridée. Rien à envier aux Saoud !
      Dans ces milieux, il y avait aussi des messes noires ou se pratiquait des sacrifices.
      Si vous ne connaissez pas l’affaire Roche, je vous conseille de taper sur GOGOL "fils de juge" pour une scéance de rattrapage ... Vous pouvez aussi lire le livre du fils De Villiers. Cela vous éclairera sur les domaines du possible.
      Désolé si je parais moralisateur mais votre réaction ostracique me fait de la peine. J’ai cru me retrouver sur le forum des saucissons/pinard plein d’anthèmes.
      Merci encore Marion pour votre exellent travail de recherche et peut être pourriez vous répondre à vos détracteurs.
      Pour conclure : si la vérité t’éblouie, mets de lunettes de soleil. Vive biquette !


    • @ Ahmed
      .
      Théophile fait allusion à la fiche de Wikipedia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Marion...
      .
      En fait Marion Sigaut n’a aucun diplôme d’historienne, c’est juste un écrivain qui raconte des histoires. Intéressantes, certes, mais des histoires.
      .
      Quand la télé n’existait pas, les journaux régionaux, publiaient en dernière page, des romans historiques, sous la forme d’épisodes hebdomadaires, que les lecteurs pouvaient suivre, comme on suit aujourd’hui des séries télé. Plus les détails étaient macabres et les intrigues tortueuses, plus le lecteur appréciait. Il ne cherchait pas forcément la vérité historique.


    • Si je comprends bien un diplôme qui n’est pas sur Wikipedia n’existe pas. Il est pourtant accroché au-dessus de mon bureau, intitulé : "Diplôme d’études approfondies" (= DEA) grade de Master, Université Paris VII, mention TB. 2005.
      Celui qui dira le contraire fera de la diffamation.
      Cela signifie, cinq ans d’études après le bac. Et ça m’autorise à me dire historienne, puisque c’est la matière que j’ai étudiée et pour laquelle j’ai fourni deux mémoires validés par mes maîtres.
      La totalité des informations que je publie dans ces articles font partie de la somme de tout ce que j’ai engrangé depuis dix ans.
      Que cela déplaise ne m’étonne pas. Le savoir se heurtera toujours à la croyance. Mais la haine dont sont capables ceux qui croient m’épatera toujours.


    • @nanabel : Alors comme ça, il suffit d’être accrédité « historien » par des pouvoirs corrompus pour raconter des histoires qui deviennent l’Histoire... ?
      Mais que faites-vous sur ce site si vous avez foi en les médias officiels artisans de propagande ?!



      Un historien est une personne qui étudie ou communique sur l’histoire. Il a pour tâche de rapporter des faits passés, de les catégoriser, puis d’en proposer une interprétation équilibrée et justifiée par des sources, sous le contrôle du public informé. Le titre d’historien n’est pas reconnu professionnellement et repose plutôt sur la reconnaissance par ses pairs. L’historien est souvent comparé au journaliste d’investigation, au détective ou au juge d’instruction, et il a tout intérêt à se conformer à une méthode reconnue. Il en va de la crédibilité de sa contribution et de ses conclusions.




      wikipedia
      Qui est l’arbitre pour déterminer qui dit vrai et qui professe le faux ?
      (Le « Système de domination » de la République bananière française...)


      Alors à l’avenir, merci d’exprimer votre désaccord avec du concret ! Avec des preuves fiables, des contre-arguments bien élaborés, ect.
      Car on avance pas avec vos réactions stériles... (mais euh... untel partisans ne dit pas ça !) c’est surtout valable pour vous monsieur Colbert.
      S’il vous plait, développez !!!


      Cordialement.


    • « qu’est-ce que c’est que ces conneries ? Louis XV pédophile ? »
      Qu’est-ce que c’est que ce langage ? Il faut être poli quand on est royaliste. Sous peine de lever un coin du voile : « Se voir vu comme aristocratique » ; s’enduire d’un verni de « noblesse » qu’on ne possède guère.


    • @ Marion



      Si je comprends bien un diplôme qui n’est pas sur Wikipedia n’existe pas.




      Sur la fiche vous concernant, on peut lire que vous êtes écrivain, pas historienne. Il n’est mentionné aucun diplôme. Mais cet oubli peut être facilement corrigé en réactualisant vos données. Vous pouvez le faire, c’est gratuit et renseignerait plus justement vos lecteurs. Par ailleurs, cela peut avoir de l’importance pour vous, parce que, même si elle reste imparfaite, Wikipedia est la première encyclopédie utilisée par les étudiants et les lycéens. Ce n’est certainement pas à vous que j’apprendrai qu’un document vos mieux qu’une parole et bien souvent les gens croient ce qu’ils lisent, même s’ils ont tord.
      .
      Vous n’êtes pas sans savoir que l’histoire de France a été mainte fois malmenée par l’imagination fertile des écrivains autoproclamés historiens. Aussi quand vous "nagez à contre courant", pour rétablir quelques vérités, il vous sera difficile de convaincre des lecteurs avertis sans exposer vos compétences d’expert. Vous devez, sans modestie, utiliser les mêmes armes que les affabulateurs que vous combattez. Sinon, vous vous exposez à la critique des lecteurs sceptiques, ceux qui se posent des questions, et vous perdrez votre temps en justification.
      .
      Votre travail de recherche est honorable et votre tâche est ardue. On pourrait vous comparer à Annie La Croix-Riz, qui elle aussi, dans un autre domaine historique, tente depuis des années de révéler les archives délaissées par ses collègues. Elle a longtemps été considérée, par la profession, comme une paria. Et c’est seulement aujourd’hui que son travail est reconnu comme une oeuvre importante de l’histoire de France.


    • @ Arsonist



      Alors comme ça, il suffit d’être accrédité « historien » par des pouvoirs corrompus pour raconter des histoires qui deviennent l’Histoire... ?




      Historien est une profession qui demande plusieurs années d’études supérieures certifiées par l’obtention d’un diplôme qui donne une qualité d’expert à l’historien. Alors oui, le diplôme est important. Sans lui, l’historien ne peut pas consulter les archives. Les archives nationales et internationales sont consultables uniquement par les historiens chercheurs.
      .
      Quant-à l’accréditation par les pairs, c’est de la connerie. La plupart des historiens qui élisent domicile dans les médias et qui sortent un bouquin par an, sont des fainéants. Pourquoi perdre son temps à consulter des milliers d’archives, alors qu’il suffit de faire confiance à ses collègues, dont la renommée n’est plus à faire. Leur travail d’écriture s’appuie uniquement sur les écrits de leurs collègues (ils se copient mutuellement). Ils se congratulent, se félicitent de leurs oeuvres communes et sont persuadés d’être de grands historiens. Alors quand une personne fait réellement son travail de chercheur et passe des années au fond des bibliothèques à consulter les archives, les recouper, les classer, les étudier et les analyser, tu penses bien que ses pairs ne vont pas l’accueillir avec bienveillance et comme c’est eux qui tiennent le haut du pavé médiatique, la besogneuse petite fourmis sera écartée par la profession, ses livres ne se vendront pas et les étudiants, habitués à la version officielle, auront beaucoup de mal à faire le tri du vrai et du faux.
      .
      Il n’y a pas de pouvoir corrompu dans le milieu de la recherche historique, (il faut arrêter la paranoïa et voir des complots partout) juste de vieux professeurs fainéants qui ne supportent pas qu’un jeune historien vienne contredire leur version. Ils placent leur réputation avant la vérité historique.


    • #77944

      Je ne connais pas Marion Sigaud et donc je ne peux pas dire si oui ou non elle a effectivement une qualification d’historienne, mais une chose est sûre : elle en a la méthode. S’appuyer sur des sources, ne pas croire au mythe de l’histoire objective, etc. c’est une discipline qui s’acquiert.
      On peut de toutes façons être historien sans avoir aucune qualification universitaire, puisque cette qualité s’acquiert par la reconnaissance de ses pairs, notamment au travers de la publication d’articles dans des revues à comité de lecture ou encore d’ouvrages reconnus. Donc il n’est pas nécessaire que Mme Sigaud fasse état de ses qualifications universitaires (dont je n’ai aucune raison de penser qu’elle n’en a pas puisqu’elle l’affirme) pour pouvoir être qualifiée d’historienne.

      Sur le fond de l’article, et même si l’histoire événementielle ou institutionnelle n’ont pas ma préférence, j’avoue attendre des éléments plus précis attestant de cette déviance de Louis XV, qui si elle avérée pourrait effectivement être une motivation de Damiens. Je note cependant que cet article est plus nuancé que les précédents quant aux relations entre les cadres et la tête de la monarchie. J’avoue qu’à voir sans cesse le roi et son administration personnelle confrontée absolument aux parlements et autres juridictions, je commençais à m’inquiéter de vous voir, Marion, sombrer dans un genre de manichéisme de mauvais aloi.
      Point important et qui devrait intéresser je pense toute la frange d’E&R qui fonctionne sur le mode "les maçons sont partout", Mme Sigaud a subrepticement mit en lumière le fait que la franc-maçonnerie était bien présente, et jusqu’au sommet de l’état, dans l’Ancien Régime, et qu’une bonne partie était un soutien de poids de la monarchie absolue. Ceci pour faire taire la légende idiote de la "république franc-maçonne". Je me répète, mais pendant la Révolution les francs-maçons n’ont eu que peu d’influence (et leur apogée fut 1791, donc certainement pas la République, à laquelle une bonne partie s’est opposée), et il fallut attendre l’Empire de Napoléon pour qu’on retrouve dans les cercles du pouvoir une présence franc-maçonne significative (et semblable à la monarchie absolue).

      Soulignons d’ailleurs qu’outre-manche, la "Glorieuse Révolution" s’est faite contre la franc-maçonnerie, qui a dans son ensemble soutenu la tentative d’instaurer une monarchie absolue catholique.



    • Ceci pour faire taire la légende idiote de la "république franc-maçonne". Je me répète, mais pendant la Révolution les francs-maçons n’ont eu que peu d’influence (et leur apogée fut 1791, donc certainement pas la République, à laquelle une bonne partie s’est opposée)




      Légende "idiote" effectivement à l’origine et tout au long du 19è siècle, même si au sein de la franc-maçonnerie il y avait des lignes de fractures. Mais plus du tout à partir de la troisième république.
      Après la chute du second empire, la franc-maçonnerie se rallie à Adolphe Thiers et à sa république conservatrice, qu’elle va investir en masse.


    • @nanabel :
      Avant toute chose, veuillez me pardonner pour cette réponse quelque peu tardive, et je ne vous en voudrai pas de passer à côté.


      Bien entendu il y a toujours le facteur humain de la bêtise, et ce, même dans un aussi haut domaine intellectuel qu’est la recherche historique. Mais, même sans voir une mainmise sur chaque domaine de la Société, vous vous rendez compte à quel point « l’information » est l’instrument primordial pour la prise du Pouvoir ?
      Croyez-vous que l’Histoire ne soit pas un domaine convoité avec ardeur par les forces insidieuses qui opèrent dans l’ombre de la République ?


      Selon moi, d’un point de vue stratégique, il est impossible que le corps des historiens ne soit pas l’un des premiers affecté par ceux qui détiennent le Pouvoir, tellement son importance est majeure sur les esprits, et capital pour masquer les méfaits de la bourgeoisie libérale sur notre Société, à plus forte raison depuis sa monté sur le trône.
      Les falsifications historiques qui ont lieu depuis la révolution de 1789 en est un parfait exemple de mainmise pionnière.


      Je me refuse à tout réduire à la thèse du complot, mais pourtant il ne faut pas pour autant oublier de nuancer la véritable nature des choses, car dans la plupart des cas il coexiste plusieurs causes. Donc, tout comme vous j’admets qu’il y a une part de sottise et de fatuité dans les travaux des historiens dominants, mais aussi, qu’il y a des vieux renards qui profitent de cette faille, pour ainsi, pouvoir manipuler la pensée collective universitaire en matière d’histoire, comme dans bien d’autres cas...


      Cordialement.


    • #79380

      Arsonist, il faut bien avoir conscience d’un fait : en histoire comme dans toutes les dites "sciences humaines et sociales" (je mets des guillemets car je milite personnellement pour en finir avec la ridicule prétention à la scientificité de ces domaines, qui gagneraient à être rebaptisés "disciplines humaines et sociales", par exemple), il existe des doxa, des modes, des conformismes. Une historienne comme Florence Gauthier a été pendant longtemps au mieux ignorée au pis moquée pour avoir concentré son sujet d’étude sur Saint Domingue et les colonies européennes de la période moderne. Aujourd’hui, l’histoire des colonies est à la mode, et son travail est évalué à sa juste valeur, tandis que d’autres domaines qui hier étaient encensés (l’histoire technique, l’histoire économique, etc.) sont aujourd’hui remisés au placard.
      Cela n’empêche pas les historiens qui se penchent sur ces aspects des choses de publier et d’enseigner, mais ils sont moins médiatisés, y compris dans le milieu universitaire, qu’auparavant.


  • Merci, Ahmed, de votre fidélité.


  • Je trouve cet article vraiment bien écrit. Je ne savais pas tout ça, concernant ce malheureux Damiens... Mais Ravaillac a connu un sort similaire, qui incombe à tous ceux qui ont le malheur de toucher le roi. C’est un crime de lèse majesté, le plus grave que l’on puisse commettre dans le royaume de France ! Je suis étonné de la position prise par Voltaire dans cette affaire, qui a finalement suivi le courant, lui qui pourtant dénonçait la Question !

     

    • Merci Hari.
      C’est vrai que le crime de lèse-majesté est gravissime. Mais il n’implique pas de noyer la vérité sous une avalanche de faux en écritures, faux-témoignages, mensonges éhontés, propagande, arrestation d’innocents soumis à la terreur et autres crimes commis lors de ce procès de la honte.
      Pour ce qui concerne Voltaire, la mise au point viendra lors du prochain article. Vous verrez que sa position est loin d’avoir été ce qu’on nous en dit.


  • "Pour commencer, tout le monde le dit fou,"
    Bien sûr ! comme l’assassin de Robert Kennedy, comme Breivik, etc, c’est bien pratique !


  • Merci encore une fois à vous Marion.
    Il est bon d’avoir le réflexe d’être sceptique envers tous ce qu’on nous raconte, et je respects votre travail, c’est pourquoi je vais tenter de le vérifier autant que faire se peut avec mes modestes compétences de jeune amateur d’Histoire.
    (J’ai hâte de lire la suite !)
    Amitiés.

     

    • Les modestes compétences sont un excellent début. La suite, c’est de la curiosité, la lecture de tout ce qui a été écrit avant vous sur un sujet, et de l’épluchage d’archives jusqu’à plus soif. 1% d’inspiration, 99 de transpiration.
      Quand on aime ça, quel voyage ! Quelle aventure !


  • « Il y eut Casanova, qui se vanta d’avoir profité de la presse pour sodomiser une dame ».
    Cela n’est pas exact. Dans ses Mémoires, Casanova, assista plein de dégoût à l’exécution, non parmi la foule, mais chez une comtesse, sur son balcon. Il relate comment ces Dames serrées les unes contre les autres, émoustillées par les tortures abominables endurées par Damiens, réclamèrent d’être satisfaites a tergo, penchées sur ledit balcon pour ne pas perdre une miette du spectacle, et sursautant de volupté à chacun des soubresauts du suppliciés. Nous savons que les femmes de la haute noblesse et de la finance se disputèrent à prix d’or les fenêtres de la place de Grève pour aller se repaître de ces horreurs…

     

    • Non plus.
      Casanova selon ses mémoires était bien au Balcon, mais seul la Tiretta "besogna" une des Dames.
      Pas Casanova, et ces Dames ne réclamèrent pas "d’être satisfaites a tergo"...
      http://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bp...


    • Allons, "ce n’est pas exact" n’est pas non plus exact. Je n’ai pas dit que Casanova était dans la foule, puisque la foule n’y a rien vu. Il était, c’est vrai, chez une dame, et si j’ai bien compris, il y avait bien presse chez la dame. Ce que vous racontez n’est que le détail de ce que j’évoque.
      Si Casanova était si dégoûté qu’il l’assure, que n’est-il parti !
      A présent, nous "savons que les femmes de la haute noblesse"... Ah bon ? Les femmes ? Pas les hommes alors ?
      Le vrai est que "des" femmes, et pas "les" femmes, crurent se faire bien voir en affichant leur goût pour cette horreur. Cela en a choqué certains, qui l’ont dit, d’autres l’ont répété, et d’autres encore, jusqu’à devenir "Les femmes"...


  • Excellent article une fois de plus.
    Merci Marion, et continuez comme ça svp :)


  • Excellent texte comme toujours (on l’espère !!)
    Le roi "absolu" qui ne pouvait rien faire ni agir sur le cour de la justice "parlementaire"...(c’est pas sous Sarkozy qu’on verrait ça !!)...et qui,semble t-il était "tenu" par chantage...comme la presse aujourd’hui...un roi pédophile ?...j’aimerai plus de précisions !!!!

    Merci Marion !

     

    • Le roi a toujours consommé des filles que ses valets lui fournissaient. C’est de cette manière qu’il a infecté la marquise, auquel son médecin a interdit tout commerce charnel avec le roi.
      La corruption du roi date de ce moment-là : la marquise a fait venir des filles de plus en plus jeunes, de telle sorte que le roi ne s’attache pas.
      Le marquis d’Argenson raconte le cas d’une gamine qui aurait eu 9 ans.
      Pratiquement personne ne conteste sérieusement la pédophilie royale, même si on n’a pas pris l’habitude d’appeler ça par son nom. On a dit "gout pour les tendrons", "pour les petites sultanes" etc.
      L’historien Pierre Gaxotte, qui fut un ardent défenseur de Louis XV, le révèle lui-même tout en voulant le nier, par une formule marrante :
      "Assurément le péché du roi reste entier et tout ce commerce est ignoble. Mais feindre de croire que Louis XV soit le seul homme qui ait eu recours aux services de jeunes personnes trafiquant de leurs charmes est une hypocrisie un peu forte, dont on voudra bien nous dispenser".
      Non seulement il ne faisait rien de mal, mais il n’était pas le seul à le faire...
      En plus, compte tenu de l’âge des gamines, ce n’était pas elles qui trafiquaient de leurs charmes, mais ceux qui les amenaient.
      Pour ce qui concerne ce que le dossier Damiens révèle, il m’a fallu un travail de romain pour comparer quantité de documents desquels on retirait tout ce qui pouvait mener à cette piste.
      Je raconte tout ça dans mon livre "Mourir à l’ombre des Lumières"


    • Remarquons,aussi,que la vie était plus courte,le mariage plus jeune (des fois à 13 ans) et l’enthousiasme religieux intact de ce fait !!!
      Pardonnons au roi qui n’a connu brièvement que son arrière-grand-père (plutôt rare),qui a bien failli y passer au début de son règne (à Metz) et qui avait besoin de femmes comme d’autres de médocs pour aider à surmonter une certaine timidité en socièté !!


    • Je ne sais pas l’âge du mariage à l’époque, mais je connais (par Erica-Marie Benabou, La prostitution et le police des mœurs) que les filles du siècles étaient pubères à 15 ans. Coucher avec des filles de 14 ans, consisterait aujourd’hui à le faire avec des filles de 11.
      Pour ma part, je ne juge pas Louis XV, pris dans des filets divers. Il sut être aussi un grand roi. Il a bel et bien été corrompu, il y eut des corrupteurs. Il faut lire à ce propos un texte magnifique : c’est son oraison funèbre. Quand on a lu ça (ça donne des frissons) on comprend mieux le personnage et la complexité de sa situation.


  • Encore un peu de patience, l’épilogue de cette histoire approche et nous serons tous réconciliés...


  • Bonsoir Marion et merci pour cet article.
    .
    En tentant de faire le lien avec l’épisode XI, j’ai du mal à comprendre comment Louis XV a pu à la fois exiler le Parlement, supprimer deux chambres et user plusieurs fois du Lit de Justice, tout en étant "tenu" par ces Messieurs pour cause de moeurs inavouables. Dans le même temps, il aurait subi pendant cinq années une fronde parlementaire sans précédent, y faisant face avec une relative mollesse si j’ai bien suivi.
    J’ai l’impression d’un flux et reflux de pouvoir de part et d’autre. Qu’en est-il exactement ?
    .
    Question subsidiaire : le droit de remontrance accordé par Philippe d’Orléans procède-t-il de semblables manoeuvres ?
    .
    Au plaisir de vous lire.

     

    • Je comprends votre perplexité, et ce n’est pas simple, il m’a fallu du temps aussi pour comprendre. Le roi s’est battu contre les parlements avec les moyens dont il disposait et parce que c’était son devoir : il ne pouvait les laisser ainsi diriger le royaume.
      Il n’a pas à proprement parler fait preuve de mollesse, on comprend plutôt qu’il cherchait, et ça prend du temps, une issue qui satisfasse tout le monde.
      Pour ce qui concerne ses mœurs, je ne pense pas que le chantage ait jamais été explicite : c’était son talon d’Achille, il le savait. Ca a dû le ronger pendant des années jusqu’à ce qu’il cède.
      Mais au bout du compte il a bel et bien supprimé le parlement en 1770 et fait la réforme radicale. Louis XV ne fut pas un petit roi.
      Je ne pense pas que Philippe d’Orléans ait cédé à aucun chantage : il assumait sa débauche et je pense qu’il a cru bien faire en lâchant la bride à tout ce que son oncle avait bridé. Il s’en est mordu les doigts.


    • Merci pour ces réponses.


  • je pense que de tous temps et particulièrement à notre époque, des hommes et femmes politiques ont été et sont toujours tenus en laisse par un chantage à la divulgation de leurs moeurs pédophiliques. C’est comme çà qu’on peut comprendre tout un train de mesures et de réformes prises dans l’intérêt contraire à l’Etat et à la nation, auxquelles on assiste médusés depuis quelques années

     

    • je crois que vous mettez dans le mille. La "libération" des moeurs a consisté à lâcher la bride à des pratiques que le commun des mortels refusera toujours. Ceux qui se seront lâchés seront toujours tenus. La divulgtion de certaines pratiques au sommet ferait éclater la république.
      J’ai l’impression que l’affaire DSK marque la fin de quelque chose.


  • Ci-dessous quelques réponses déconnectées des messages auxquels elles s’adressent.

    @Nanabel,
    A propos de Wiki, j’ai sans doute eu tort de ne pas m’y intéresser. J’ai vu de loin en loin l’article me concernant évoluer en ajouts et retraits successifs, je vais aller y faire un tour.
    A moins que vous ne le fassiez vous-même. Je vous ai dit mon diplôme.
    Concernant ma qualification, « experte » ne me plaît pas, non plus que « spécialiste », qualificatifs un peu pédants et toujours sujets à controverse. J’aime mieux me dire historienne ayant étudié tel ou tel sujet, ce que je prouve.
    Ce que vous dites de l’accréditation par les pairs est bien drôle. Quand je passais mes journées aux archives de l’Assistance publique, un archiviste m’a fait un jour un compliment qui m’a fait bien rire : « Ca fait plaisir de voir un historien piocher comme vous le faites dans les archives. Si vous saviez le nombre qu’on voit ne venir piocher que dans le travail des autres ! »
    Je sais bien qu’il exagérait et je n’aurais pas fait grand-chose sans le travail des historiens qui m’ont précédée, et sans celui de mes maîtres ! Le chercheur qui ne sort jamais le nez de ses archives n’a qu’une vision étriquée de ce qu’il lit et ne peut pas y comprendre grand-chose.

    @Alexis,
    Merci de ces quelques remarques.
    Vous comprendrez que mon article sur Damiens est différent des autres quand vous sauvez que c’est celui que j’ai le plus fouillé. Damiens a été le sujet de mes études, l’affaire de l’hôpital général ayant été incidente. Tout le reste est ce qu’il m’a fallu lire pour comprendre, et est venu à ma connaissance par la somme des ouvrages qu’il m’a fallu ingurgiter pour passer mes diplômes.
    J’ai avec l’affaire Damiens un problème. Mon éditrice m’a demandé d’en faire un roman plutôt qu’un essai. Dans l’essai primitivement écrit, il y avait toutes les notes de bas de page. Dans le roman, non.
    Mais vous y trouverez à la fin toutes les sources, et comprendrez rapidement que tout ce que je mets dans la bouche du prince de Croÿ est ce que j’ai dévouvert moi-même dans les archives.
    A propos de la FM, dont je vous avoue ne l’avoir pas étudiée, je ne pense pas qu’on puisse dire qu’elle ait été un soutien de poids à la monarchie absolue. Le prince de Conti, franc-maçon notoire, hébergeait au Temple le venimeux Le Paige, et fut jusqu’à sa mort un ardent partisan du Parlement rebelle.
    Mais je ne me permettrai pas d’en dire plus sur le sujet.


  • @ Arsonist, nouvelle réponse déconnectée du message orignel.
    Je comprends bien ce que vous voulez dire et je ne peux vous donner tort. Mais je vais nuancer.
    Je ne pense pas que ce soient les historiens qui bloquent la diffusion de certaines vérités, je crois qu’il y a dans ce métier des gens de mauvaise foi comme partout, mais j’ai confiance a priori dans la conscience professionnelle.
    Par contre on ne peut en dire autant des médias. Le choix de parler d’un livre plutôt que d’un autre est à la base de la diffusion des idées.
    Sachez que je publie des livres depuis vingt ans, et que la presse en parle de moins en moins. La résolution de l’énigme Damiens (que mes maîtres ont salué comme un excellent ouvrage) a fait l’objet d’un silence assourdissant, à l’exception notable de Historia et Hérodote, enthousiastes.
    Cherchez pour qui roulent les médias (et les attachées de presse).

     

    • Bien d’accord avec vous sur ce point, c’est encore plus certain d’identifier les artisans de la propagande lorsqu’on regarde de ce côté du traitement de l’information.
      Les “hauts-parleurs”, tels la parole divine, disent ce qui est bien et ce qui ne l’est pas, ce qui est vrai et ne l’est pas... Ce sont de véritables “vendeurs” d’informations et non des “diffuseurs” objectifs de savoir.


      Mais cela dit, il faut avoir conscience que, selon la loi de Pareto, quelques esprits malveillants peuvent parvenir à parasiter tout un domaine intellectuel, surtout en se plaçant dans les lieux de formation professionnelle. Ça fonctionne très bien pour les économistes et les journalistes, de vrais perroquets qui récitent leur leçon sans outrepasser les bornes...


      Je salue tout de même les historiens qui s’insurgent contre les lois scélérates qui permettent aux politicards d’écrire l’Histoire. Il font honneur à leur profession.


  • A Marion ou Mme Sigaut : merci pour vos articles.

    Pour les détracteurs : argumentez sur le fond ! Les histoires de diplôme ne m’intéresse pas : seules les méthodes servant l’intelligence et l’analyse comptent. Je ne crois plus personne mais j’accorde mon temps précieux à ceux et celles qui présentent des références vérifiables et des versions cohérentes : Marion pratique cet exercice.
    Tout est possible : qu’elle dise vrai, qu’elle dise faux, qu’elle dise faux en croyant que c’est vrai et même qu’elle dise vrai en croyant que c’est faux. Mais Marion présente un travail en apparence sérieux, ce qui implique que toute critique à son égard doit avoir la même apparence de sérieux.

    1-les mecs qui ont reçu des diplomes et des médailles du système n’inventent rien de nouveau car ils reproduisent une logique déjà existante : celle du système !
    2-Garder l’esprit critique et essayer de distinguer le vrai du faux ou, au moins, l’improbable du cohérent : c’est une attitude salutaire que réclament les honnêtes gens à ceux qui les lisent. Marion n’a jamais revendiqué le rôle de prophète déclamant la vérité absolue. Elle n’a jamais demandé que ses lecteurs abandonnent leur sens critique !
    3-dénoncer une malhonnêteté intellectuelle ou une usurpation derrière un pseudo sans demander des explications préliminaires et complémentaires : c’est la défaite de l’intelligence, de la considération et de la cohérence.
    4-Ceux qui sont sûrs d’eux sont des amnésiques : ils ont oublié qu’ils se sont trompés tous les jours précédant celui-ci.
    5-En résumé : Grrrrrr !

     


    • 4-Ceux qui sont sûrs d’eux sont des amnésiques : ils ont oublié qu’ils se sont trompés tous les jours précédant celui-ci.




      Je reconnais là, parmi d’autres, de sages paroles !


      Et je rajoute que : Le con a, par défaut, tendance à croire inconsciemment que le monde est tout aussi stupide que lui, sinon plus...


    • Merci Mouloud, bel hommage à mon obstination à faire avancer les choses.
      Pour ce qui regarde les diplômes, j’ai vu tant d’âneries écrites par des diplômés que je pourrais en hausser les épaules.
      Mais le fait est que je les ai obtenus, ça a été le passage obligé pour acquérir les techniques et le savoir, et leur validation.
      Et je n’en fais pas un fromage.
      Merci à vous, à vous tous et meilleurs vœux !
      Marion


  • Voila une histoire edifiante, un homme Damiens qui a fait preuve du plus grand courage et de la plus authentique droiture, un homme brave qui s’attaque ä un sale pervers qui souilla sa fille encore enfant, mais ce pédophile est le ROI ! Le pauvre Damiens, bel homme on le dit, et il fallait vraiment etre noble et avoir son courage par sa face exprimé pour affronter un tel destin, il endura donc la pire des morts, une mort à coté de laquelle le supplice du Christ semble une grace... merci pour cette article, qui m’ouvre un abime de compassion et de perplexite sur le destin de certains hommes.


  • L’histoire caché de l’ancien régime, c’est l’union sacrée des jansénistes et des philosophes, de "la grâce" et de la "raison" pour faire pièce à l’"absolutisme royal", en fait la loi commune tout simplement..je vois moi l’usage de la "raison" comme une ruse de la Banque judéo-protestante pour prendre le pouvoir en France et, partant, dans le monde catholique...

    Voltaire et ses affidés n’ont fait que mettre en procès la Monarchie et l’Eglise, ne relevant que les erreurs, les débordements et faisant la promotion systématique du parti de l’Etranger- notamment du système parlementaire britannique-, contre tout ce qui est français- comme aujourd’hui Sarkozy s’acharne à détricoter tout ce qui est spécifiquement français, aidé en cela par finkielkraut, bhl, adler, minc...et des pires ! on a les philosophes qu’on peut !!!

     

  • canaille et cie, vous dis-je !
    il paraît que Mao envoyait les étudiants chinois travailler la terre, histoire de leur montrer que leurs études étaient payés par le travail des paysans...


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