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Un jour en France : lundi 15 mai 2017

La cérémonie de passation de pouvoir entre Hollande et Macron, et l’effondrement du journalisme de cour

 

 

On dit que c’est à l’occasion des grands matches que se révèlent les très grands joueurs. Ça décante alors sévère, et seuls des Ronaldo et des Messi arrivent à surnager au milieu de pourtant grands joueurs et à marquer ces rencontres de leur empreinte cramponnée. C’est aussi dans les grands événements dits rassembleurs que se dévoilent nos grands journalistes.

 

La passation d’un pouvoir sous influence(s)

Le dimanche 14 mai 2017 est une date à marquer d’une pierre blanche (mais pas raciste) dans l’histoire du journalisme télévisé français. TF1 et France 2 retransmettaient en direct la cérémonie de passation de pouvoir entre François 4% Hollande et Emmanuel 66% Macron. Un traitement quasi-identique (ce qui prouve qu’il n’y a aucune pluralité à ce niveau) aussi grotesque côté privé que côté public. Comme si le scintillement de la nouvelle présidence éteignait d’un coup toute velléité d’indépendance ou paralysait ce qui en restait. Les 4 heures 30 d’images élyséennes n’apportant pas grand-chose en termes d’information, ce sont les commentaires des journalistes qui ont fait la différence, et révélé leur nature profonde.

 

 

Enfin, profonde, c’est flatteur. Sur TF1, Gilles Bouleau (le chauve) et Anne-Claire Coudray (la blonde) étaient aux commandes, avec quelques invités de série B – on est dimanche matin – pour meubler les 283 minutes. Tout le monde n’étant pas Léon Zitrone, l’homme qui était capable d’improviser sur n’importe quel événement people ou géopolitique, il y a eu des moments faibles en plateau, et parfois extrêmement faibles. Il fallait expliquer aux Français qui n’habitent pas le Château (de l’Élysée) comment se passe une passation de pouvoir, qui est là et pour quelle raison. Le protocole républicain, quoi, avec sa forte inspiration royaliste.

600 journalistes étaient donc amassés dans la cour du palais de l’Élysée, poulets qui attendent les miettes du banquet des rois. Côté virtuel, Gilles Bouleau et Anne-Claire Coudray, les deux transmetteurs du Mensonge oligarchique, sont radieux ce dimanche matin, à 8h24 exactement. Sur le plateau, pas un invité du peuple, à part une prof d’histoire qui a été collègue de Brigitte. Et qui a eu Manu 1er comme élève. Toujours pas de représentant d’E&R non plus. « J’ai la chance de l’avoir en 6e et en 3e », déclare Catherine Debry. Bouleau tente un premier salto de carpette, et le réussit :

« Et on dit aussi qu’il avait déjà cette qualité qu’on lui prête aujourd’hui d’interagir, c’est-à-dire de faire en sorte que vous vous sentiez importante quand vous discutiez avec lui »

On sent le haut niveau professionnel dans cette phrase audacieuse, à la limite de l’insolence. Allez, on arrête l’ironie à deux balles. Effondrement des fondamentaux du journalisme, zéro voix discordante, rien sur la malélection construite sur un épouvantail pseudo-fasciste, qui a piégé et abusé 20 millions de Français avec la complicité de l’écrasante majorité du corps médiatique. Bouleau commence à faire son travail en posant la première question politique avec le mot « politique » dedans à 16’25. Hélas, c’est pour savoir « quelle était l’orientation politique du jeune Emmanuel Macron à l’ENA ». Réponse de Frédéric Mauget, issu de la même promo de l’ENA : « Progressiste. » Prise de risque nulle, comme avec tous les énarques.

 

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François Bayrou, jaloux comme un pou, pince les fesses de Gérard Collomb, pendant que le nouveau président arrache une oreille au souffre-douleur lyonnais

 

La liesse médiatique remplace la liesse populaire

En vérité, le grand bug de cette cérémonie surmédiatisée – avant ça restait en famille oligarchique – a été l’absence totale de liesse populaire. Écoutons Julien Beaumont sur sa moto, l’envoyé spécial de TF1 dans les rues à la traîne du cortège présidentiel, quand Macron approche de l’Élysée en DS :

« Emmanuel Macron qui veut absolument saluer les personnes qui sont avec, sur le coté pour l’attendre ! On voit qu’il y a quand même beaucoup de monde aujourd’hui hein de sortie malgré les quelques premières gouttes de pluie qui viennent de tomber ! »

En fait de monde, personne, sauf une maman et sa fille à l’arrêt de bus. Julien enchaîne, comme s’il y allait de sa place (ou de sa vie) :

« Regardez les gens qui l’acclament, l’applaudissent, et qui lui font des petits coucous c’est très sympathique ! »

Du studio de TF1, Anne-Claire Coudray essaye d’enfoncer un clou inexistant :

« Emmanuel Macron qui tient à saluer cette foule… »

 

S’ensuit un blanc de trois secondes – trois secondes c’est long en télé – avec la phrase de la speakerine qui reste suspendue au-dessus d’un carrefour vide. C’est alors que Bouleau décide de faire du très grand journalisme :

« Avec deux points intéressants de comparaison avec François Hollande en 2012, un point de convergence c’est qu’il bruine, il ne pleut pas mais il bruine, à Paris, et point de différence que nous faisait remarquer Patrice Duhamel c’est que donnant des gages de normalité le président élu François Hollande s’arrêtait aux feux rouges.

– Au début de son mandat oui », précise Duhamel (à 01’33’29).

Jack Lang, lifté comme une vieille milliardaire de Floride, commet une première gaffe en rappelant que la cérémonie de passation de 1981 entre Giscard et Mitterrand avait donné lieu à une vraie liesse populaire. La seule liesse populaire visible de tout le reportage sera celle des voisins chics habitant devant l’Élysée qui brandissent (à 2’34’30) en famille, sur leur balcon, une banderole « Bienvenue à mon nouveau voisin » :

 

 

Évidemment, nous ne mettons pas tous les journalistes dans le même sac, mais les journalistes de l’audiovisuel, public ou privé ce jour-là, ont sombré. Ce n’était pas mieux sur France 2, et on vous épargne les heures de « meublage » inepte des deux côtés. Alors qu’il était question de politique, on a eu droit à des « détrompez-moi, n’avez-vous pas vu sur ce qu’on appelle un plan de coupe, Brigitte Macron verser une larme ? » dans la bouche du grand Bouleau.
Une fois, une fois seulement, on abordera accidentellement un début d’aspect de la réalité de la présence du Macron à l’Élysée, avec une seconde gaffe, celle-là dans la bouche de Laurent Stefanini, ancien chef du protocole, qui osera cette définition dérangeante : « Serge Grunberg, le patron de SANOFI, l’ami d’Emmanuel Macron ». Au moment où, dans le salon principal, Macron serrait la main de tous les invités, officiels et de son entourage.

 

Macron, le messie qui change les ennemis en amis, l’eau en vin, et la politique en cinoche

En guise de feu d’artifices, cette intervention (à 3’57’15) qui pulvérise tout :

« En décembre 2014 il va dans la Drôme avec Didier Guillaume le sénateur socialiste et il est attendu par des militants socialistes qui sont plutôt hostiles à sa ligne à lui Macron, socia-libéral à droite du parti, eh bien “ils sont venus avec des fourches” dit Didier Guillaume “et ils sont repartis avec des selfies” donc quelques minutes, quelques dizaines de minutes ont suffi à Emmanuel Macron pour retourner cette hostilité des militants socialistes. »

Un sacré fait d’armes du nouveau Chef des armées !

 

 

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28 Commentaires

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  • #1728404
    Le 15 mai à 22:00 par P.V.
    Un jour en France : lundi 15 mai 2017

    J’étais ravie qu’il n’y ai pas eu de liesse populaire, à part trois tendus et quelques pelés. Cela prouve bien que ce type a été élu par le système, quelle honte le monde entier doit être choqué de voir l’avenue des Champs Élysées vide !

     

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    • #1728575
      Le 16 mai à 02:19 par guymitTerrand
      Un jour en France : lundi 15 mai 2017

      Les rares personnes qui ont assistés à ce défilé sont des membres d’En Marche ! rameutés par email par la Team Ambiance dEM !

       
    • #1728634
      Le 16 mai à 08:33 par Dick
      Un jour en France : lundi 15 mai 2017

      Ça ne prouve absolument rien, les "parisiens" (et une grande majorité des français) comme à leur habitude se sont occupés de la seule chose qui les intéressent : leurs gueules.
      Ils devaient faire la queue devant certains magasins et la politique ben ils s’en foutent, tout simplement.
      Ils ont voté Macron pour que leur vie continue de la même façon mais ils vont quand même pas se déplacer pour aller fêter ça : ils reçoivent des amis ce soir et doivent aller au marché bio pour préparer un "petit" repas.
      Finalement, la "fin de l’histoire" de Fukuyama a lieu, espérons que ça soit temporaire...
      Et en ce qui concerne les rues, attendons donc un évènement sportif ou un attentat terroriste qui tombera du ciel pour voir à nouveau les "gens" communier, la larme à l’oeil comme sur une vidéo YouTube elle même calquée sur les séries américaines...

       
  • #1728405
    Le 15 mai à 22:00 par Centurion
    Un jour en France : lundi 15 mai 2017

    C’est tout de même formidable, qu’un paltoquet ignorant totalement la chose militaire, pour ne pas avoir fait au moins une marche de 25km, avec armes et sac à dos, se retrouvent chef des armées.

    Heureusement que le boulot est fait par les officiers généraux, dont certains se confient parfois en coulisses, en disant que les politicards dit socialistes, sont une bande de charlots.

     

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  • #1728427
    Le 15 mai à 22:17 par The Médiavengers
    Un jour en France : lundi 15 mai 2017

    Et la bulle enfle, enfle....De vide. Forcément, à un moment, ça va mal se passer...Quelqu’un veut du pop-corn ?

     

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  • #1728447
    Le 15 mai à 22:32 par Bryan
    Un jour en France : lundi 15 mai 2017

    Macron : chef des armées qui n’a pas fait son service militaire ! MDR !

     

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  • #1728512
    Le 15 mai à 23:48 par anna
    Un jour en France : lundi 15 mai 2017

    DONNER SON SUSUCRE à Chien chien.
    Si je vois bien ce que je vois, notre jeunot national a le culot indécrottable ! Donner dans la caresse paternaliste au vieux Collomb de 70 ans sonnés, ça n’est ni très cool, ni très respectueux... OUAF ouaf

     

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  • #1728540
    Le 16 mai à 00:33 par Diva
    Un jour en France : lundi 15 mai 2017

    Point de vue, images du monde, chez les Bodin’s !

    Sans déconner, il est élu depuis le 7, alors à quoi peut bien servir de continuer de lui faire tant d’honneur ? Et alors même que le peuple fourvoyé n’y est déjà plus ...

     

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  • #1728608
    Le 16 mai à 06:59 par Glop
    Un jour en France : lundi 15 mai 2017

    A droite sur la 1er photo macron à l’elysée
    Il y a F.Haziza et Korsa.
    Toujours aux bonnes places comme d’habitude

     

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  • #1728649
    Le 16 mai à 09:02 par hanane
    Un jour en France : lundi 15 mai 2017

    La joie immodérée de J.J. Bourdin (et d’autres) ne nous étonne guère mais son air moqueur, avec Mélenchon par exemple, en dit long sur la nature de son job. Avant, le capitalisme vous bouffait votre force de travail. aujourd’hui, après avoir éliminé famille et amis, il s’empare de vos âmes. Que dire ?. C’est le progrès ?.

     

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  • #1728664
    Le 16 mai à 09:27 par hanane
    Un jour en France : lundi 15 mai 2017

    E. Macron chez Mme Merkel réussira-t-il à lui faire comprendre que nous ne sommes pas allemands ?. Parce que, ça va comme ça ! Réduire le déficit budgétaire, ils n’ont que cela à la bouche et nos commentateurs n’ont fait que ânonner le même reproche. Ils ont apauvri les autres européens et une fois
    leuréconomie à terre ils osent dire "on ne veux pas payer pour eux !". Et nos soi-disants experts mainstream n’ont rien vu, rien dit !. Mais qu’ils dégagent !.

     

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  • #1728853
    Le 16 mai à 14:58 par vincent
    Un jour en France : lundi 15 mai 2017

    Fredo haziza se cache dans l’une des photos de cet article.
    Sauras tu le retrouver ?

     

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    • #1728931
      Le 16 mai à 16:59 par Eric
      Un jour en France : lundi 15 mai 2017

      J’y ai pensé. Mort de rire. On dirait un pauvre gamin essayant de prendre une photo pourrie de son chanteur de variété préfèré. Le gars est vraiment pitoyable.

       
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