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Les étapes de la lutte des classes contemporaine : Mai 68

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la lutte des classes n’a cessé d’être une réalité. Les années de relative prospérité des « Trente Glorieuses » ne furent pas aussi idéales que l’on nous les présente, elles furent une brève parenthèse où le patronat dut faire quelques concessions à un mouvement ouvrier particulièrement combatif et conscient, dans le contexte d’une confrontation avec le Bloc de l’Est.

 

Dès la fin des années 1970, le capitalisme entreprit une transformation sans précédent de son fonctionnement. La mise en place de l’ultra-libéralisme, accompagnée par la droite et la gauche, allait détruire les fondements traditionnels de la classe ouvrière et déclencher une crise profonde dans la société européenne. Face à ses attaques, les travailleurs tenteraient de résister sans aucune aide. La trahison de la gauche et des syndicats, les gesticulations de l’extrême gauche (sous ses divers avatars, du trotskisme aux alters de tout poil) et la stérilité d’une extrême droite « populiste » ne facilitèrent pas leur tâche. Mais les défaites sont toujours des leçons utiles pour les victoires de demain...

 

Adresse aux prolétaires sur le quarantième anniversaire de Mai 68 [1]

 

I

Notre propos est clairement centré sur les termes de l’Adresse ci-dessus énoncée. Pourquoi commémore-t-on un anniversaire ? Cela va-t-il de soi ? Il en va probablement de l’identité et de l’avenir de l’être en question. Sur le plan historique il s’agirait d’évoquer la signification ou/et les causes de « l’évènement », sa portée au présent et de « tirer des leçons de l’histoire ». Or, l’histoire de Mai 68 n’a pas encore été réellement écrite. Le serait-elle dans sa véracité qu’elle plongerait plus d’un dans un abîme de perplexité, notre époque ayant porté au sommet d’un art majeur la pratique de l’occultation et de la manipulation. Ce qui est visible ne l’est que spectaculairement. Néanmoins des voix discordantes commencent à se faire entendre à contre-courant des versions officielles. Notre but n’étant pas de plaire, nous les appuierons de notre contribution, en précisant que nous nous adressons aux prolétaires conscients, c’est-à-dire, à ceux, pour qui les jeux ne sont pas faits, pour qui le capitalisme n’est pas l’horizon indépassable de la praxis humaine.

 

II

Il est légitime de replacer Mai 68 dans un contexte de plus longue durée que celle de l’évènementiel et de manière concomitante au sein de processus s’accomplissant un peu partout dans le monde. Ainsi, d’un certain bouillonnement de contestation axé contre l’impérialisme américain au Viêt Nam durant les années 60 et d’une certaine perception des débuts d’une crise économique qui irait en s’approfondissant ultérieurement dans les places fortes du capitalisme. Néanmoins, il se produisit quelque chose d’important en France. Les diverses versions officielles ont raison sur un point, et en général c’est pour le glorifier : ce fut un moment de rupture. En un sens, celle-ci fut bien radicale. Même lorsque Sarkozy affirma qu’il faut en finir avec l’héritage de Mai 68, il s’agit paradoxalement de l’hommage du vice à la vertu. Toute l’ambiguïté réside dans la nature de cette vertu. Justement, celle-ci rendit possible la réussite d’un fervent de l’atlantisme s’élevant avec toute une clique sur le cadavre du gaullisme et de son esprit d’indépendance. Le libéralisme sarkozyen dépasse tout en le conservant (pastiche de l’Aufhebung hégélienne) l’héritage soixantuitard.

Subvertir les points de repère et comportements d’une société tout en élevant le résultat de cette subversion au rang de sérieux pour en faire le terreau d’une réforme du capitalisme, voilà qui est vraiment « révolutionnaire ». Du passé a été fait table rase. C’est la source libérale/libertaire de 68 que certains auteurs ont, avant nous, identifiée comme promotion de la subjectivité hédoniste, revendicatrice, constamment insatisfaite sur le plan de ses droits. Sans attaches, cette machine désirante est configurée selon les critères de la société marchande mondialisée.

Ce modèle anthropologique aliénée est hautement prisé de nos jours, dans la mesure où le souci de soi s’apparente au fonctionnement d’une micro entreprise autogérée. Au sein de l’entropie sociale généralisée, la dynamique cellulaire individuelle demande constamment à être relancée afin de se survivre à elle-même. Mais ce n’est là qu’une illusion radicale masquant sa finitude non assumée authentiquement. La mort n’est pas surmontable par le narcissisme. Aussi, nos contemporains atomisés ne peuvent-ils que reproduire à l’infini « l’homme unidimensionnel ». Mais cela est bien suffisant pour que le système se perpétue. Et là où la tension avait été une des plus âpres, en France, où avait été théorisé le pouvoir de « la subjectivité radicale », est dit clairement maintenant qu’il s’agit d’en finir avec ces enfantillages. En finir avec les images de l’utopie pour ne conserver que les rouages de la machine économico-politique désirante : la pratique vertueuse du libéralisme quotidien.

Au-dessus de la massification citoyenniste règne sans partage la classe dominante porteuse du projet mondialiste qui avait tant d’obstacles et de résistances à renverser. Qu’importèrent les moyens utilisés pour ce faire. Au terme de quatre décennies écoulées, nous voilà au seuil d’une réintégration sans état d’âme de la France au sein de l’OTAN et l’imaginaire social, par ailleurs, n’a jamais été autant capté par la réification marchande.

Lire la suite de l’article sur rebellion-sre.fr

Notes

[1] Article paru dans le numéro 30 (Mai/Juin 2008) pour « démystifier » un épisode clé de l’histoire contemporaine

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11 Commentaires

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  • #1892033
    Le 1er février à 18:16 par lacrymo
    Les étapes de la lutte des classes contemporaine : Mai 68

    Mai 68 ? Une bande de petits voyous sionistes qui ont semé la pagaille pendant un mois pour déstabiliser et tenter de faire partir de Gaulle qui avait OSE, OSE ! condamner Israël en 1967 pour l’occupation des territoires palestiniens .

     

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    • #1892106
      Le 1er février à 19:31 par Un artesien
      Les étapes de la lutte des classes contemporaine : Mai 68

      Et une jeunesse globalement aliénée par les dessous de la musique pop / rock américaine et ses dérives libertaires , habilement utilisées par les agents de la CIA , visant à déstabiliser le gouvernement de Degaulle , effectivement l’homme à abattre , qui résistait à son niveau , au N.O.M par le biais d’une Europe qui , déjà était en place pour affaiblir les États adhérents .
      Degaulle était le " mouton noir " , il avait dégagé les bases de l’OTAN ( ALors et toujours en place dans tous les pays européens ) , il freinait les " appétits " d’une Filiale U.S qu’était l’Europe , ALors que les collabos francais de la CIA , bossaient à fond pour magnifier cette Europe !
      A peine quelques années après , l’aubaine de la revanche s’offrait , après une " préparation " mentale de haut niveau . Ce fut " l’abattage " !!!
      C’est vrai que depuis , " ils " nous ont habitué â ces techniques , chaque fois différentes mais avec un cheminement invariable , pour renversé des dizaines de gouvernements et abattre leurs leaders , pour arriver à étendre leur N.O.M . , et ça continue !

       
    • #1892132
      Le 1er février à 19:59 par nanothermite
      Les étapes de la lutte des classes contemporaine : Mai 68

      Mai 68 c’est le modèle français que l’on retrouve dans les printemps arabes de ces derniers temps. Financés par la CIA (cône bandit y était financé) et les ONG genre Soros.

       
  • #1892091
    Le 1er février à 19:16 par Domino
    Les étapes de la lutte des classes contemporaine : Mai 68

    Avec le recul, on peut reconnaître un "regime change"...
    A cette époque, la jeunesse avait tout l’avenir devant elle et pas vraiment de raisons de se révolter sauf dans des franges ultra-minoritaires

     

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  • #1892254
    Le 1er février à 21:56 par Chemin du Zuhren
    Les étapes de la lutte des classes contemporaine : Mai 68

    Oui mais, vous oubliez le Mai 68 ouvrier, radical et subversif.
    Ce ne sont pas moins de 10 millions d’ouvriers, qui se sont soulevés et ont fait une grève sauvage et illimitée, totalement hors de contrôle des syndicats, qui couraient loin derrière. Ces ouvriers voulaient un autre monde (sans argent et sans Etat).
    A la fin du mois de Mai, les syndicats ont remis les grévistes au boulot, avec la bénédiction du patronat et de l’Etat.

     

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    • #1892350

      La situation des ouvriers s’est améliorée après mai 68, il y eu 10% d’augmentation des salaires .

       
    • #1892448
      Le 2 février à 10:18 par europhobe
      Les étapes de la lutte des classes contemporaine : Mai 68

      @toto

      Waw 10% d’augmentation ! L’aubaine !

       
    • #1892456

      Ces ouvriers voulaient un autre monde (sans argent et sans Etat).




      La situation des ouvriers s’est améliorée après mai 68, il y eu 10% d’augmentation des salaires .



      Donc un monde sans argent et sans état est négociable si l’état augmente l’argent de 10%.

       
    • #1892627
      Le 2 février à 14:19 par Un artesien
      Les étapes de la lutte des classes contemporaine : Mai 68

      @toto : c’est vrai et deux ans après il y avait 500 000 chômeurs , et en hausse sans interruption , on en est maintenant à 10 millions ! Les charbonnages , la siderurgie , la métallurgie : liquidation totale ! ... ne pensez vous pas que la programmation du chaos économique et social dans lequel nous sommes à présent , n’a pas démarré à cette époque ?

       
  • #1892686

    La lutte des classes, OK, mais pas entre la classe dominante et la classe dominée.

    En mai 68 c’est la lutte des classes entre deux classes dominantes,
    la classe dominante libérale-mondialiste, promouvant le narcissisme et l’hédonisme, qui évince celle des notables français du type De Gaullle dont les valeurs étaient héroïques : dévouement, sens de l’effort et du sacrifice, générosité, panache,..

    Ce n’est pas par hasard si tous les leaders de Mais 68 (Jerry Rubin, Cohn-Bendit, Geismar, Krivine, Kouchner, BHL,) se revendiquaient cosmopolites et farouchement anti-chrétiens.

    L’idéologie profonde de se trouve dans deux livres : La Personnalité autoritaire (1950), de Theodor Adorno, et La Société ouverte et ses ennemis (1945), par Karl Popper.

     

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