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Un jour en France : jeudi 9 février 2017

Les étoiles Michelin, Renaud renie Fillon, la mort du Grand Journal

 

Le Guide Michelin est une tradition en France, et comme toutes les traditions, on n’y touche pas. Les étoiles s’envolent, se posent, s’ajoutent, et ça change tout. Certains chefs ont le sourire, d’autres la rage, mais globalement, tout le monde a 10, comme à l’École des Fans de Jacques Martin.

 

C’est vrai qu’on parle gastronomie, haute gastronomie, et c’est un Trésor national. Les Américains décrètent régulièrement qu’on a perdu notre Étoile, celle de pays du Goût, mais ça reste de la « contre-com » US de bas étage. Dans le domaine de la Haute Bouffe, la France n’est pas restée le cul sur sa chaise : elle innove. Si le burger – cette invention française au départ, avec le pan bagnat –, la folie du moment, nous revient après un détour par les USA, ça reste du tout-venant.

Les grandes tables sont légion chez nous et accessibles, pour peu qu’on y mette les moyens. À Paris le ticket d’entrée est à 100-150 euros, mais vous pouvez trouver du bon matos à 50 euros (par tête de pipe) à Bourgoin-Jallieu. Il suffit de s’éloigner un peu de la capitale, vitrine en la matière, si l’on met de côté Lyon, avec son statut à part. La ville de Paul Bocuse s’est vouée corps et âme à la gastronomie, elle sera sans doute rebaptisée un jour Bocuseville, même si ça fait un peu normand.

 

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L’équipe d’E&R au restau

 

Pourquoi ça cartonne autant, alors que c’est si cher, pour le budget moyen des Français, qui déjeunent en moyenne à moins de 20 euros ? Parce qu’il y a des fous de grandes tables, qui sont capables de faire 1 000 km aller-retour en un week-end pour tester une nouvelle étoile, un plat, un dessert. On exagère à peine. Il y a même des êtres humains qui mettent 1 000 euros dans une bouteille (de Romanée-Conti), alors qu’on peut se péter la ruche avec un pack de bières Leader Price. Oui mais voilà, le rêve n’est pas le même... Entre l’opium et le crack, il y a une différence de culture, de style, d’art...

Les riches, bien entendu, connaissent la France étoilée par cœur, les Relais & Châteaux suaves, où les PDG emmènent leur maîtresse, sinon Bobonne pour son anniversaire… Bref, on ne réduit pas la France à une table bien dressée, mais merde, quand même, le raffinement, c’est pas demain la veille que les Américains vont nous le piquer, comme ils nous ont piqué « l’art moderne », pour le vider de sa substance, et en faire un produit commercial infect.

 

 

Dès que le vent soufflera je retournera (ma veste)

Pendant qu’on parle pétage de panse et de ruche, restons dans le pinard, plus précisément l’alcool, le jaune, le pastaga, la boisson préférée de Renaud. Renaud, souvenez-vous, le chanteur social, Coluche, le Nord, la mine, l’ami des enfants et des chiens, des baleines et du vent, et aussi un peu des petits Palestiniens, Renaud qui retourna sa veste un jour, sous la pression – on ne lui jettera pas la pierre, ou le caillou, elle a dû être forte la pression, et pas qu’en demi ou en formidable – eh bien Renaud a récidivé : il a certes replongé dans l’alcool, mais il a encore retourné sa veste, et pas sur n’importe qui, sur François Fillon !

« Fillon, c’est le retour à tout ce que j’ai toujours détesté ! »

Souvenez-vous, Renaud avait appelé à voter Fillon, il trouvait Fillon formidable, et voilà que Fillon est devenu le pire d’entre nous, suite à ses quelques salaires piqués sur la caisse de l’Assemblée, ou du Sénat, on ne sait plus trop, on n’a pas acheté le dernier Canard enchaîné... Et soudain, Fillon est devenu « trop catho », selon le chanteur ivre qui s’est confessé à Paris Match :

« Quand on lit son programme, il fait peur. C’est le retour à l’ordre catholique, tout ce que j’ai toujours détesté ! On me fait dire que je le soutiens. C’est totalement faux ! »

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Renaud se bat pour sortir du sionisme, mais c’est difficile

 

Mais Renaud n’est pas la girouette qu’on croit, que ce soit sur l’antisionisme ou Fillon : si jamais on se retrouve avec un duel Fillon/Le Pen au second tour le 7 mai, alors Renaud votera Fillon. Et si Marine gagne, demande Paris Match ? Eh bien Renaud restera en France pour se battre contre le fascisme (l’expression est de nous, attention) ! On imagine Renaud, pété comme un coing, armé d’une Kalach ou d’un Famas (dernièrement des armes ont encore été « volées » dans une caserne), en train d’arroser en mode rafale... On serait les compagnons d’arme de Renaud, on mettrait une distance de sécurité de 500 mètres minimum entre lui et la section FTP. Francs tireurs et partisans, pas File transfer protocol, bordel ! On est en France !

Terminons ce tour de l’actu sur une note de joie perfide. Savez-vous que Le Grand Journal, l’émission la plus horripilante du monde, vient de rendre son dernier souffle cocaïné ? Oh, elle est facile celle-là, mais on va quand même la faire, parce que c’est pas tous les jours dimanche qu’un des piliers de la bien-pensance se casse la gueule, s’effondre sur lui-même, tel une géante rouge. La parole dominante qui s’étouffe dans ses propres glaviots, la chaîne perdant 1 000 abonnés par jour, en moyenne. Une fuite des Français d’en bas, qui ont fait le succès de cette chaîne originale, mais qui ont été pillés par une bande de noceurs relativement indigne, jetant l’argent des autres par la fenêtre, dans le cul, la coke et les projets pharaoniques. Mais pour les pauvres, ça en jetait !

 

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Les questions existentielles du Grand Journal

 

Pensez que la quotidienne phare de Canal a coûté jusqu’à 120 000 euros par jour, période Denisot, la faste, ce coquin s’étant éjecté du train fou en marche au bon moment, à l’acmé de l’émission, quand tout le landerneau politique et les stars du show-biz se bousculaient, par attachées de presse interposées, pour figurer dans la Lumière Divine de l’access prime-time... Période bénie pour Canal (Vivendi) et les annonceurs, qui touchaient là le public chic des jeunes et des CSP+, ces gros consommateurs, image de la France de demain, parisienne, branchée, plus ces gros bourrins de beaufs qui s’étaient abonnés depuis le début, soit 1984 (Big Brother !), parce que le cinéma, c’était devenu trop cher, et que 20 films par mois, avec de gros morceaux de blockbusters US dedans, merde, c’était pas mal.

 

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Jean-Michel, garde-chiourme des pensées déviantes

 

30 ans plus tard, les princes de la chaîne cryptée se sont gavés, ils sont partis avec le magot (si vous saviez le braquage occasionné par le départ des « historiques », vous seriez malades), il ne reste plus que des seconds couteaux, des tocards boiteux, pas chers, en tout cas moins qu’un Denisot à 300 000 par mois, une Massenet à 40 000 (40 000 pour un QI de 40, c’est bien payé le point de QI), un Aphatie à 50 000... L’argent des abonnés est parti, pfuit, en coke, putes et programmes pharaoniques. Cependant, ne soyons pas chiens, il y avait du talent, des talents (on ne dit plus des people ou des stars mais des talents), des idées, mais ça, c’est le minimum syndical.
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13 Commentaires

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  • #1662249
    le 09/02/2017 par Mille sabords !
    Un jour en France : jeudi 9 février 2017

    quelle plume ! quel festin jubilatoire à chaque fois... Encore merci.


  • #1662301

    Hahaha, je connais des tas de restos qui ne ressemblent à rien de l’extérieur (ni de l’intérieur d’ailleurs) mais qui mériteraient les 3 étoiles pour ce qu’on y déguste dans l’assiette (et à 20/30 balles tout compris seulement). Je ne vous parle même pas de feu ma grand-mère, pour laquelle il aurait fallu rajouter une catégorie "au-dessus c’est le soleil" ! :)

     

    • #1662486

      Et c’était quoi, son "plat-signature" ? Fais-nous rêver.


    • #1663024

      Hahaha, hormis les recettes spécifiquement régionales, sa spécialité était le civet de lapin braisé avec une sauce au vin blanc d’Alsace. Accompagné de nouilles maison (comme le lapin d’ailleurs). Merci de ton intérêt camarade !


    • #1663039

      Hahaha, PS : sans compter les croûtons de pain rissolés au beurre et leur sauce pour agrémenter les nouilles ;)


    • #1663110

      Hahaha, @ Gargan : il semble que la 1ère partie du message soit passée à la trappe.

      Hormis les plats traditionnels régionaux, sa spécialité était le civet de lapin braisé, sauce au vin blanc dAlsace. Avec des nouilles maison (comme l’animal lui-même) agrémentées de croûtons de pain au beurre et leur sauce. Le guide Michelin n’avait pas suffisamment d’étoiles pour qualifier ses plats ;)


  • #1662304
    le 09/02/2017 par Chaud king
    Un jour en France : jeudi 9 février 2017

    ils devraient inventer le guide Michelin des fast foods, et mettre des étoiles au McDo, sur que ça ce vendrait tellement on est cons. pour Renaud, (qui est devenu tellement juif qu’il trouve Fillon trop catho), une petite suggestion de chanson de soutien, dont le titre serait "j’ai embrassé le cul de Théo", j’ai pas eu le temps d’inventer le texte, mais je fais confiance au talent éthylique du poête anisé.


  • #1662327

    Chaque billet est vraiment soigné et très agréable à lire. J’ai toujours hâte de découvrir celui du jour. Allez ! ça sera pas 100 000 balles, mais au lieu de claquer dans des bières Leader Price, je vais faire un don à E&R.

     

  • #1662384
    le 10/02/2017 par ici la monnaie
    Un jour en France : jeudi 9 février 2017

    Sublime description de l’univers de canal moins.... et encore, le sujet est à peine effleuré, on pourrait en faire un roman.


  • #1662578
    le 10/02/2017 par Palm Beach Post : "Cult !"
    Un jour en France : jeudi 9 février 2017

    "c’est pas demain la veille que les Américains vont nous le piquer, comme ils nous ont piqué « l’art moderne », pour le vider de sa substance, et en faire un produit commercial infect."

    Les Américains n’ont pas "piqué l’art moderne".
    L’art moderne est une arnaque juive, donc nomade, un monopole idéologique, qui sous-entend notamment l’idée de "progrès" en Art, une preuve en soi de sa nature de carambouille hors-sol.
    Mais qui a trouvé chez $am l’ultra libéral un terreau fertile.
    Juifs les critiques, galeristes, collectionneurs, institutionnels, un peu les artistes, parce qu’on s’est surtout servi des goyim (Picasso étant l’exemple ultime, le petit coq de la basse-cour de l’art moderne, qui a dû comprendre après guerre que le fascisme, c’est pas "Guernica", lorsqu’il a été dégagé par l’expressionnisme abstrait des ashkénazes ayant fui l’Europe) étant donné que le talent des intéressés réside surtout dans l’arnaque.

    Non, aux États-Unis, il y avait aussi de la Peinture goy, américaine, pas "moderne", mais plutôt "rance", nauséabonde", "zeurléplusombre" :
    Thomas Hart Benton, Grant Wood, Edwrad Hopper, Andrew Wyeth...*

    D’ailleurs, rien que le nouvel accrochage (23 octobre 2013 - 26 janvier 2015) des collections permanentes du Centre Pompidou sous le titre "modernités plurielles 1905-1970" avait suscité des réprobations de la mafia, qui voyait son monopole, sa version officielle lui échapper (un peu, mais c’est déjà "trop").

    *ceux qui verraient de la "modernité" chez ces artistes se trompent : la preuve viscérale étant qu’ils n’ont pas été dépossédés de leur savoir-faire, ils savaient peindre, la base.
    "Du passé, faisons table rase" : à qui profite le crime ?
    Indice : le "Devoir de Mémoire", bien connu ici.
    Dépossession, débilisation, monopole, arnaque totale, signée.


  • #1662647

    Une bonne bouteille de champ pour fêter la fin de cette grand messe boboesque parsemée de quelques chacals aux dents longues qui se sont gavés comme des oies. Vous me direz, sans disciple, pas de gourou. Qu’allons-nous avoir à la place ? J’espère que ça sera pas pire. Peut-être qu’E&R a contribué à leur descente progressive, grâce à une "pub" bien ciblée.


  • #1662775

    ...
    Et puis vous vous gaverez et vous partirez avec le magot ?